Omar l'a tuée

Vérité et manipulations d'opinions. Enfin une information contradictoire sur l'affaire Omar Raddad.
«En 1894 on condamnait un jeune officier parce qu’il avait le seul tort d'être juif ; en 1994 on condamnait un jeune jardinier qui avait lâchement tué une femme âgée sans défense. En 1906 Alfred DREYFUS fut réhabilité alors que Omar RADDAD est un condamné définitif. Un était innocent, l'autre est coupable ». - Georges Cenci

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La thèse indécente et obscène de Maître Vergès

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Commentaire reçu le 24 août 2020 par Yann Maillard et qui mérite un article circonstancié en réponse.

 

Bonjour,

J'ai lu votre livre et, bien entendu, on voit que la culpabilité de Raddad ne fait aucun doute. Par ailleurs, je n'ai jamais compris pourquoi ce blocage de la porte prouvait quoi que ce soit. Dans l'hypothèse farfelue d'une mise en scène, l'assassin pouvait inscrire "Omar m'a tuer" puis partir et ensuite, Mme Marchal, encore vivante, pouvait venir bloquer la porte. J'ai été étonné que les avocats n'avancent pas cet argument. Je serais très intéressé que quelqu'un m'explique en quoi ce blocage de porte démontre qu'il n'y a pas eu mise en scène. Merci d'avance.

 

 

Bonjour.

Peut-être quelqu'un aura-t-il une autre explication que celle que je vais vous donner. Il pourra l'exprimer librement. Votre question mérite un assez long développement bien que je m'en suis déjà expliqué. (Cf : "Quels sont, selon vous, les éléments à charge ?" ; "Qu'en est-il exactement du système de blocage de la porte du sous-sol ?" ;  "Que fait Ghislaine Marchal après le départ de son agresseur ?" ; "Quel est, selon vous, le scénario de l’agression ?" et  "Procès-verbal de transport sur les lieux").

 

Pour ma démonstration, je vous communique les observations développées par Me Georges Kiejman, avocat de la partie civile, devant la cour de révision des condamnations pénales. Argumentation validée par la cour de révision qui démontrait que le blocage intérieur de la porte prouvait qu'il n'y avait pas eu mise en scène.

Me Kiejman faisait valoir que dans sa requête Me Vergès reprochait aux gendarmes ne n'avoir pas contrôlé la seule hypothèse qui valait à ses yeux à savoir « celle d'une ruse machiavélique de l'assassin ».

L'avocat de la partie civile démontrait que Omar Raddad n'était pas poursuivi pour assassinat mais pour meurtre ce qui écartait de fait la préméditation. Omar Raddad comme vous l'avez lu dans mon ouvrage est venu, comme il l'avait fait par le passé, relancer Mme Marchal pour obtenir d'elle une avance sur salaire dont il avait un besoin pressant. Malheureusement il l'a fait dans les pires conditions, surprenant dans son intimité Mme Marchal qui ne s’attendait nullement à ce que quelqu'un puisse un dimanche surgir dans sa propriété, fermée à tous sauf à ceux qui, comme Omar Raddad, disposaient d'une clé du portillon.

Comme je l'ai expliqué par ailleurs nous ne saurons probablement jamais ce qui s'est passé entre Raddad et sa future victime. Mais il est évident que c'est au cours d'une scène que Raddad a frappé avec colère Ghislaine Marchal avec le chevron trouvé sur place, puis, dans un deuxième temps, terrorisé par les conséquences de son geste, l'ayant laissée ensanglantée, mais bien vivante, il est revenu, et, muni d'une arme tranchante trouvée dans la villa a agressé à nouveau sa victime lui portant de nombreux coups notamment au niveau de la gorge (Cf. Les expertises).

Me Kiejman exposait les arguments du défenseur de Omar Raddad qui posait parfaitement bien le problème :

  • ou bien l'on croit possible l'innocence de Omar Raddad et l'on croit donc possible une mise en scène machiavélique organisée par le meurtrier véritable,
  • ou bien cette mise en scène est absolument impossible et alors on ne peut que s'incliner devant l'accusation terrible de la victime qui a consacré avec l'énergie du désespoir ses dernières forces à la dénonciation de son meurtrier.

Pour prendre parti entre ces deux hypothèses, il importait d'analyser la décision de la commission de révision qui démontrait que la mise en scène était impossible (voir paragraphe III de l'arrêt de la cour de révision et les observations développées par M. Laurent Davenas, avocat général devant la cour de révision).

La commission de révision fermait toutes les voies qui auraient pu conduire à la possibilité d'une mise en scène, de telle sorte qu'à lire sa décision, on est confirmé dans la conviction que le seul meurtrier possible est bien Omar Raddad.

Le troisième rejet de la requête par la commission de révision concernait les conditions de fermeture de la porte métallique donnant accès au sous-sol, porte fermée de l'extérieur ce qui enlevait toute chance de s'échapper à la victime. Les conclusions de la commission de révision étaient formelles : « toutes les tentatives faites afin de démontrer qu'il était possible de barricader de l'intérieur, avant de sortir par cette même porte, ont échoué » (Cf. "le procès-verbal de transport du 18 février 1992").

Ce rejet est capital car si l'on tient pour définitivement acquis que le meurtrier n'a pu fermer la porte à l'intérieur puis sortir on ne peut qu'admettre par là-même que la seule personne ayant eu la possibilité et la force de le faire, est Ghislaine Marchal elle-même.

Si la victime, pendant la demi-heure qu'a duré son agonie a pu pousser le lit (à roulettes, ce que les désinformateurs oublient de dire) vers la porte et la bloquer par un tube métallique placé lui-même sur le chevron de bois qui avait servi à la frapper, alors il devient impossible de soutenir qu'on ait pu se servir d'elle comme d'un encrier ou d'un porte plume que l'on aurait manipulé à sa guise. Cette thèse "Vergèsienne", reprise par la plupart des manipulateurs médiatiques, comme le concluait Me Kiejman, est moralement et intellectuellement indécente et obscène.

Tout comme relève d'une mise en scène invraisemblable les traces de sang sur le lit et les traces de sang sur le sol entre les deux portes, supports des inscriptions. La commission de révision a donc, en écartant la possibilité pour le meurtrier de se glisser à l'extérieur et de barricader lui-même la porte à l'intérieur, implicitement mais certainement conclu, que la même personne a barricadé la porte et procédé aux inscriptions (cf. "la première expertise en écritures" et "la contre-expertise"). Cette personne ne peut être que Ghislaine Marchal elle-même, la seule a être restée à l'intérieur.

Vous écrivez :

« Dans l'hypothèse farfelue d'une mise en scène, l'assassin pouvait inscrire "Omar m'a tuer" puis partir et ensuite, Mme Marchal, encore vivante, pouvait venir bloquer la porte ».

Vous voulez dire par là que l'auteur qui ne serait pas Omar Raddad, voulant faire accroire que celui-ci était le meurtrier ou l'assassin aurait écrit les messages accusateurs ? Ce « meurtrier supposé » aurait-il fallu qu'il sache que Omar Raddad travaillait exceptionnellement ce jour-là alors qu'il ne travaillait jamais le dimanche ! Serait-il passé au travers des expertises en écritures ? Se serait-il, vu qu'il aurait prémédité son acte, rendu à La Chamade sans arme se contentant d'armes de substitution ? Fallait-il aussi qu'il sache que Raddad allait se rendre chez la victime !...

 

J'espère avoir répondu à votre interrogation.

 

Georges Cenci

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