Omar l'a tuée

Vérité et manipulations d'opinions. Enfin une information contradictoire sur l'affaire Omar Raddad.

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La tuerie de Saint-Andéol-le-Château

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France2 diffusait le dimanche 24 novembre 2013 à 22 heures 30 son documentaire hebdomadaire "Faites entrer l'accusé" - réalisé par 17 juin Média - consacré à la tuerie de Saint-Andéol-le-Château.
Qui se souvenait de cette affaire hors du commun qui avait, en 1995, fait la Une des médias puis sombrait dans l'oubli après l'arrestation et la mise en examen du quadruple assassin, plus tard condamné à la réclusion criminelle à perpétuité ?

Il se trouve, qu'à l'époque, après quatre années au commandement de la brigade de recherches de Cannes, je servais à la section de recherches de Lyon et le Parquet m'avait désigné pour diriger ce dossier alors qu'un service concurrent voulait en déposséder la gendarmerie. Pour ne rien vous cacher, j'avais un peu oublié cette affaire quand une journaliste de 17 Juin média, Marie-Sophie Tellier, me contactait afin que je lui accorde un entretien. J'accédais à sa demande et cette journaliste m'interviewait à mon domicile le 26 avril dernier... soit 18 ans après les faits !
Ce documentaire relate les faits avec beaucoup d’honnêteté intellectuelle. Bien évidemment il n'est pas exhaustif, certains éléments, à mon sens importants, ont été passés sous silence mais il est complexe de condenser en 90 minutes un dossier aussi volumineux.
C'est la raison pour laquelle, en complément de l'émission, je vous communique une synthèse des principaux éléments de réflexion qui ont amené la découverte de la vérité et l'arrestation puis la condamnation d'Eric Bruyas.

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Un haut magistrat, après avoir suivi le reportage me disait qu'il avait observé, une fois de plus, les infinies capacités de cynisme, de lâcheté et de mensonge de certains justiciables et leur totale incapacité à assumer leurs actes et leurs responsabilités. Cet avis ne rejoint-il pas ce que déclarait Monsieur Vioud, l'avocat général, qui avait requis la réclusion criminelle à perpétuité contre Eric Bruyas !
GC_fea.jpgCe dossier, vous l'avez compris n'a rien à voir avec l'affaire Omar Raddad. J'ai hésité d'en faire état sur ce site ; certains penseront que je suis un prétentieux personnage. Peu importe ! Je publie ce texte pour faire savoir, si besoin était, que la gendarmerie a des personnels compétents, capables d'affronter toutes sortes de dossiers, même les plus complexes. Et, comme je l'avais fait à la clôture de cette enquête, je tenais une nouvelle fois à féliciter l'ensemble des gendarmes de la compagnie de Givors, de l’Équipe recherches de Givors, de la brigade de recherches de Lyon, de la section de recherches de Lyon, des plongeurs de la gendarmerie et de l'équipage de la section aérienne de Lyon pour la qualité de leur travail et leur remarquable disponibilité.

Présentation de l'émission par France 2.

Une colonne de fumée qui s’élève au-dessus du lotissement, une explosion et des flammes gigantesques qui dévorent en quelques minutes la maison de la famille Bébien ; le spectacle est effrayant. Quand l’incendie se déclare, le 30 mai 1995, vers 18 heures, ce sont les voisins qui donnent l’alerte. Ce sont aussi les voisins qui s’affolent. A Saint-Andéol-le-Château, une petite ville du Rhône, tout le monde connaît Vincent, Odette et leurs enfants. Samantha, l’aînée de la famille, a quitté la maison depuis quelques années pour se marier, et élever ses trois enfants. Mais ses parents vivent toujours avec son frère et sa petite sœur. Et à cette heure-là, tout le monde devrait être rentré ! Alors, que se passe-t-il ? La famille Bébien est-elle chez elle, en proie aux flammes ? Pourquoi ne s’arrache-t-elle pas du brasier ? Quand les pompiers maîtrisent enfin l’incendie, Samantha, qui a rejoint les voisins devant la maison de ses parents, veut encore croire au miracle… Mais un à un, les corps de son père, de sa mère, de son frère et de sa petite sœur sont découverts dans les décombres. Après l’angoisse, c’est maintenant la stupeur qui écrase les habitants de Saint-Andéol-le-Château. Une enquête est ouverte le soir-même. Et le médecin légiste apporte une autre nouvelle abominable : tous les membres de la famille Bébien ont été tués par balles avant de brûler dans leur maison. La piste du drame familial suivi d’un suicide est tout de suite écartée, dans la mesure où l’on ne retrouve pas l’arme du crime, une carabine 22 LR. Mais qui pouvait en vouloir aux Bébien au point de les exécuter ainsi ? Les enquêteurs, qui reconstituent l’emploi du temps de la famille, comprennent que les Bébien n’ont pas été tués en même temps et que leur meurtrier connaissait parfaitement leurs habitudes… Un proche ? Au village, les langues se délient. Vincent, le fils, fréquentait les supporters les plus « durs » de l’Olympique Lyonnais et il refusait de reconnaître l’enfant de sa petite amie. Aurait-il attiré des ennuis à sa famille ?... A moins, que Samantha n’en sache plus qu’elle ne le dit ? Son attitude surprend tout le monde. Le jour de l’enterrement, elle portait une mini-jupe et elle a organisé l’anniversaire de sa fille quelques jours après le quadruple assassinat ! Quant à son mari, Eric Bruyas, lui aussi attire rapidement l’attention des gendarmes. Quand il contacte l’assureur des Bébien, au lendemain de l’incendie, il a déjà dressé une liste exhaustive de tous leurs biens, bibelots et petites cuillères compris ! La SR de Lyon plonge donc dans l’histoire des Bébien, persuadée que la clé de l’énigme se cache au cœur de la famille. C’est finalement, sur des bouts de chandelles et des jerricans d’essence qu’ils la découvrent.

Afin d'apporter au public plus de détails et de précisions sur certains points importants de cette affaire, je vous propose en téléchargement gratuit Quelques éléments extraits de ma synthèse du dossier dit « la tuerie de St-Andéol-le-Château ». (document au format ".pdf")
Volontairement, pour respecter leur anonymat, je ne mentionnerai que le prénom des personnes qui sont concernées à titre divers. Cet élémentaire respect de la vie privée ne vaut pas pour les deux familles concernées dont le documentaire « Faites entrer l'accusé » diffusé dimanche 24 novembre 2013 sur France 2 révélait les identités.

Georges Cenci

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Georges Cenci Georges Cenci ·  23 décembre 2013, 15:31

Je voudrais apporter une précision sur la conclusion du documentaire diffusé sur France 2. En effet, Frédérique Lantiéri exposait qu'Eric Bruyas avait déposé en 2011 une demande en révision mais que celle-ci avait été rejetée.
Or, je n'ai pas retrouvé sur le site de la Cour de cassation un quelconque arrêt de rejet ou de transmission à la Cour de révision des condamnations pénales.
Peut-être Eric Bruyas a-t-il, un jour, laissé entrevoir son intention de déposer une demande en révision et, sur les conseils d'un des avocats qui se sont succédé à sa Défense n'aura pas insisté ?

Georges Cenci Georges Cenci ·  04 avril 2015, 11:41

Pour celles et ceux qui s'intéressent à cette affaire, je précise que Jacques PRADEL l'a évoquée sur RTL le jeudi 2 avril.
http://www.rtl.fr/actu/societe-fait...

Georges Cenci Georges Cenci ·  03 septembre 2016, 07:33

L'AFFAIRE BRUYAS

Vous êtes nombreux, plus de 8 500, à avoir, sur ce site, suivi l'enquête sur le quadruple assassinat de la famille BEBIEN à St-Andéol-le-Château dans le Rhône. Cette affaire, qui date de 1995, a été relatée par France 2 dans le cadre de Faites entrer l'accusé le 24 novembre 2013.
Le mardi 30 août 2016 c'est la chaîne W9 qui la diffusait dans Enquêtes criminelles, titrée en la circonstance : Affaire BRUYAS la maison assassinée.
C'est le journaliste Julien BALESTIER qui a réalisé ce reportage. Lorsque je l'ai reçu, en février 2016, j'ai pu constater qu'il maîtrisait bien son sujet et me posait durant trois heures les bonnes questions.
Après avoir visionné le documentaire, j'ai constaté que le montage réalisé était loin d'être parfait et présentait de nombreuses faiblesses. Julien BALESTIER n'a vraisemblablement eu que peu d'influence dans sa réalisation d'où des redondances inutiles, l'évocation de détails futiles et hélas de nombreuses omissions.
Il aurait été plus instructif pour le téléspectateur mais aussi le puriste de la procédure pénale que soient évoqués les éléments matériels des assassinats tenants à la préméditation des actes. On vous parle d'assassinats mais l'on ne vous le démontre pas !
Autrement plus important que de parler de la piste de l'Ordre du Temple Solaire ou les BAD-GONES, supporters de l'Olympique Lyonnais. On aura tout de même évité la piste tunisienne et la valise à double fond.
Il aura été passé sous silence les preuves attestant que BRUYAS avait prémédité et depuis longtemps d'assassiner sa belle-famille.
L'enquête de la gendarmerie les aura démontrées :
- l'achat de la 22 long rifle dans un bar en 1993,
- sa modification par BRUYAS lui-même pour permettre son transport,
- la réalisation d'un croquis pour le silencieux qu'il a fait usiner dans une entreprise dans l'Isère en mars 1994,
- le montage et l’adaptation de ce réducteur de sons sur l'arme modifiée,
Le documentaire évoque des bidons qui auront servi à embraser le pavillon. D'où viennent-ils ? Quand BRUYAS les a-t-il remplis d'essence ? Comment a-t-il payé ? (en cash alors que le même jour il payait par carte bancaire l'essence de son véhicule) Quand les a-t-il entreposés chez les BEBIEN ?
On oublie de dire que l'arme du crime retrouvée dans les eaux du Rhône, sur les indications de BRUYAS était sa propriété,
La décision de passer à l'acte le mardi 30 mai 1995 en raison des emplois du temps de la victime. Cette date n'a pas été choisie au hasard. Il fallait le démontrer.
Le 30 mai à 7 heures ce n'est toujours pas le hasard qui lui fait rencontrer Odette BEBIEN à sa sortie du travail. Mais bel et bien pour se rendre compte que le plan qu'il avait échafaudé pouvait être mis à exécution ce jour-là.
Lorsqu'il se rend boire le café chez ses beaux-parents, il se rend compte que son beau-père va partir à son travail, que son beau-frère Vincent est du matin et qu'il est parti travailler, que sa belle-sœur Aline s'est rendue au lycée. Aucun n'est empêché ou malade. Il fallait l'évoquer et non pas se contenter de montrer et remontrer les réjouissances chez les BEBIEN le 28 mai lors de la fête des mères où il a eu tout loisir de poser des questions sur les emplois du temps des uns et des autres.
Toutes ces informations auraient dû être rappelées au montage. Hélas il n'en a rien été.
Je conseille aux personnes qui me liront d'ouvrir le lien suivant pour en savoir un peu plus.
http://omarlatuee.free.fr/public/20...
Très cordialement à chacun.

jean pierre lajeanne jean pierre lajeanne ·  13 septembre 2017, 18:21

bonjour, monsieur cenci , j 'ai regardé plusieurs fois l 'affaire bruyas sur youtub ; j 'ai peu constaté que la gendarmerie a fait un excellent travail sur. cette affaire . mais ce que je trouve fascinant dans cette histoire c 'est que eric bruyas a pu tuer quatre personnes de sang froid et en plus les parents bebien qui c 'étaient occupé de lui comme leur propre fils. veuillez agréer monsieur mes respectueuses civilités jp lajenne plouaret 22420

Georges Cenci Georges Cenci ·  15 septembre 2017, 09:09

Bonjour M. Lajeanne
L'affaire Bruyas a été traitée par une équipe d'enquêteurs que j'ai eu le privilège de diriger. Ces gendarmes ont effectivement fait un excellent travail qui a permis à la justice de se prononcer sur la culpabilité pleine et entière d'Eric Bruyas.
J'avais observé chez cet individu ses infinies capacités de cynisme, de lâcheté et de mensonge et sa totale incapacité à assumer ses actes et sa responsabilité ; tout comme l'innocentissime Omar Raddad d'ailleurs.
Eric Bruyas vous l'avez constaté avait prémédité et exécuté avec un sang froid extraordinaire toute sa belle-famille. Je ne trouve pas cette histoire fascinante. Je pense que le comportement de cet assassin est odieux, ignoble et monstrueux. Et sa condamnation à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d'une peine incompressible de 22 ans est une juste sanction. A ma connaissance, Bruyas est toujours détenu car certainement toujours dans le déni.
Avec mes cordiales salutations.

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