Omar l'a tuée

Vérité et manipulations d'opinions. Enfin une information contradictoire sur l'affaire Omar Raddad.
«En 1894 on condamnait un jeune officier parce qu’il avait le seul tort d'être juif ; en 1994 on condamnait un jeune jardinier qui avait lâchement tué une femme âgée sans défense. En 1906 Alfred DREYFUS fut réhabilité alors que Omar RADDAD est un condamné définitif. Un était innocent, l'autre est coupable ». - Georges Cenci

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Après avoir lu votre livre sur l'affaire Omar Raddad je me pose deux questions

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Courriel reçu de Fabrice, le 27 juillet 2020.

Bonjour Mr Cenci,

Après avoir lu votre livre sur l'affaire Omar Raddad je me pose 2 questions auxquelles, il me semble ne pas avoir trouvé de réponses directes dans votre ouvrage.
La première concerne les photographies sur l'appareil photo de Mme Marchal. J'ai bien compris que ces éléments ne soient pas de nature à la manifestation de la vérité mais pourquoi diable le juge a-t-il pris la décision de les détruire au lieu de les remettre à son fils ? Si j'avais été à la place de ce dernier j'aurais voulu récupérer l'ensemble des effets de ma mère et cela m'aurait terriblement contrarié qu'une personne puisse se permettre de les supprimer...
La deuxième concerne le chevron ensanglanté. Je comprends bien que les projections de sang dues aux coups à l'arme blanche soient retenues par l'épaisseur du peignoir de bain que portait la victime mais qu'en est-il des coups reçus à la tête ? D'après la description que vous en faites dans votre livre et des photos de l'enquête que vous avez mises sur votre site internet (plaies du cuir chevelu, doigt quasiment sectionné, coups aux avant-bras de la victime qui se protégeait) comment se fait-il qu'à ce moment-là aucune goutte de sang ne soit projetée sur l'agresseur ?
Est-ce dû à son handicap au bras droit et qu'il l'aurait frappée de côté et non de face ? Ne pouvant peut-être pas lever le bras normalement ou le tenir correctement ?  Empêchant de ce fait des éclaboussures sur lui ?
Le bois aurait-il "absorbé" le sang l'empêchant de couler et d'être projeté  ?
Ou est-ce que dès l'apparition de sang sur le bois  il aurait lâché le chevron par terre pour ne pas être souillé  ?

Je suis conscient que cette histoire est lointaine et que l'on vous a posé mille et mille questions sur cette affaire très médiatisée mais je serais très honoré si vous preniez le temps de me répondre vous remerciant par avance.

Une dernière chose à vous dire : n'ayant vu que des documentaires ou reportages avant de vous lire je peux vous dire que vous m'avez convaincu au travers de votre ouvrage.
Je pense qu'Omar Raddad est le véritable coupable et pour une raison simple ; personne n'a pu jusqu'à présent démontrer formellement que le système de blocage de la porte (chevron, lit pliant, tube métallique) a pu être installé de l'extérieur.
Par conséquent c'est bien Mme Marchal qui s'est barricadée de l'intérieur, c'est donc bien elle qui a désigné son agresseur pensant certainement que le suspect serait vite appréhendé grâce à cela. Elle était loin de s'imaginer, la pauvre, ce qui se passerait médiatiquement.
Parfois la vérité n'est pas celle que l'on pense et parfois elle est tellement évidente qu'elle paraît fausse. C'est ce qui s'est passé avec "OMAR M’A TUER ".
Tout le monde pense à Omar mais personne ne pense à Ghislaine, cette femme courage, qui jusqu'au bout se sera battue pour que la vérité éclate et que l'assassin soit puni. Combien de fois s'est-elle retournée dans sa tombe ? (C'est une expression je sais qu'elle a été incinérée !).
J'espère sincèrement que la vérité éclatera au grand jour afin d'honorer la mémoire de la défunte (même si aux yeux de la justice c’est Omar Raddad le coupable mais qu'aux yeux de l'opinion publique ça ne l'est pas).

 

 

Bonjour Fabrice.

J'ai déjà expliqué les raisons qui ont décidé le juge d'instruction à ne pas maintenir la saisie des photographies que nous avions fait développer. Outre le fait que le code de procédure pénale le permettait, ces photographies n'avaient aucun intérêt pour la manifestation de la vérité. (Lire « Qu'en est-il de ces photographies que vous avez détruites? »)

D'autre part, j'ai évoqué cette destruction administrative dans mon livre pages 243 et 244.

J'avais répondu à une internaute sur le même sujet : «Comme je l'ai expliqué par ailleurs, après avoir fait développer la pellicule nous nous sommes aperçus que les tirages n'étaient pas utiles à la manifestation de la vérité. Et pour cause ! N'aurais-je pas été malhonnête de les détruire, ne pas établir un procès-verbal de saisie puis de destruction administrative ? Ceci n'a même pas effleuré mon esprit car contraire à mes principes.
Lorsque j'ai montré les photographies au juge d'instruction, il a convenu, comme moi, qu'il était inutile de maintenir cette saisie ; ce que permet le code de procédure pénale (art. 97 alinéa 5). D'où la destruction administrative actée dans la procédure sur commission rogatoire.
A aucun moment il n'a été évoqué entre le juge d'instruction et moi-même la possibilité de proposer ces photographies à la famille ou aux personnes qui y figuraient. Logique à mon avis. Soit nous les saisissions, les placions sous-main de justice si, je le répète, ces photographies avaient un intérêt pour l'information judiciaire, soit nous les détruisions après accord du juge d'instruction. Ce qui fut fait.
Je précise que seul le juge d'instruction ou l'officier de police judiciaire par lui requis a le droit de prendre connaissance des objets ou documents avant de procéder à la saisie.
Pour conclure, j'ai rédigé par ailleurs que ce détail avait pris des proportions sans commune mesure avec son intérêt. Avec le recul du temps, je confirme qu'il aurait été préférable de maintenir la saisie mais, qui se doutait à ce moment-là de l'ampleur médiatique de ce dossier ?».

Quant aux éventuelles projections de sang suite aux coups répétés de chevron sur le crâne de la victime je l'explique également dans mon ouvrage : « Les constatations au sous-sol démontrent qu'il n'y a eu aucune projection importante de sang sur les murs si ce n'est quelques gouttes (et non des projections) au bas du mur de la chaufferie à proximité du bridge de la victime.» (Page 120).

Je précisais (page 121) : «Il se confirme que malgré la multitude des coups, les blessures n’ont pas provoqué de jaillissement de sang. Il est communément admis que les blessures à la tête saignent abondamment mais ne jaillissent pas.»

Quant au double égorgement, les artères n’ont pas été sectionnées. Nous aurions eu alors un jaillissement de sang ; ce qui n'a pas été le cas. (Voir également mes explications même page)

Les coups de chevron ont été portés de face car Mme MARCHAL qui a voulu s'en protéger a porté ses mains sur sa tête. Elle a donc vu Omar RADDAD brandir le chevron.

Vous avez lu que suite à un accident en 1988 à son bras droit Omar RADDAD était devenu ambidextre. Cela n'a eu aucune influence pour porter les coups de chevron qui ont été assénés avec une extrême violence. Par contre il n'en est pas de même pour les coups portés avec le taille-haie ; instrument malaisé à manipuler ce qui en explique la multitude et la dissémination.

Il ne vous aura pas échappé que 10 ng d'ADN avaient été détectés sur le blouson que Omar RADDAD portait ce jour-là. L'expertise n'avait pu le codifier comme elle n'avait pu codifier l'ADN sur le taille-haie. Ce qui est possible aujourd'hui ne l'était pas en 1991. Cela signifie qu'il serait possible aujourd'hui de codifier ces ADN. Mais ce serait tellement contre-productif pour la défense de le demander. Sacré coup de bâton en retour !

 

Cher Fabrice, la justice se rend dans nos tribunaux et cours d'assises et non pas dans les médias. La vérité médiatique n'est souvent qu'un leurre fait d'élucubrations et utopies fantasmées par des journaleux à la recherche de sensationnel, bien loin de la recherche de la vérité dont le policier, le gendarme et le juge sont en charge. La vérité judiciaire dans ce dossier sera toujours malmenée mais elle a été rendue par des citoyens et des juges professionnels qui se sont prononcés en connaissance de cause sur les charges accablantes accumulés contre Omar RADDAD.

 

Bien cordialement.

Georges Cenci

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