Omar l'a tuée

Vérité et manipulations d'opinions. Enfin une information contradictoire sur l'affaire Omar Raddad.
«En 1894 on condamnait un jeune officier parce qu’il avait le seul tort d'être juif ; en 1994 on condamnait un jeune jardinier qui avait lâchement tué une femme âgée sans défense. En 1906 Alfred DREYFUS fut réhabilité alors que Omar RADDAD est un condamné définitif. Un était innocent, l'autre est coupable ». - Georges Cenci

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Hommage au président Armand DJIAN.

1073 lectures

Ce grand magistrat, cet homme extraordinaire, honnête, érudit, épris de justice et respectueux des gens. Cet homme à la fois modeste et admirable nous a quittés le 2 septembre 2020.

 

AD.jpg, sept. 2020

Il s'est éteint comme l'on dit après une longue maladie. Il n'aura survécu à Janine, son épouse qu'il aimait tant, que quelques semaines. Mes pensées vont tout d'abord à ses enfants et petits-enfants qu'il chérissait tant. Je leur présente ici avec tristesse et compassion mes sincères condoléances.

J'ai connu beaucoup de magistrats au cours de ma carrière. Nombreux sont ceux que j'ai toujours en mémoire pour avoir partagé avec eux les chemins qui conduisent à la recherche et la manifestation de la vérité judiciaire. Cependant, mutations obligent, les liens se distendent mais les souvenirs restent gravés dans ma mémoire.

J'ai certes oublié les noms des présidents des cours d'assises devant lesquels j'ai dû rendre compte de mes investigations, en exposer les résultats et formuler mes conclusions. Il n'en a pas été de même avec le président Armand DJIAN. Une certaine affaire nous a rapprochés. Nous sommes devenus amis. Une amitié vraie, sincère, sans artifice. Moi le gendarme je m'enrichissais au contact de cet homme tant au plan professionnel qu'en culture générale. Nous nous rencontrions à Antibes lorsque, avec mon épouse, nous faisions une halte pour nous rendre à l'Est du département des Alpes-Maritimes. C'était deux ou trois fois par an notre réunion d'anciens combattants, comme il aimait à le dire, autour d'un repas convivial. Cela ne sera plus et va me manquer.

Le président DJIAN a tout d'abord été avocat, comme son père, en Algérie puis sa carrière s'est orientée vers la magistrature. Il a côtoyé des avocats illustres comme René COTY, devenu président sous la quatrième République, Maurice GARCON, Jean-Louis TIXIER-VIGNANCOUR, René FLORIOT, Émile POLLAK, Henri-René GARAUD...

Magistrat, il a exercé tant au Siège qu'au Parquet. Dans ses fonctions de président de chambre à la cour d'appel d'Aix-en-Provence (aujourd'hui chambre de l'instruction) il aura dirigé plus de 400 dossiers d'assises. Et le président ne manquait pas de rappeler qu'il était capitaine honoraire. Il m'avait fait l'honneur de préfacer l'ouvrage que j'ai écrit sur le meurtre de Ghislaine MARCHAL. 

Vous me manquez déjà Monsieur le président. La dernière page du chapitre de nos vies respectives et ô combien dissemblables s'est tournée.

Reposez en paix.

Georges CENCI

Georges Cenci

Administrateur : Georges Cenci

Restez au courant de l'actualité et abonnez-vous au Flux RSS de cette catégorie

Soyez le premier à réagir sur cet article

Ajouter un commentaire Fil des commentaires de ce billet

no attachment



À Voir Également

L’AFFAIRE OMAR M’A TUER ; Du procès judiciaire au procès médiatique

Émilie Valmier-Rocheblave a soutenu un mémoire en Master 2 communication juridique, sociologie du droit et de la justice sur l'affaire du meurtre de Ghislaine Marchal. Volontairement, la soutenante ne débat pas sur la culpabilité ou l'innocence de Omar Raddad mais se concentre exclusivement sur les aspects médiatiques de cette affaire. Je tenais à la féliciter pour l'excellence de son analyse qui lui a valu la note de 15/20.  

Lire la suite

Affaire Raddad : Le mirage de l’innocence ?

Version actualisée avec l'aimable autorisation de Jean-Michel VERNE. À en croire ses avocats et ses soutiens, l’affaire Omar Raddad pourrait rebondir au vu de la découverte de nouvelles traces ADN. Mais l’enquête de gendarmerie contrecarre le spectre de l’erreur judiciaire.  

Lire la suite