Omar l'a tuée

Vérité et manipulations d'opinions. Enfin une information contradictoire sur l'affaire Omar Raddad.

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Les experts ont-ils pu déceler des traces de sang sur les vêtements de Omar Raddad ?

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Question d'importance à laquelle j'ai déjà répondu dans plusieurs de mes commentaires. Je vais toutefois la développer ici pour celles et ceux qui suivent cette rubrique sans pour autant s'intéresser aux questions des divers intervenants.

La présence de Omar Raddad dans le sous-sol, dans un temps contemporain à l'agression, est démontrée par la découverte sur ses effets personnels de micro-particules en corrélation, à l'état de traces, avec les sédiments prélevés sur la scène de crime. Si les expertises réalisées avaient pu démontrer qu'il y avait du sang de Mme Marchal sur un vêtement porté par Raddad, il est évident que cet élément de preuve, ajouté aux autres, devenait incontestable.
Hélas, les techniques d'exploitation de l'ADN de l'époque n'étaient pas ce qu'elles sont aujourd'hui car la recherche en biologie moléculaire a fait d'énormes progrès ! Que serait le résultat de l'expertise si elle était réalisée aujourd'hui !

Revenons au dossier, à nos investigations et ses suites. Pendant la garde à vue de Raddad, sur ses indications, nous saisissions la paire de chaussures et les vêtements qu'il disait avoir portés le dimanche 23 juin. Ces effets étaient adressés au laboratoire Serma à Bordeaux en vue d'expertises. Vu l'avez lu dans le rapport d'expertise, aucune trace ADN n'a réellement « parlé ». Sur la veste de Raddad étaient extraits 10 ng d'ADN qui n'ont pu être codifiés en raison de la présence d'inhibiteurs ("substances qui à faible concentration bloquent ou retardent une réaction chimique ou biochimique" - Le Petit Larousse).

sang-adn.jpg

J'ai écrit dans mon rapport de synthèse, témoigné à la barre de la Cour d'assises puis relaté dans mon ouvrage que l'absence de taches de sang sur les vêtements portés par Raddad pouvait s'expliquer par le raisonnement en fonction des données du dossier.
Quelles sont ces données :

  • L’absence de sang sur les poignées de la porte de la cave, manipulées obligatoirement par l’agresseur, atteste que celui-ci n’avait pas de sang sur les mains ; pourquoi en aurait-il sur les vêtements !
  • Les 70 à 80 cm environ qui devaient séparer les deux corps lorsque les coups de chevron étaient assénés ;
  • La superficialité de la majorité des coups à l’arme blanche qui situait l’agresseur relativement éloigné de la victime ;

L'examen attentif de la scène de crime - et des dossiers photographiques annexés à la procédure - permettait de se rendre compte qu’aucun des coups n’avait provoqué de jaillissement de sang. Le sang qui s’est écoulé des blessures de Ghislaine Marchal a imprégné le peignoir, et s’est répandu sur le sol. Comme il a été démontré par les différentes expertises, il y a eu extériorisation des blessures et non projection ou jaillissement de sang. Lors du double égorgement par exemple, les artères n'ont pas été sectionnées. C'est un élément décisif à même d'expliquer l'absence de sang sur les vêtements de Raddad. Mais il reste cependant ces 10ng d'ADN que la science de l'époque n'avait pu codifier !

Georges Cenci

Administrateur : Georges Cenci

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