Omar l'a tuée

Vérité et manipulations d'opinions. Enfin une information contradictoire sur l'affaire Omar Raddad.

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

En voilà une idée !

1636 lectures

J'ai toujours eu plus d'empathie pour les victimes ; que l'on oublie généralement très vite que pour les assassins, les meurtriers et les salauds de tous poils. Et j'en ai connus dans ma vie professionnelle !
Depuis bientôt 25 ans on vous serine avec l'erreur judiciaire qui n'a aucune consistance tant les charges retenues contre Omar Raddad sont lourdes.
Mais, qui se souvient de Ghislaine Marchal ? Certains journaleux vont même jusqu'à ignorer l'orthographie de son nom !
Par contre le rifain vous connaissez ! ...Ou vous pensez le connaître.

Que lis-je aujourd'hui dans une certaine presse que l'enfumeur Moreau proclame que Omar est plein d'espoir mais qu'il est aussi détruit. Et il exige que la justice se prononce rapidement. Moreau qui exige de la justice : on marche sur la tête !
Monsieur le procureur de la République de Nice va falloir faire fissa !
La même phrase est reprise par son avocate qui précise qu'il est en dépression, qu'il ne peut plus travailler. Je compatis, ne suis-je pas la cause de sa descente aux enfers !

Les tribulations médiatiques actuelles gravitent autour de la découverte d'ADN qui ont pu enfin être codifiés. Lesdits résultats des analyses d'identification par empreintes génétiques vont être versés au FNAEG et comparés avec ceux qu'il contient. Et il sortira du chapeau le nom du meurtrier. C'est ce que l'on vous fait avaler.
A mon avis il n'en ressortira rien.
Alors que faudra-t-il mettre en avant pour maintenir la presse en haleine ? Ou plutôt ne pas tarir la source financière !
Ces recherches ADN ont été décidées malgré la conclusion de l'arrêt de rejet de la cour de révision des condamnations pénales ; vous l'avez lu en conclusion de mon précédent billet.

mauvaleine.jpg

Moreau et ses astuces.
Un ami a observé autour de lui que les gens - même les plus avertis - étaient totalement perdus avec cette histoire d'ADN et prêts à gober n'importe quoi y compris les bobards de Moreau et de là à conclure à l'innocence de Raddad il n'y avait qu'un pas.
Il me faisait remarquer également que, répondant aux questions de Thomas Scotto sur Europe 1, le bellâtre déclarait qu'en 2000, je cite : "nous n'avions pas la totalité du génome (?) mais nous avons réussi grâce à des astuces à obtenir de nouveaux prélèvements et de nouvelles analyses... et cette fois, nous avons la totalité du génome". Moreau et ses astuces ! Et cet ami se demande, à juste titre connaissant l'individu, ce qu'il veut dire par "astuce". Étrange quand on connaît ses méthodes !
Toujours lors de cet interview, Moreau allègue que la justice n'avait pas fait l'analyse des portes et du chevron ; ce qui est faux ! Et il ajoute dans toute sa suffisance que Omar Raddad s'était précipité pour se soumettre à une analyse génétique car il n'avait rien à se reprocher... Encore faux Monsieur Moreau ! Vous êtes un menteur ! Nous avions l'ADN de Raddad et ce dernier savait très bien que l'ADN retrouvé n'était pas le sien puisque l'expertise de l'époque avait révélé que l’ADN masculin – qui n'avait pas été codifié – n'était pas celui de Omar Raddad (plus d'informations ici et dans mon livre "OMAR L'A TUEE Vérité et manipulations d'opinions" ; pages 357 et 358).
Enfin, comme habituellement, il se donne le beau rôle en déclarant connaître la personne qui a tué Mme Marchal et qu'une enquête approfondie à la demande de Jacques Vergés avait été versée au dossier de la requête en révision. Il oublie simplement de dire qu'aucun élément de "son enquête" – que je possède – n'avait été retenu par la cour de révision des condamnations pénales.

J'ai une idée.
Oui, j'ai une idée. Elle ne date pas d'aujourd'hui ni de hier ! Elle vaut ce qu'elle vaut et je vais tenter de l'exposer le plus simplement et rapidement possible.
Ces dernières expertises ont été réalisées, sur des scellés hyper pollués, avec succès puisqu’un ADN a pu être codifié. Ce n'est pas un exploit ni une prouesse technique seulement un résultat dû aux avancées de la science en la matière.
Puisque ce qui était aléatoire en 1991 est possible aujourd'hui, la défense pourrait demander que de nouvelles expertises soient réalisées sur d'autres scellés qui, à l'époque, n'avaient pu rendre de conclusion.
Il ne faut pas perdre de vue qu'en 1991 le laboratoire à qui le juge d'instruction avait confié l'expertise du peignoir imprégné de sang (voir le dossier photos) n'avait pu codifier l'ADN !

Quels scellés pourraient être à nouveau expertisés ?
Je me réfère aux conclusions expertales des deux laboratoires missionnés à l'époque par le juge d'instruction.
Sans être exhaustif il s'agit des scellés suivants :

  • le blouson, la chemise et le pantalon du condamné qui présentaient de multiples traces et taches brunâtres et ou rougeâtres. L'expert avait révélé sur le blouson la présence de 10 ng d'ADN sans pouvoir le codifier car en quantité très insuffisante pour la réalisation de l'empreinte génétique ;
  • Quatre prélèvements par tamponnement sur les portes et inscriptions dont trois présentaient de nombreuses particules rougeâtres ;
  • Deux prélèvements récupérés par grattage sous les ongles de Raddad qui présentaient d'infimes particules qui ne pouvaient être analysées par la technique de l'empreinte génétique ;
  • La cisaille sur laquelle deux extraits produisaient de l'ADN animal ; pris au sens large, il n'était pas exclu selon l'expert qu'il ne s'agisse de sang humain.

Voilà de quoi donner des idées à celles et ceux qui en manquent. Mais attention aux résultats surtout si l'ADN de Mme MARCHAL venait à être découvert sur les vêtements de l'« innocent » !

Georges Cenci

Administrateur : Georges Cenci

Restez au courant de l'actualité et abonnez-vous au Flux RSS de cette catégorie

Marjenka2 Marjenka2 ·  08 novembre 2015, 12:14

Ah ! Moreau le bellâtre et ses enfumages qui séduisent les dindes !!! .... Moreau exige de la justice !!! ... Trop rigolo ! ... lui qui a été plusieurs fois derrière le mauvais côté de la barre ( de la justice justement ! ) ... on aura tout vu ! ... tout entendu !

Et puis, c 'est plus qu' inquiétant et sordide tout çà !!! .... Qu' attend on pour faire les prélèvements d' ADN sur les véritables pièces qui seules pourraient être utiles ... plus que bizarre tous çà ??! non ?

Alors, les journaleux de tous poils ! ... Au boulot ! ... Et tous azimuts ! .......

Georges Cenci Georges Cenci ·  09 novembre 2015, 08:53

Bonjour Marjenka2
Vous avez raison, là où passe l'auto-proclamé criminaliste la vérité trépasse. C'est tout simplement le prolongement de la manipulation de l'opinion publique qui survit, avec la complicité des journaleux, depuis 1991. Un bail !
Très cordialement

Nelly Nelly ·  09 novembre 2015, 19:16

Cher monsieur, merci pour vos précisions très utiles concernant cette affaire d'ADN. En effet il y a de quoi y perdre son latin. Moreau s'en va répétant sur les plateaux de télé qu'il connaît le coupable et selon le journaliste Guy Hugnet ("Affaire Raddad, le vrai coupable"), le détective désigne par là un certain Pierrot le Fou, condamné en 1983 à 5 ans de prison pour crime. Le fichier FNAEG ayant été créé en 1998 se peut il que les empreintes de ce Pierrot le fou y figurent? Si oui, dans son livre Guy Hugnet produit des documents qui prouvent que ce Moreau a lui aussi été condamné par la justice en 1976. Dans ce cas est-il répertorié au fichier ?
Merci.

Sam_38 Sam_38 ·  11 novembre 2015, 16:02

Je pense, cher Georges (vous permettez ?), qu'il est inutile de chercher à donner des idées à ceux que vous et moi nommons les journaleux : ils en regorgent en effet, car ils ont la science infuse, n'en doutez pas !
Merci, en tout cas, pour cet excellent billet (et pour ceux qui l'ont précédé, que j'ai encore en mémoire), qui met une fois de plus les choses au point.
Mais voyez-vous, Hugo pensait dur comme fer que l'instruction publique allait transformer l'humanité, et lui permettrait de passer de l'ombre à la lumière (comme dit l'autre enflure). Eh bien, la constatation est désespérante : c'est tout le contraire que l'on peut mesurer chaque jour, l'ignorance le disputant à la mauvaise foi et à l'appât du gain ; François de Closets a écrit sur ce paradoxe des pages éclairantes.
Bon, revenons à nos moutons - pas ceux de l'Aïd, naturellement. Permettez-moi d'ajouter que j'ai lu avec immense intérêt le récit de l'expérience qu'un prof (d'histoire-géo) a conduite dans sa classe : un "débourrage" de crâne, comme on aimerait en voir plus souvent !

Adèle Adèle ·  11 novembre 2015, 19:27

J'ai presque fini de lire votre livre .Très intéressant et même quasiment convaincant .Il me fait douter de mes certitudes et sourire de ma crédulité .

Cependant,vous pourriez encore éclairer ma lanterne sur un point .: Il concerne l'heure de la mort de la victime. Les deux premiers rapports d'autopsie la situent 6 heures AU MOINS avant 20h le vendredi 24 .Ce qui est confirmé dans la réponse faite par les 3 médecins légistes à une question du juge Renard, le 2 novembre 1991 qui demandait "l'heure approximative du décès". Mais nulle part il n'est dit à combien AU PLUS pouvait remonter le décès, compte tenu de la température ambiante, de l'âge de la victime et du caractère violent des causes de la mort. Est-il possible que la victime soit morte plus de 24 heures avant l'arrivée du médecin ? Pourquoi n'émet-il aucune hypothèse ? Ou est-ce une hypothèse plausible qui explique la "faute de frappe" ? Merci encore pour votre travail et l'éclairage que vous avez apporté à cette affaire. J'espère pouvoir lire vos réflexions sur ce point qui me tracasse beaucoup.

Georges Cenci Georges Cenci ·  13 novembre 2015, 09:05

@Nelly : Bonjour.
Comme chacun sait – Nelly vous savez ! – ou ne sait pas le fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG) n'existait pas en 1991. Il a été créé en 1998 par une loi sur la prévention et la répression des infractions sexuelles puis s'est étendu aux crimes de sang, de terrorisme et de de grand banditisme.
Institué par la loi 2001-1062 du 15 novembre 2001 (inscrite au titre vingtième du code de procédure pénale ; articles 706-54 et 706-55, R.53-9 et suivants, D.47-12 et A.38 ) ce fichier centralise désormais les profils génétiques des personnes condamnées pour l'un des crimes et délits mentionnés à l'article 706-55 du code de procédure pénale ; celles poursuivies pour l'une de ces infractions ayant fait l'objet d'une décision d'irresponsabilité pénale et celles à l'encontre desquelles existent des indices graves et concordants rendant vraisemblable qu'elles aient commis l'une de ces infractions.

Le champ d'application est donc très large et c'est très bien ainsi. Ce fichier permet à la police judiciaire de confondre des criminels et des délinquants. Reste bien évidemment les actes plus classiques de police judiciaire qui viendront ou non conforter la réponse biologique. L'ADN comme l'aveu n'est pas la reine des preuves !

Dans l'affaire Omar Raddad, les rapprochements qui vont être faits ne donneront un résultat probant que si la personne à qui le profil appartient a commis un crime ou un délit à partir de la mise en application de cette loi ou depuis 1998 s'il s'agit d'un crime ou d'un délit d'ordre sexuel.

Si tel est le cas, cette personne devra s'en expliquer. "Pierrot le fou" que Guy Hugnet a rencontré s'était prêté de bonne grâce à ce prélèvement d'ADN qui, faute de base légale, n'avait pu être réalisé. Cependant cet homme se tenait à la disposition de la justice.

"Pierrot le fou" n'est plus de ce monde. A-t-il commis des crimes et délits entrant dans le champ d’application de la loi depuis 1998, je ne sais pas. Quant à Moreau, si je confirme sa condamnation relatée par Guy Hugnet dans son excellent ouvrage peu importe que son ADN soit répertorié dans le FNAEG car il n'a jamais été suspecté du meurtre de Ghislaine Marchal.

J'espère avoir répondu à votre question.

Georges Cenci Georges Cenci ·  13 novembre 2015, 10:36

@Adèle : Bonjour.

Ne vous tracassez pas ! Mme Marchal a bien été tuée le dimanche 23 juin 1991 et non le lendemain. Tout le démontre, les actes d'enquête, les constatations et les expertises qui sont en parfaite corrélation. Je vous remercie de bien vouloir vous reporter à ce lien qui démontre la datation de la mort : http://omarlatuee.free.fr/index.php... .

Pour faire court, l'arrêt de la cour de révision des condamnations pénales a rejeté sans ambiguïté la date du 24 juin 1991 et l'a énoncé, je cite (c'est en fin de mon ouvrage) :

« – sur l’avis technique relatif à la date du meurtre :
- Attendu que, pour démontrer que le meurtre de Ghislaine Marchal aurait été commis le 24 juin et non le 23, Omar Raddad produit un avis technique, en date du 10 juin 1995, du professeur Fournier, expert honoraire inscrit sur la liste de la Cour de cassation ; que ce praticien conclut que la date de la mort ne peut être fixée avec certitude entre le 23 au matin et le 24 vers 14 heures 15 heures, avec toutefois une datation plus probable dans la matinée du 24 ;
- Attendu que cet avis, fourni par un praticien auquel n’avaient été communiqués ni la totalité des expertises antérieures, ni l’ensemble des photographies réalisées lors de la découverte du corps, est entaché de contradiction interne puisque, après avoir affirmé que la présence des lividités cadavériques complètes, décrites par le premier expert, le 24 juin à 20 heures, après la découverte du corps, ne pouvait être constatée que vingt heures après le décès, le professeur Fournier aurait dû conclure que la mort ne pouvait être survenue le 24 juin ; que telle est d’ailleurs la conclusion du dernier collège d’experts désigné par la commission de révision, qui, au vu de la totalité des expertises et de l’avis du professeur Fournier, estime que la mort est antérieure d’au moins vingt-quatre heures au premier examen médical et qu’elle est donc survenue le 23 juin avant 20 heures ;
- Attendu qu’en cet état, l’avis du professeur Fournier ne peut être considéré comme élément nouveau ;»

Vous écrivez... vendredi 24. Je pense que vous avez voulu écrire lundi 24. Et le 24 était une erreur de frappe de la secrétaire qui a mis en forme le rapport destiné au juge d'instruction. Vous voyez comme il est facile de se tromper. La secrétaire sur un quantième du mois ; le 4 au lieu du 3, vous sur un jour ; le vendredi au lieu du lundi. Vous remarquerez que sur le procès-verbal aux fins d'inhumer j'avais indiqué que le décès était consécutif à une mort violente survenue le dimanche 23 juin 1991.(c'est ici : http://omarlatuee.free.fr/index.php...

Bien à vous

Félix Félix ·  17 novembre 2015, 15:27

@Georges Cenci : Eh oui Monsieur, l'erreur de frappe en procédure judiciaire est très courante. Errare Humanum Est. Après il y a ceux qui vont y accorder une importance excessive, telle la misère sur le monde. Je crois qu'aujourd'hui en dépit des éléments objectifs sur cette datation et du complément d'expertise réclamé par le juge Renard, il y a encore des gens qui "s'accrochent" à cette erreur de date, feu Maître Vergès compris.

adèle adèle ·  17 novembre 2015, 23:22

Merci beaucoup d'avoir pris le temps de me répondre. Votre livre est très instructif sur beaucoup d'autres points et j'y retourne pour continuer à m'informer et à réfléchir . (Mon lapsus dans le contexte est assez plaisant...).  Merci encore cordialement. Adèle

Georges Cenci Georges Cenci ·  20 novembre 2015, 12:02

@ Félix

Laissons Vergés se réchauffer auprès de Satan.
Cette faute matérielle a fait couler beaucoup d'encre et elle n'est toujours pas sèche pour les naïfs qui y croient toujours. Et Dieu sait s'il y en a encore.
Cela me ramène quelques années en arrière et me fait penser aux deux premiers avocats de Raddad, Mes Baudoux et Girard qui, pendant que nous travaillions d'arrache-pied, péroraient, péremptoires, devant micros et caméras.
Ils aiment ça les médias ! C'est plus porteur qu'une salle d'audience.
Comme nous avions ratissé large ils n'avaient pas grand chose pour asseoir le système de défense de leur désormais célèbre client ;système auquel eux-mêmes ne croyaient pas.
Et bien évidemment cette faute matérielle de transcription était du pain béni et allait leur permettre de vétiller encore plus. Ils ne s'en sont pas privé !
Tout comme leurs prestances audiovisuelles où, toute honte bue, ils proclamaient avec superbe avoir démontré qu'il était possible de sortir de la cave après avoir mis en place le système conçue par Mme Marchal. Alors qu'ils avaient démontré le contraire (j'étais présent : c'était d'ailleurs assez comique de les voir faire).
Au fait, comme ils ont pris en main le chevron pour les besoins de leur démonstration, leurs ADN pourraient y être retrouvés. N'en faisons pas des coupables pour autant !
Bien à Vous

Ajouter un commentaire Fil des commentaires de ce billet

no attachment



À Voir Également

Rien de nouveau

"L'affaire Omar Raddad n'est pas terminée : Il y aura de nouvelles expertises ADN". Telle est l'annonce de l'avocate du meurtrier accompagnée de son inséparable histrion sur la chaîne LCI. Cette information n'est pas faite pour m'étonner. Je l'avais subodorée dans mon article du 21 février dernier où, après la longue liste des déconvenues et des supercheries de la défense, j'avais énoncé : « suite au prochain événement. Car il y aura une suite...».  

Lire la suite

access-3509498_640.jpg

Les clés de la cave

Courriel reçu le 25 juillet 2018, de "Peyret". Bonjour,  je m'intéresse beaucoup à cette affaire et je voulais une petite précision sur la clé (ou les clés) de la porte de la cave. Vu que la cave était fermée à clé  je me demandais  si la clé avait été reposée par le (ou les) criminel(s) ou bien si une deuxième clé a été utilisée pour ouvrir lors de la découverte du corp. Merci d'avance si vous avez le temps de répondre.    

Lire la suite