Omar l'a tuée

Vérité et manipulations d'opinions. Enfin une information contradictoire sur l'affaire Omar Raddad.

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Avez-vous travaillé sur d'autres suspects ?

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Dans ce blog il est vrai que je parle plus de Raddad que des autres suspects sur lesquels nous avons travaillé. On évoque toujours plus le suspect que les personnes ayant fait l’objet d’investigations qui les ont écartées de toute responsabilité.

C’est ainsi dans tous les dossiers. Cela ne veut pas dire que seule l’hypothèse Raddad a été suivie dès le départ de l’enquête. Ce serait irresponsable et grave. L’enquête criminelle et l’information judiciaire n’ont pas privilégié le meurtre commis par Omar Raddad. Les investigations des gendarmes et du juge d’instruction, à charge et à décharge, dans la sérénité de la recherche et de la manifestation de la vérité, n’ont pas consisté à trouver un coupable à tout prix, à le « charger » pénalement. Ce n’est pas cela l’esprit de justice. Mais nous appuyant sur tous les aspects objectifs du dossier, l’hypothèse Omar Raddad a prévalu sur toutes les autres.

Les investigations conduites tant dans l'enquête de crime flagrant que sur commission rogatoire nous amenaient à vérifier la situation de plusieurs personnes, citées nominativement dans la procédure, dénoncées anonymement ou par des rumeurs de voisinage.

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Les actes d'enquête tant dans les Alpes-Maritimes qu'à Paris écartaient la mise en cause de Mohamed Raddad, le frère d'Omar et d'un certain Ouhammou-Bah Mohamed, cité dans la procédure comme ayant été employé par Ghislaine Marchal à La Chamade du 20 juin au 18 juillet 1989.
Du 12 au 14 novembre 1991, nous nous rendions en Suisse, à Vevey, car la police de ce canton avait porté à notre connaissance la teneur d’un appel téléphonique anonyme dénonçant Michel Théry, ressortissant français, comme étant l’auteur du meurtre de Ghislaine Marchal. Les investigations menées par les inspecteurs vaudois déterminaient rapidement que Michel Théry faisait l’objet d’une dénonciation calomnieuse générée par une affaire de voisinage.
Objet de rumeurs de voisinage, Gilbert Foucher, un voisin habitant dans une caravane près de La Chamade, était aussi mis hors de cause. Le jour du meurtre, selon les visas de son passeport et de son billet d’avion, il se trouvait au Maroc.

L’enquête ne déterminait l’existence d’aucun autre suspect potentiel.
D'autres seront jetés en pâture à la Presse des mois et des années plus tard. Ces prétendus suspects ne seront rien d'autres que des victimes du travail de sape de deux individus à la solde des avocats de la défense. Créatures dont il est loisir de se rendre compte de leurs singulières pratiques, dans mon ouvrage et dans celui de Guy Hugnet, comme l'écrira Philippe Bilger, Avocat général honoraire près la Cour d'appel de Paris :

« ... Il faut lire les pages consacrées au détective Roger-Marc Moreau, à ses étranges procédés, à ses dérives intellectuelles et aux transgressions et indélicatesses sanctionnées qui ont jalonné son parcours. Son collègue Bernard Naranjo ne vaut guère mieux sur le plan de ses capacités et de sa fiabilité ! »

Les manœuvres et les méthodes de ces piteux limiers de pacotille, spécialistes du fait nouveau feront l'objet d'autres billets.

J’ajoute que l’enquête ne révélait aucun autre Omar dans l’entourage de Ghislaine Marchal car il convient, c'est une évidence, de ne pas oublier les messages accusateurs.

En conclusion, pour celles et ceux qui n'ont pas assisté au procès, il me semble opportun de vous informer que le 27 janvier 1994, le président de la Cour d'assises, Monsieur Armand Djian, avait donné lecture de quelques procès-verbaux de renseignement sur les personnes suspectées ayant fait l’objet d’investigations.
Le président ne faisait qu'observer que des procès-verbaux d’enquête démontraient que les enquêteurs ne s'étaient pas braqué sur le seul Omar Raddad ; que l'enquête de la gendarmerie n'avait nullement négligé les recherches relatives à d'autres suspects éventuels et les vérifications très précises que cela avait occasionné.
Ceci étant en complète opposition avec les « tartes à la crème » des « enquêtes orientées et bâclées » et du « dossier vide » fréquemment brandies avec véhémence par certains défenseurs, au mépris des contenus réels des dossiers.

Georges Cenci

Administrateur : Georges Cenci

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Guy Guy ·  17 novembre 2013, 09:30

Bonjour,
Vous avez surement vu le plateau du petit déjeuner posé sur le lit ou dans la cuisine.
Pouvez-vous nous décrire ce qu'il contenait ( juste une tasse ou des restes de viennoiserie, pain, beurre etc...).
Je pose cette question car l'autopsie révèle un estomac vide. Si le plateau présentait des traces d'aliments solides, peut-être n'était-elle pas seule ce dimanche matin ?.
Je ne sais pas si la question a déjà été posée ?.
Merci.

Georges Cenci Georges Cenci ·  19 novembre 2013, 18:22

@Guy : Bonjour.
Excellente question. Mais vous êtes un habitué des bonnes questions ce dont je me réjouis !
Lors des premières constatations dans la maison, nous avions remarqué qu'un plateau était déposé sur le lave-vaisselle dans la cuisine. Vous constaterez sur la photographie que je mets en ligne à cette occasion (http://omarlatuee.free.fr/public/20...) que s'y trouvaient des ustensiles habituellement utilisés pour un petit déjeuner, sans aucun relief de repas.
L'enquête déterminait que Mme Marchal après la préparation de son petit déjeuner, qu'elle prenait au lit, se levait tard après avoir satisfait à ses mots croisés. C'était une habitude chez elle.
Effectivement, dans leur rapport (cf. D399), les médecins-experts précisaient : « au cours de l'autopsie, nous avons constaté que l'estomac contenait un liquide brun rosacé (la couleur du thé) sans débris alimentaires » et ajoutaient : « Elle n'avait donc pas mangé au moins trois heures avant sa mort. »
Comme je l'ai précisé par ailleurs, la datation de la mort selon des critères scientifiques et notamment suivant les données de l'enquête était fixée au dimanche 23 juin 1991 entre 11 heures 50 ; heure à laquelle Ghislaine Marchal terminait sa communication téléphonique avec son amie Erica Serin et 13 heures 30, heure à laquelle elle ne répondait pas à celui de Mme Blanc, l'employée de la famille Koster chez laquelle elle était invitée. Un autre appel à 14 heures 30 de cette employée restait vain.
Il est utile que je vous précise que, suivant les appels téléphoniques recensés, l'on avait pu déterminer que la victime avait répondu à 10 heures 30 à l'appel de Colette Koster lui confirmant à cette occasion qu'elle serait bien présente au déjeuner d'anniversaire de son mari. D'autres appels étaient recensés jusqu'à celui de 11 heures 50. Le repas pris par Ghislaine Marchal, accompagné de thé, était frugal ce qui peut expliquer l'absence de débris alimentaires.
J'espère avoir répondu à votre question.
Très cordialement

Boy Boy ·  13 décembre 2015, 12:12

Bonjour,

Vous dites : " que s'y trouvaient des ustensiles habituellement utilisés pour un petit déjeuner, sans aucun relief de repas "
Sur la photo je vois une assiette et un couteau ... C'est étrange si il n'y rien de consistant, pas besoin d'un couteau pour consommer que du thé non ?

Merci

Georges Cenci Georges Cenci ·  15 décembre 2015, 08:19

@Boy : Vous l'avez constaté sur la photographie dont vous faites référence, sur le plateau il y avait divers ustensiles que l'on peut utiliser pour prendre son petit déjeuner. Il y avait effectivement un couteau posé sur une assiette ; laquelle n'était pas propre. Sur cette assiette, Mme Marchal avait dû déposer quelques tartines comme peut en témoigner le confiturier. Il ne restait aucun relief de repas.
L'autopsie déterminait que Mme Marchal n'avait pas pris de repas solide 3 heures avant sa mort ; seul un liquide de couleur brun rosacé était contenu dans l'estomac. Ce qui n'a rien de surprenant car Mme Marchal est décédée entre 11 heures 50 et 13 heures soit plus de 3 heures après avoir pris son petit déjeuner. La présence du couteau et de l'assiette sale attestent qu'elle n'a pas seulement bu du thé. De là à imaginer qu'elle a partagé son petit- !déjeuner avec un tiers ! Pourquoi pas avec Omar...

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