Omar l'a tuée

Vérité et manipulations d'opinions. Enfin une information contradictoire sur l'affaire Omar Raddad.

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Merci d'avoir consacré une partie de votre vie à cette affaire

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Courriel reçu le 20 février 2014 de Alessandro C.

Cher Monsieur Cenci, Je voudrais tout d’abord vous remercier du fond du coeur d’avoir consacré une grande partie de votre vie à cette affaire Omar Raddad ainsi que pour votre carrière dans la gendarmerie.

Bien qu’étant Suisse, j’ai toujours été passionné par les affaires criminelles françaises au travers des nombreux supports disponibles; livres, émissions, Internet. Évidemment, l’affaire Omar Raddad fait partie des plus connues au sens de son existence mais pas forcément au niveau des faits et des preuves.
J’en tiens responsables, comme vous, les nombreux “détectives” ou “justiciers" improvisés tels que Jean-Marie Rouart (affaire Raddad) ou dans d’autres affaires, Gilles Perrault (affaire Ranucci), ou encore Pierre Vidal-Naquet (affaire Tangorre) qui, à l'aide de comités de soutien bien pensants, ont tout simplement monté des scénarii invraisemblables et ont réussi à les faire gober à une partie de l’opinion publique.
Pour en revenir à l’affaire, je suis persuadé de la culpabilité de Omar depuis bien longtemps et je m’étonne toujours que des gens puissent avoir des doutes ou pire, clamer son innocence.
Après la lecture de nombreux ouvrages sur l'affaire, tant de la part des "innocentistes" que des personnes ayant réellement transposé les faits tel que François Foucart et vous-même, je reste avec une seule vraie interrogation sur ce dossier :
Quel a été le déroulement du meurtre à votre avis ?
Si vous restez persuadé de l'utilisation du taille-haie - le Dr Ménard semblait avoir une opinion différente - notamment dû au fait qu'il y avait des taches de sang d'origine animal (donc possiblement humain), je n'arrive pas à me représenter un scénario définitif du déroulement de l'acte.
Parce que si Omar Raddad s'était servi d'un couteau, il y aurait eu un élément de préméditation ce qui aurait aggravé son cas évidemment. Donc, pour en revenir au déroulement :
1) Il lui assène les coups de chevron
2) Il ressort de la cave pour aller chercher le taille-haie ? Ferme-t-il la porte à clé une première fois pour être sûr qu'elle ne s'échappe pas ? Il doit donc remonter l'escalier, fermer le portail, entrer dans la remise, prendre le taille-haie, redescendre, rouvrir la porte et lui asséner le reste de ses blessures ? Ou bien l'avait-il déjà avec lui ce taille-haie et dans ce cas, pas besoin de ressortir ?
Au vu de la personnalité de la victime, elle semblait (et elle l'a démontré) être une femme de caractère, une battante et j'ai le sentiment qu'elle aurait cherché à s'enfuir si elle avait vu Omar sortir sans fermer la porte à clé après les coups de chevron. Mais peut-être est-elle sonnée...?
Navré d'avoir mis en vrac toutes mes pensées, pourriez-vous m'éclairer ?
Dans l’espoir de correspondre plus longuement avec vous, je vous prie, cher Monsieur, d’agréer mes plus cordiales salutations ainsi que mon plus profond respect.
Merci du fond du cœur d'avoir rétabli la vérité et d'honorer la mémoire de Mme Marchal.
Alessandro C.

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Monsieur C.
J'ai consacré à cette affaire le temps nécessaire à la recherche de la vérité. De longs mois qui nous ont permis de mettre à la disposition de la Justice les éléments d'enquête sur lesquels elle s'est définitivement prononcé. La culpabilité a prévalu. Justice a été rendue à Ghislaine Marchal. Avec mes gendarmes nous en sommes très fiers !
Avant et après le procès, j'ai été un observateur attentif des manipulations de l'opinion publique et des tentatives de tromperie de la Justice, créées par des personnages sans scrupules, hommes liges des avocats qui les stipendiaient : j'ai nommé Vergès et Baudoux. Dans toutes affaires médiatisées vous avez de ces farfelus qui se manifestent sans connaître le fond du dossier, qui inventent des scenarii aussi farfelus que rocambolesques et extravagants et qui se répandent via le livre, les interviews dans les médias pour la plupart complices et les pétitions de comités de soutien que signent de prétendus intellectuels-sans-savoir. Et, depuis, j'ai créé ce blog qui permet à tout un chacun de se faire une idée un peu plus précise sur cette affaire ; ce qui est sans commune mesure avec les révélations de la bien-pensance médiatique. Et j'y consacre le temps nécessaire car nombreux sont celles et ceux qui me posent des questions sur certains détails ou éléments de l'enquête ; me demandent des explications, font état de leurs sentiments etc.

Que faut-il penser du scénario de l'agression !
Vous l'avez compris il s'agit d'un meurtre à huis clos, sans témoin : la victime a clairement dénoncé et à deux reprises son meurtrier qui a depuis longtemps oublié son crime odieux et ne révélera jamais comment il a tué Mme Marchal. J'ai avancé un scénario qui a fait, semble-t-il, l'unanimité des juges ayant eu à connaître de cette affaire. Je l'ai énoncé dans mon rapport de synthèse, je l'ai déclaré à la barre de la cour d'assises puis écrit noir sur blanc dans mon ouvrage. Je maintiens que le taille-haie peut être l'arme du crime. Je devrais même écrire, est l'arme du crime.
Comme je l'ai précisé par ailleurs, le docteur Page qui le premier a examiné le corps a été un peu vite en besogne pour décrire l'arme du crime comme étant une arme blanche effilée et à double tranchant. J'ai toujours soutenu et croyez bien que je ne suis pas le seul à le penser que la description, hâtive à mon sens, de l’arme par le docteur Page ne me semble pas correspondre aux blessures les plus significatives, notamment en ce qui concerne le double égorgement ; pourquoi cette lame n'a pas sectionné la trachée et les vaisseaux du cou ; pourquoi ne retrouve-t-on aucune correspondance entre ce profil de lame et les lèvres des blessures qui n'étaient pas nettes, pourquoi une telle lame n'a pas perforé les anses intestinales lors de l'éventration. Pourquoi enfin l'on retrouve sur le taille-haie un ADN animal avec possibilité nous dit l'expert qu'il s'agisse de sang humain alors que l'on pouvait s'attendre à un ADN végétal !
La description de l'arme sera le point d’achoppement qui m'a opposé aux trois légistes ; les deux autres ayant repris la conclusion du docteur Page. Je ne m'attendais pas à ce qu'ils se contredisent. Mais le juge n'est pas tenu par les conclusions expertales.
Vous l'avez compris, je suis persuadé que le taille-haie est la deuxième arme du crime. La première étant le chevron de bois à section carré dont Raddad s'est servi pour asséner avec une extrême violence plusieurs coups sur le crane de Ghislaine Marchal.
Il faut également considérer que Raddad n'est pas venu pour enlever la vie à Ghislaine Marchal. Il est tout simplement venu quémander une nouvelle fois une avance sur salaire. Pourquoi alors serait-il descendu dans le sous-sol avec le taille-haie ?
Il faut aussi tenir compte que l'enquête a déterminé que Raddad n'avait jamais sur lui une quelconque arme blanche. Très rapidement nous avons exclu la préméditation, circonstance aggravant le meurtre en assassinat. J'ai toujours soutenu cette thèse. Raddad a d'ailleurs été condamné pour meurtre et non assassinat.

Monsieur C., je ne sais pas si je vais remettre de l'ordre dans vos idées ou lever le doute qui s'insinue en vous quant au déroulement de l'agression. Il conviendra de vous reporter sur ce blog, aux pages en libre lecture de mon ouvrage au chapitre « L'enquête sur commission rogatoire » qui répond avec moult détails à votre question. Et ce qui précède le scénario de l'agression est aussi important que le scénario en lui-même.
Très succinctement : les premiers coups reçus par Ghislaine Marchal provenaient du chevron qui lui occasionnaient de très graves blessures au crane. Ces coups n'ayant pas provoqué la mort, Raddad se rendait compte qu'il devait achever sa victime pour empêcher la dénonciation. Il devait aller jusqu'au bout, il ne pouvait pas se permettre de la laisser vivante. Il était allé trop loin. Il n'avait plus qu'une alternative : appeler les secours ! Il quittait le sous-sol pour aller chercher le taille-haie qu'il savait où trouver. Dans l'état de semi-inconscience où devait être sa victime peu importe qu'il refermât ou non la porte car le local où était l'arme de substitution se trouvait en haut de la volée des marches et même si Ghislaine Marchal avait tenté de s'échapper ̶ et elle n'avait que cette issue pour le faire ̶ son tueur l'aurait attendue en haut des marches. J'espère avoir répondu à votre question et vous remercie de votre intervention.

Je vous prie de croire à mes sentiments les meilleurs.

Georges Cenci

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