Omar l'a tuée

Vérité et manipulations d'opinions. Enfin une information contradictoire sur l'affaire Omar Raddad.

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Qu'opposez-vous à la thèse selon laquelle la famille s’est débarrassée très vite du corps en le faisant incinérer alors que la victime avait acheté un caveau pour se faire enterrer ?

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Après l'autopsie pratiquée le 28 juin 1991 par un collège d'experts, en l'espèce 3 médecins légistes, ce qui est fort rare, la juge d'instruction décidait, après leur rapport, que le corps pouvait être restitué à la famille. Il n'y a là rien d'exceptionnel puisque conforme aux Codes de procédure pénale et de procédure civile.

C'est moi-même qui rédigeais le procès-verbal aux fins d'inhumer que je remettais à l'officier de l'état-civil de la commune de Mougins. Le corps était remis à la famille.

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Les obsèques de Ghislaine Marchal ont eu lieu à Mougins le 1er juillet 1991 soit trois jours après la nécropsie. Et ce n’est que le 3 juillet au matin qu’a eu lieu la crémation en présence de son fils et de son beau-frère, le bâtonnier Bernard Du Granrut soit 9 jours après la découverte du corps et 10 jours après le décès. Il n'y a là aucune précipitation et tout cela est conforme à toutes les suites d'autopsies auxquelles j'ai assistées au cours de ma carrière.

Alors pourquoi le corps a-t-il été incinéré ?
Lorsque j’ai effectué la première perquisition à La Chamade, j’ai découvert au coffre un testament intitulé : "Dernières volontés" signé Ghislaine Marchal de Renty et daté du 18 février 1990. Le substitut du procureur de la République de Grasse était présent lorsque j’ai trouvé cet écrit.
Il a pu comme moi le lire et constater que Mme Marchal désirait, je cite :

« Un enterrement religieux et intime, puis être incinérée, laissant à son fils Christian le soin de jeter ses cendres où il le décidera. »

J’ai souvenir que c’est le substitut Thierry Montfort qui a remis ce document à Christian Veilleux. D’autres décisions de la défunte dont je me souviens étaient mentionnées. Elles ne concernaient que son fils et sa petite-fille, Alexandra. Je peux vous affirmer qu’on ne peut douter des liens affectifs qui existaient entre Christian Veilleux et sa mère. La datation de cet écrit n’est autre que la date anniversaire de la naissance de Mme Marchal ; autre signe fort de la sincérité de ce qui était écrit. Mais cela ne regarde que ses proches.

Quelle hâte n’est-ce pas ! Quelle bassesse d’oser dire et écrire que la famille s’était empressée de faire incinérer le corps ! L’ignorance en la matière est bien regrettable, car elle est diffamatoire et touche à l’honneur d’une famille.
Si je me réfère à toutes les affaires criminelles que j’ai connues, le délai entre l’autopsie et l’incinération de la victime est tout à fait comparable. Il n’est en rien exceptionnel dans la mesure où dès l’autorisation du juge d’instruction, le corps est remis à la famille qui prend ses dispositions pour les obsèques. Ce qui a été le cas dans ce dossier.
Quant au fameux caveau du cimetière de Mougins, Jean-Pierre Marchal dont Ghislaine De Renty était séparée depuis une quinzaine d'années, avait acheté cette concession, qui n'a jamais été utilisée et il a été inhumé avec tous les membres de sa famille au cimetière du Montparnasse à Paris.

De ce qui précède, il appert que Madame Marchal n’a jamais eu l’intention d’être inhumée à Mougins.

Georges Cenci

Administrateur : Georges Cenci

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Eudes Brouf Eudes Brouf ·  08 septembre 2015, 13:50

Cher Monsieur CENCI

Vous indiquez qu' " Après l'autopsie pratiquée le 28 juin 1991 par un collège d'experts ..., la juge d'instruction décidait, après leur rapport, que le corps pouvait être restitué à la famille."

De quel rapport s'agit-il ? Le rapport d'autopsie étant daté au 21 juillet 1991, il ne peut donc pas s'agir de ce dernier.
Existe t' il un rapport "intermédiaire" des experts sur lequel vous vous seriez également basé pour délivrer le procès-verbal aux fins d'inhumer (et sur lequel figure bien le dimanche 23 juin comme date de décès) ?

Merci de votre réponse.

Bien cordialement,

Georges Cenci Georges Cenci ·  09 septembre 2015, 09:09

@Eudes Brouf :
Bonjour.
Comme vous avez pu le lire dans mon ouvrage, la juge d'instruction m'avait délégué ses pouvoirs pour assister et la représenter à l'autopsie. J'ai donc suivi celle-ci assisté de deux de mes collaborateurs et du gendarme VESSIOT mon technicien en investigations criminelles.
Le gendarme SASSI de la brigade de Mougins avait pour mission de noter les constatations médicales sous la dictée des médecins.
Monsieur Montfort, substitut du procureur de la République de Grasse, était aussi présent.

Les trois médecins légistes concluaient qu'il s'agissait d'une mort violente et que celle-ci serait survenue à son domicile le dimanche 23 juin 1991 vers 12 heures à son domicile.

A l'issue de la nécropsie le docteur Page délivrait le certificat de décès et communiquait verbalement les conclusions de l'expertise à Mme ARFINENGO, la juge d'instruction. Je l'informais ensuite afin qu'elle se prononce sur la restitution ou non du corps de la victime et la rédaction du procès-verbal aux fins d'inhumer.

Vu la collégialité des experts et leur conclusion, rien ne s'opposait à ce que le corps soit rendu à la famille. La juge d'instruction en décidait ainsi et me demandait de rédiger le procès-verbal aux fins d'inhumer.

Lors d'une autopsie les gestes médico-légaux effectués sont soit enregistrés à l'aide d'un dictaphone soit manuscrits. C'est la forme manuscrite qui a été utilisée pour être ensuite dactylographiée dans un rapport qui a effectivement été établi et signé le 21 juillet 1991 à St-Cézaire, adresse de l'un des médecins signataire.

Il n'existe donc pas de rapport écrit intermédiaire mais d'un rapport verbal fait par un des médecins-légistes et moi-même.

J'espère avoir répondu à votre question que je vous remercie d'avoir posée et qui atteste que vous êtes soucieux du détail et que vous cherchez à comprendre.

Très cordialement.

Eudes Brouf Eudes Brouf ·  15 septembre 2015, 09:23

Cher Monsieur Cenci

Merci pour vos explications, claires et précises.
Est-il prévu que vous mettiez en ligne de nouvelles pièces du dossier ?
Bien cordialement

Georges Cenci Georges Cenci ·  27 septembre 2015, 15:54

Veuillez tout d'abord m'excuser de n'avoir pu répondre dans un délai raisonnable à votre commentaire mais j'étais en vacances, sans ordinateur ni téléphone ; un vrai plaisir !
J'aurais volontiers mis en ligne les pièces de procédures relatant les diverses mesures de temps et d'itinéraires, du mas St-Barthélémy où travaillait Omar Raddad le jour du meurtre, à la Chamade, la cabine publique, la boulangerie et son domicile. Hélas je ne les retrouve plus. Et ce sont les seules qui me manquent !
Je vais à nouveau m'immerger dans mes archives et si une pièce me semble importante, je la mettrai en ligne et ne manquerai pas de vous en informer.
Très cordialement à Vous.

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