Omar l'a tuée

Vérité et manipulations d'opinions. Enfin une information contradictoire sur l'affaire Omar Raddad.

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Les tragédies passionnent l'opinion

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J'ai été interviewé dernièrement par un journaliste de Nice-Matin qui, comme tous les autres médias, allait pouvoir vendre du papier avec le énième rebondissement de l'affaire. Et Nice-Matin a fait fort : 4 pages, avec bien évidemment la Une accrocheuse ''Nouvelle piste dans l'affaire Raddad : QUI A ''TUER''. Et, pour faire bonne figure '' l'affaire Raddad proche d'un rebond judiciaire''.

Je me trouvais sur la Côte d'Azur le week-end dernier et j'ai donc eu l'occasion d'acheter ce journal. Je ne vais pas ici critiquer ce que l'on vous rabâche depuis 25 ans. Je constate seulement que je n'ai pas trouvé trace de l'intervention de l'avocat de la partie civile et, par exemple, celle de Laurent Davenas l'avocat général qui a été suivi dans ses observations par la cour de révision des condamnations pénales qui a rejeté la requête de la Défense.

On fait la part belle à l'avocate de la Défense. Comme toujours. Évidemment !

M. Eric Galliano, le journaliste qui m'a interviewé a cependant révélé le titre de mon ouvrage et l'URL de mon site « omarlatuee.free.fr.» Et, depuis, les visites explosent.

Un encart a cependant attiré mon attention et je vous livre ce que Boris Cyrulnik, expert psychiatre et psychanalyste a déclaré au journaliste qui lui a posé des questions.

 

N.M. : Comment expliquez-vous que l'opinion publique se passionne autant pour ce fait divers ?

B.C. : Parce qu'il y a un crime justement. Supprimer la mort, vous supprimez les romans, les livres etc. les gens ne sont pas intéressés par le réel. Ils ont des opinions à priori. On connaît ce que les médias nous livrent et on s'y intéresse car c'est un problème humain. C'est normal, car cela provoque des émotions et des échanges.Un peu comme à l'époque de la Grèce antique où l'on évoquait dans les forums les problèmes de la cité, les trahisons, la mort.

N.M. : C'est en somme une tragédie qui fait réagir...

B.C. : L'affaire Raddad, comme d'autres affaires criminelles, s'apparente à une tragédie grecque. Il y a la mort, il y a une unité de temps et de lieu. Tous les ingrédients sont présents. Les citoyens discutent ensuite entre eux. C'est l'opinion des peuples. On arrive d'ailleurs au point limite de la démocratie.Toutes les dictatures ont ce point commun de façonner l'opinion. On provoque l'indignation sur un sujet et tout le monde marche d'un seul homme.Tout le monde a la même opinion sur un sujet qu'ils ne connaissent qu'à travers la façon dont il leur a été présenté par la presse.

N.M. : 25 ans après le crime, l'affaire Raddad fait toujours parler ? Vous comprenez pourquoi ?

B.C. : C'est la mise en scène d'un mythe. Il y a le pauvre jardinier marocain accusé, que l'on imagine exploité et, de l'autre côté, la riche héritière européenne assassinée qui exploite. Et pour créer un mythe, il faut un discours d'images et de mots. Ici, tout est réuni. Et puis, on parle, à nouveau, d'analyse ADN, alors ça nous intéresse – nous, l'opinion publique, qui ne connaissons pas le dossier – car c'est un rebondissement comme dans une pièce de théâtre. Ça favorise du social sur des émotions. On en parle. On débat. On donne son avis. Comme cela fut le cas, par exemple, lors de l'affaire Dreyfus où la France était scindée en deux : les pour et les contre. On en parle. On se déchire sans connaître le fond de l'affaire.

 

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Tout ce qui précède me fait penser à ce que j'ai écrit dans mon ouvrage et que je ne cesse de reprendre dans mon site d'information.

 

Georges Cenci

Administrateur : Georges Cenci

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Yves Yves ·  26 octobre 2016, 15:19

En somme, ce que met en lumière Boris Cyrulnik, et qui est compris et utilisé par l'ensemble de la classe politique et des publicitaires depuis belle lurette, c'est le story-telling : racontez une histoire, une belle histoire, bien construite et on vous écoutera.

Tout y est : le pauvre petit jardinier, la riche héritière, le racisme d'Etat, la justice corrompue, etc.

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