Omar l'a tuée

Vérité et manipulations d'opinions. Enfin une information contradictoire sur l'affaire Omar Raddad.
«En 1894 on condamnait un jeune officier parce qu’il avait le seul tort d'être juif ; en 1994 on condamnait un jeune jardinier qui avait lâchement tué une femme âgée sans défense. En 1906 Alfred DREYFUS fut réhabilité alors que Omar RADDAD est un condamné définitif. Un était innocent, l'autre est coupable ». - Georges Cenci

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Ô vérité chérie, Ô probité meurtrie, Ô mémoires salies

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Courriel reçu de Olivier Pinchart le 1er Novembre 2020.

Bonjour,
Je viens de finir la lecture de votre livre et je tiens à vous féliciter d’avoir remis l’église au milieu du village !
Cette affaire m’a toujours interpellé. Très clairement, j’ai fait partie des « victimes » de la désinformation à outrance !

 

 

Je me rappelle très bien ce mois de juin 1991. J’avais décidé de partir 6 semaines en Allemagne pour effectuer un stage en entreprise. Je n’avais à l’époque rien entendu de cette affaire avant mon retour en France en juillet. L’ambiance était belle et bien celle que vous décrivez : un embrasement passionnel pour une affaire de racisme prétendu ; j’ai foncé tête baissée dans l’engrenage. À ma décharge, je n’avais pas encore vingt ans. Je suis aujourd’hui beaucoup plus prudent quant aux faits relatés et aux images montrées par les médias.

Il est toujours plus facile de tirer à boulet rouge sur le gendarme et la justice que de reconnaître leur utilité publique. De nos jours, nous échappons malheureusement encore moins à ce leitmotiv… Il y a les puissants et les autres ; c’est comme ça que la rue voie les choses.
Ce qui me choque le plus dans votre exposé, c’est que les avocats de la défense ne jouent pas à armes égales puisqu’ils n’ont pas un devoir de réserve. Cela fausse et faussera toujours le débat de la rue. Ne pourrait-on pas faire passer une loi qui interdirait quiconque de parler d’une affaire en cours sous peine d’être exclu des débats ? La justice ne peut s’établir que dans un climat serein et réfléchi.

Je me demanderai toujours pourquoi des journalistes ne vérifient pas leurs sources, pourquoi des avocats refusent de regarder en face des éléments de preuve et qu’ont-ils à gagner à manipuler l’opinion publique. On peut accepter les erreurs humaines mais quand elles frôlent la mauvaise foi c’est intolérable. La liberté de la presse ? Je préfère considérer le professionnalisme et pour détourner une phrase historique je dis – j’adore choquer – qu’un bon journaliste est un journaliste mort. La rue va comprendre que je souhaite la mort des journalistes alors que je signifie simplement que lorsqu’un journaliste de terrain perd la vie au cours d’un reportage cela prouve qu’il faisait dignement son métier et qu’il mérite tout notre respect car il défend l’amour de l’information. Écrire des inepties derrière un bureau, ce n’est pas du journalisme. La liberté d’expression de la défense ? Je réponds : « science sans conscience n’est que ruine de l’âme ». Il en va de même avec des mots et des actes qui peuvent nuire gravement à certains ! Pour contrer tout coup de blues en la matière, je renvoie à l’excellent sketch de Coluche « le journaliste ».

Bientôt trente ans ont passé et seuls des progrès scientifiques ont pu être constatés. Une maigre consolation ? Je n’ose me mettre à la place de tous ceux qui quotidiennement tentent de faire jaillir le vrai et qui sont cloués au pilori à la moindre occasion. Comme cela doit être pesant et injuste…

J’aimerais que vous me rassuriez sur la composition d’un jury. Je n’ai absolument aucune idée de la procédure. J’ai néanmoins une grande crainte. Le jury populaire est certes une avancée significative par rapport aux temps féodaux où les seigneurs avaient toute puissance, mais aujourd’hui j’ai peur de voir un jury composé de gens d’un niveau intellectuel de ceux qui composent le casting des émissions de télé réalité. Pour juger, il faut un minimum de réflexion et de jugeote et j’ai de plus en plus l’impression que le niveau baisse… Certes, ils ne sont pas légion mais la télévision-spectacle en fait un paradigme.

Pour conclure, j’adresse mille mercis à tous ceux qui font triompher la justice et un salut respectueux à toutes les victimes.

Bien à vous.
Olivier Pinchart

 

 

@Olivier Pinchard.

Bonjour.

Je vous félicite pour la remarquable qualité de votre texte. Que pourrais-je y rajouter sinon que je suis d'accord avec votre analyse sur les médias et leur méthode souvent erratique, parfois déplorable, pour informer le lecteur ou l'auditeur. Ces médias aux jugements aussi péremptoires que trop souvent superficiels ; le sensationnel primant la simple recherche rationnelle et minutieuse d'une vérité trop souvent prosaïque...

Je me suis beaucoup exprimé dans ce blog sur la désinformation médiatique omniprésente constatée dans l'exploitation de ce dossier ; sur la manipulation de l'opinion publique ; sur les méthodes employées par les avocats de la défense ; sur les guignols de la désinformation stipendiés par la défense qui ont pour noms Roger-Marc MOREAU et Bernard NARANJO.             

Le secret de l'information est une vaste fumisterie... depuis longtemps ! Seules y sont tenues les personnes concourant à la procédure. Les avocats sont tenus au secret professionnel. Vous reporter au décret n° 91-1197 du 27 novembre 1991 qui organise la profession d'avocat. L'article 160 disposait — avant que cet article ne soit abrogé en 2005 (décret 2005-790) — que l'avocat doit respecter le secret de l'instruction en matière pénale en s’abstenant de communiquer, sauf à son client pour les besoins de la défense, des renseignements extraits du dossier ou de publier des documents, pièces ou lettres intéressant une information en cours.

Celui qui se rendait coupable du délit de violation du secret professionnel pouvait être poursuivi par l'article 226-13 du code pénal. Les avocats de RADDAD n'ont pas eu à subir cette infamie.

Depuis la loi 2000-516 du 15 juin 2000 (modifiant l'article 11 du code pénal) pour éviter la propagation d'informations parcellaires ou inexactes, le procureur de la République peut rendre publics des éléments objectifs tirés de la procédure ne comportant aucune appréciation sur le bien-fondé des charges retenues contre les personnes mises en cause. Il s'agit là d'une excellente disposition de la loi.

En 1991 et les années suivantes les avocats de la défense s'en sont donné à cœur-joie pour faire prospérer leurs thèses plus farfelues les unes que les autres.

Vous me posez une question sur la composition du jury d'assises à laquelle je vais répondre sans trop entrer dans le détail. Ces citoyens sont tout d'abord tirés au sort sur les listes électorales du département où siège la cour d'assises. C'est la liste préparatoire qui est adressée au greffe de la cour d'assises qui va procéder à un nouveau tirage au sort et établir la liste annuelle. C'est ensuite pour chaque session d'assises que sont tirés au sort, publiquement, 35 jurés pour former la liste de session et 10 jurés suppléants pour former la liste spéciale. Enfin c'est la formation du jury de jugement après un nouveau tirage au sort.

Au fil des siècles la constitution du jury d'assises a évolué. La question se pose effectivement. Faut-il juger TOUS les crimes par un jury constitué uniquement de magistrats ou comme actuellement par des magistrats et des jurés dits populaires. Je n'ai pas d'avis tranché sur la question mais je considère que la justice est affaire de professionnels du Droit et lorsqu'on constate le niveau intellectuel moyen du citoyen lambda il est permis de s'interroger sur sa bonne perception de l'oralité des débats et sa capacité à prendre une décision selon leur conscience et avec impartialité. Ce n'est pas celui qui parle en dernier qui a toujours raison !

Votre conclusion me va droit au cœur et nul doute que les victimes y seront sensibles ; elles, si souvent oubliées.

 

Bien cordialement.

Georges CENCI

 

Georges Cenci

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