Omar l'a tuée

Vérité et manipulations d'opinions. Enfin une information contradictoire sur l'affaire Omar Raddad.

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Approximations journalistiques et contamination d'acide désoxyribonucléique

504 lectures

La Provence du 5 novembre 2017 informe ses lecteurs que vient de paraître aux Éditions de La Martinière un ouvrage dont le titre est accrocheur et va intéresser les curieux du crime : "Pièces à conviction". Les deux auteurs ont passé au crible les pièces à conviction de 35 affaires criminelles... dont celles du meurtre de Ghislaine Marchal par Omar Raddad.

 

 

Emmanuel et Jérôme Pierrat, l'un avocat l'autre journaliste évoquent bien évidemment le scellé emblématique de l'affaire Omar Raddad : la porte de la cave à vin sur laquelle a été inscrit la célèbre accusation : OMAR M'A TUER.

 

Le journaliste de "La Provence" écrit :

« De l'affaire Omar Raddad, on retiendra la porte sur laquelle Ghislaine Marchal a écrit "Omar m'a tuer" en lettres de sang. Une porte qui a été exposée pendant plusieurs semaines sous le nez de la presse au procès de Nice. Tous les journalistes de France, votre serviteur compris, ont apposé leur ADN sur cette porte, la seule qui pourrait parler.»

 

Cette nouvelle est importante. Voilà donc un journaliste qui écrit qu'il a apposé son ADN sur cette porte comme bon nombre de ses confrères. Pour moi ce n'est pas une révélation puisque ayant assisté au procès j'ai pu observer qu'un nombre important de personnes dont des avocats et des journalistes ont pu s'en approcher lors des suspensions d'audience et de ce fait contaminer ce scellé emblématique. Ce qui ne m'a pas échappé et qui est important c'est qu'il admet que c'est Ghislaine Marchal qui a écrit OMAR M'A TUER. Il ne va pas se faire des amis !

Il va aussi un peu vite en conclusion lorsqu'il écrit que c'est uniquement cette porte qui pourrait parler : Il doit ignorer que le blouson de Raddad présente une trace de 10 ng d'ADN que ses différents avocats se gardent bien de révéler.

Voilà donc un journaliste qui écrit que cette fameuse porte a été exposée pendant plusieurs semaines sous le nez de la presse. Le procès s'étant déroulé du 24 janvier au 2 février 1994, j'en viens à me demander s'il ne s'est pas trompé de salle d'audience car écrire que la porte a été exposée pendant plusieurs semaines est une inanité. D'autant plus que celle-ci a été exposée depuis l'après-midi du lundi 31 janvier 1994. Et pas seulement cette porte mais aussi celle de la chaufferie.

Ces deux pièces à conviction ont été découvertes des enveloppes qui les protégeaient pour permettre à la Cour, au jury, aux parties et notamment aux experts en écriture de formuler toutes observations et explications utiles. D'où vient cette idée saugrenue que ces portes ont été exposées sous le nez de la presse !

Mais ce journaliste qui prétend avoir assisté au procès ignore que c'est à la demande de feu Me Vergès que ces portes et d'autres scellés sont restés dans la salle d'audience pour les besoins de sa plaidoirie (cf. le procès Omar l'a tuée – vérité et manipulations d'opinions).

Beaucoup d'approximations - qui souhaitons-le ne sont pas tirées de l'ouvrage - mais des détails qui méritaient d'être rétablis.

 

Georges Cenci

Administrateur : Georges Cenci

Restez au courant de l'actualité et abonnez-vous au Flux RSS de cette catégorie

Soyez le premier à réagir sur cet article

Ajouter un commentaire Fil des commentaires de ce billet

no attachment



À Voir Également

Motivation de la peine dans les verdicts de cours d'assises

Dans son dernier ouvrage intitulé "Coulisses judiciaires" (Janzé, Coëtquen Editions, 2017), Frédéric Valandré a longuement étudié la réforme du 10 août 2011 (loi n° 2011-939, article 353, appliquée depuis le 1er janvier 2012), ses aspects positifs et ses limites...  

Lire la suite

Henri Leclerc : mais quels Mémoires !

Extrait de l'article paru sur le site web de Philippe Bilger, le 1er septembre 2017 ; concernant la parution des mémoires de Maître Henri Leclerc.

Lire la suite