Omar l'a tuée

Vérité et manipulations d'opinions. Enfin une information contradictoire sur l'affaire Omar Raddad.

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La construction d'un "Innocent Idéal"

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Courriel reçu de Robin, le 9 mars 2019.

 

Bonjour M Cenci,

Félicitations à vous et à tous ceux qui ont travaillé sur cette affaire, pour votre enquête, pour ce site, pour votre livre, et pour votre attachement à rétablir inlassablement la vérité face à tous les commentaires plus ou moins sérieux ou partisans de ceux qui ne veulent pas comprendre.

Les conclusions auxquelles vous êtes parvenus quant à ce qui s'est passé ce jour-là sont tout à fait logiques, plausibles et convaincantes.

Qu'il est agaçant, au vu de toutes les pièces du dossier, de lire ou d'entendre que "l'enquête a été bâclée", cet "argument" si souvent évoqué par ceux qui veulent à tout prix se raccrocher à l'innocence de M Raddad (toujours pour de bons motifs, soit dit en passant : honoraires, publicité personnelle, gloire médiatique, politiquement correct, communautarisme, argument promotionnel, et j'en passe. On a les défenseurs qu'on mérite, manifestement.).
Il faut dire aussi que vu les éléments à charge, on comprend que ces mêmes défenseurs se raccrochent à ce qu'ils peuvent : un jour c'est l'ADN qui va parler (si seulement !), un autre c'est la faute à l'OTS, et demain, qui sait ?, peut-être même une intervention extraterrestre ou des dinosaures, au point où ils en sont.

De même, cette histoire de "construction d'un coupable idéal" est ridicule. Que de clichés. 
Rappelons quand même que le "pauvre jardinier marocain victime d'un système raciste", a eu pour sa défense l'un des avocats les plus célèbres de France, lors d'un procès en bonne et due forme, qu'il a été soutenu par de nombreuses personnes, dont le Roi du Maroc et des célébrités, et qu'une large majorité de journalistes ont oeuvré pour retourner l'opinion publique en sa faveur. 
On a plutôt l'impression d'avoir assisté à la construction d'un "innocent idéal", au contraire.

 


 

Quelques observations :

  • On entend souvent les défenseurs de M Raddad dire : "quand la police est venue le chercher, il n'a pas manifesté d'inquiétude ni de volonté de s'échapper", ce qui constituerait selon eux une preuve de sa bonne conscience. Mais pourquoi aurait-il eu besoin de s'inquiéter ? A ce moment-là, il n'avait aucune idée que la victime elle-même l'avait dénoncé. "Pas vu, pas pris", devait-il se dire.
  • A propos d'une éventuelle "mise en scène" du crime pour accuser injustement M Raddad (autre argument favori de ses défenseurs) : pourquoi le ou les meurtriers, qui n'auraient pas eu intérêt à s'attarder sur les lieux, se seraient-ils compliqué la tâche en mettant en place un système de barricade intérieur,? La porte étant fermée à clé de l'extérieur, cela seul aurait été suffisant pour faire croire aux enquêteurs que la victime ne pouvait de toute façon pas sortir et, encore vivante, n'aurait plus eu qu'à dénoncer son agresseur avant de décéder. Quel esprit maniaque aurait poussé le vice jusque-là, ou aurait même songé à simuler  l'affaiblissement physique dont témoigne le deuxième message, avec ses lettres barbouillées ? Sans parler évidemment de l'impossibilité majeure de mettre en place le même système de barricade depuis l'extérieur de la cave.
  • Sait-on si M Raddad portait habituellement des gants pour travailler ? Simple curiosité, sans y croire vraiment, mais cela pourrait peut-être expliquer le manque d'empreintes sur la scène de crime ? On pourrait supposer que M Raddad est parti directement de chez Mme Pascal pour aller chez Mme Marchal, non pas, comme vous l'expliquez très bien, pour la tuer, mais pour lui demander une nouvelle fois de l'argent, sans peut-être même prendre le temps d'enlever ses gants.
  • Simple curiosité toujours, au vu du plan de la cave, la porte de la chaufferie a l'air solidement maintenue en position ouverte, mais pensez-vous qu'il est possible que Mme Marchal ait eu l'intention de s'enfermer, une deuxième fois, mais dans la chaufferie cette fois, ce qui expliquerait la position où a été retrouvé le corps, et la volonté de laisser un deuxième message à cet endroit, dans l'éventualité malheureuse où son agresseur aurait pu revenir en forçant le premier barrage, et effacer le premier message? Ses forces l'auraient quittée avant qu'elle ait pu même essayer de refermer la porte de la chaufferie. 


"Innocent, forcément innocent", donc. Peu importe les preuves et tout le reste.
Quel aveuglement général, quand on devrait au contraire souligner et rappeler la détermination et le courage de Mme Marchal. C'est elle qui mériterait un film, des livres et des articles.
Dans le fond, cette triste affaire et son traitement médiatique préfiguraient bien ce que l'époque allait devenir. Malsaine époque, où l'on glorifie des criminels au mépris des victimes, et où l'image et les coups de bluff médiatiques les plus ridicules priment sur la vérité, dont on finit par se demander si les gens, gavés par tant de films et de TV, en ont réellement quelque chose à faire finalement.

Félicitations, donc, et continuez, Capitaine...

 

Georges Cenci

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Georges Cenci Georges Cenci ·  11 mars 2019, 18:08

@ Robin
Votre intervention est remarquable de son sens.
Sous peu nous devrions connaître le résultat de la énième expertise inutile concernant les ADN, qui en toute logique sera le reflet de l'arrêt de rejet de la demande en révision daté du 20 novembre 2002 (que de manipulations depuis ce temps !) car il est impossible de déterminer, à quel moment, antérieur, concomitant ou postérieur au meurtre, ces traces ont été laissées.
Cet arrêt fera sans nul doute autorité.
Il restera à la défense, associée à un escroc notoire, à se lancer dans une nouvelle aventure aussi désolante que les autres.
Vous avez tout à fait raison lorsque vous écrivez que depuis 28 ans nous assistons à la construction d'un "innocent idéal" ; aussi porteur médiatiquement qu'un "coupable idéal".
Je ne sais pas si Omar RADDAD portait ou non des gants lorsqu'il est venu à la Chamade. Mais c'est secondaire dans la mesure où, si nous avions relevé ses empreintes digitales n'importe quel avocaillon aurait soutenu, avec raison, que c'était une preuve négative car leur client avait accès au sous-sol. On peut tenir le même raisonnement si l'expertise biologique avait révélé l'ADN de RADDAD sur les portes. Et, comme pour l'ADN, on ne peut scientifiquement dater une empreinte digitale par rapport à la date des faits.
La porte de la chaufferie était bloquée à sa base par un morceau de bois (c'était sa position habituelle). Mme MARCHAL a pris appui sur la barre anti-panique pour délivrer son deuxième message dénonciateur puis, étant physiologiquement très faible, a rampé dans cette petite pièce où des traces de sang attestaient de son parcours.
Elle ne pouvait pas débloquer cette porte. En a-t-elle eu l'intention ? Qui peut le dire ?
Je vous remercie de votre commentaire et vous prie de croire à mes sentiments les plus cordiaux..

Robin Robin ·  12 mars 2019, 23:55

@Georges Cenci :

Merci pour votre réponse et toutes vos précisions, M Cenci, surtout en ce qui concerne l'ADN. On a toujours tendance à croire que l'ADN permet de tout résoudre aujourd'hui. D'ailleurs la défense se garde bien de donner tous les détails que vous donnez chaque fois qu'ils en parlent. Reste à savoir ce qu'ils inventeront désormais.

28 ans que ça dure! Ça paraît fou. D'un autre côté, M Vergès avait lancé le mouvement dès le départ avec ses exagérations (volontairement) déplacées, et ridicules (le parallèle avec Dreyfus, le racisme), et vu la façon dont beaucoup de journalistes et de personnalités ont embrayé, c'était mal parti pour en rester là. Cela dit, 28 ans après, ils ne sont pas beaucoup plus avancés. Pas l'ombre d'une piste crédible malgré tous les moyens déployés.

Depuis le temps, les gens semblent s'être distanciés de ce drame, mais le risque, vu la désinformation générale, c'est qu'on assiste à une sorte de classement définitif de cette affaire, dans l'opinion publique, comme l'erreur judiciaire type , alors même que tous les documents nécessaires sont disponibles sur votre site pour se faire une idée. Malheureusement le grand public risque de se contenter du film. Les gants, effectivement, ça paraissait impossible à déterminer, tout comme les éventuelles intentions finales de Mme Marchal. Dans une situation comme celle-ci, la terreur de voir le meurtrier revenir "finir le boulot" doit être immense (d'où le système de barricade). On pourrait peut-être se dire, étant donné sa logique et sa détermination, qu'elle aurait pu songer à tenter une deuxième barricade dans la chaufferie, tout en sachant certainement qu'elle n'en sortirait pas vivante, mais en partant avec la certitude qu'elle aurait tout fait pour que son message soit bien délivré. Mais comme vous le soulignez, "qui peut le dire?", effectivement. Malheureusement, il y a certains "détails" que nous ne saurons jamais.

Comme peut-être dans toutes les affaires.

Merci, Capitaine!

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