Omar l'a tuée

Vérité et manipulations d'opinions. Enfin une information contradictoire sur l'affaire Omar Raddad.
«En 1894 on condamnait un jeune officier parce qu’il avait le seul tort d'être juif ; en 1994 on condamnait un jeune jardinier qui avait lâchement tué une femme âgée sans défense. En 1906 Alfred DREYFUS fut réhabilité alors que Omar RADDAD est un condamné définitif. Un était innocent, l'autre est coupable ». - Georges Cenci

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La destruction des photos m'a toujours troublée

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Question reçue sur la page Facebook de ce site web, le 20 décembre 2012, de Patricia R.

La destruction des photos m'a toujours troublée. Au début, comme beaucoup, lorsque je ne connaissais pas suffisamment l'affaire, et que la défense les présentait comme un élément de doute... ce qui n'est plus le cas... Cependant, je m'étonne que aucune des personnes figurant sur ces photos, ni la famille n'aient souhaité les conserver... y a-t-il une explication à ça ?

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Vous êtes une fidèle de ce site d'information, que vous relayez sur Facebook. Je vous en remercie. Je comprends tout à fait que le matraquage avocato-médiatique sur la destruction des photographies vous ait troublée. Vous savez et vous l'avez constaté si vous avez lu mon ouvrage, la défense était quelque peu désemparée et n'avait pas d'autre alternative que de claironner devant micros et caméras que l'enquête était bâclée, mal ficelée, tronquée voire truquée et que sais-je encore !
La défense ne savait plus quoi inventer pour exister ! Elle pérorait beaucoup mais ; je ne voudrais pas me montrer présomptueux, se heurtant à une enquête fouillée, elle ne pouvait que s'agripper à des éléments épars pour enfumer l'opinion et tenter de faire pression sur la justice. Les exemples ne manquent pas : Vergés lors du procès fait état de ses soupçons sur un certain Gilbert Foucher ̶ qui se trouvait au Maroc le jour du meurtre ̶ mais il ne le cite pas à comparaître. C'est d'un ridicule ! L'incohérence des soupçons sur la femme de ménage pour un meurtre le 23 juin tout en s'efforçant de démontrer que celui-ci a eu lieu le 24 à la suite de l'erreur matérielle de dactylographie par la secrétaire ayant mis en forme le rapport expertal ; etc... etc...
Je me suis écarté du sujet et donc de votre question.
Comme je l'ai expliqué par ailleurs, après avoir fait développer la pellicule nous nous sommes aperçu que les tirages n'étaient pas utiles à la manifestation de la vérité. Et pour cause ! N'aurais-je pas été malhonnête de les détruire, ne pas établir un procès-verbal de saisie puis de destruction administrative ? Ceci n'a même pas effleuré mon esprit car contraire à mes principes.
Lorsque j'ai montré les photographies au juge d'instruction, il a convenu, comme moi, qu'il était inutile de maintenir cette saisie ; ce que permet le Code de procédure pénale (art. 97 alinéa 5). D'où la destruction administrative actée dans la procédure sur commission rogatoire.
A aucun moment il n'a été évoqué entre le juge d'instruction et moi-même la possibilité de proposer ces photographies à la famille ou aux personnes qui y figuraient. Logique à mon avis. Soit nous les saisissions, les placions sous main de justice si, je le répète, ces photographies avaient un intérêt pour l'information judiciaire, soit nous les détruisions après accord du juge d'instruction. Ce qui fut fait.
Je précise que seul le juge d'instruction ou l'officier de police judiciaire par lui requis a le droit de prendre connaissance des objets ou documents avant de procéder à la saisie.
Pour conclure, j'ai rédigé par ailleurs que ce détail avait pris des proportions sans commune mesure avec son intérêt. Avec le recul du temps, je confirme qu'il aurait été préférable de maintenir la saisie mais, qui se doutait à ce moment-là de l'ampleur médiatique de ce dossier ?
J'espère avoir répondu à votre question.
Avec mes hommages respectueux.

Georges Cenci

Administrateur : Georges Cenci

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MP MP ·  21 juillet 2019, 03:45

Bonjour,

De cette explication, il ressortirait que la justice ayant, dans le cadre d'une enquête criminelle, saisi des biens appartenant à des tiers comme pièces à conviction, et considérant éventuellement que ces biens n'apportent aucun élément utile à la manifestation de la vérité, elle aurait tout loisir de procéder à leur destruction, sans obtenir la moindre autorisation des ayant-droit.

J'attends impatiemment l'application de ce principe à une toile de maître, un véhicule de collection, voire à une bâtisse entière.

Je crains cependant que la justice administrative ne voit la question sous un jour entièrement différent et moins libéral pour les services de l'état.

Saisie judiciaire n'est pas aliénation définitive.

Par définition, dans la mesure où la puissance publique ne peut, ou ne veut pas justifier de la saisie d'un bien appartenant à un tiers, elle doit naturellement lui en rendre la pleine et entière jouissance.

Par conséquent, et comme vous le reconnaissez d'ailleurs dans une autre publication de ce blog, il y avait une autre alternative que la destruction ou le maintien de cette pellicule dans l'inventaire des pièces à conviction, c'est tout simplement sa restitution aux ayant-droit.

Cordialement,

MP

MP MP ·  21 juillet 2019, 03:59

"Avec le recul du temps, je confirme qu'il aurait été préférable de maintenir la saisie mais, qui se doutait à ce moment-là de l'ampleur médiatique de ce dossier ?"

Vous-même n'avez vous pas indiqué au magistrat instructeur la masse de publications concernant l'affaire et qui semblaient, presque toutes, être en faveur de l'inculpé ?

L'emballement médiatique, que nous avons connu, contemporains des faits, a été absolument immédiat (Eté 91) et vous le savez plus que tout autre, pour vous être senti lancé dans l'oeil du cyclone médiatique.

Peu convaincante sur le plan du Droit administratif, votre explication ne l'est pas plus sur le plan psychologique, sauf à vouloir presque délibérément endosser le rôle caricatural du "bad cop".

Votre aveu rétrospectif de la maladresse de cet acte de procédure, dont les bases légales quant à la destruction de la pellicule me paraissent d'ailleurs fragiles, me font me demander si toute cette attention médiatique, peu favorable il est vrai, ne vous a pas en partie retiré la capacité de jugement nécessaire au chef.

Cordialement,
MP

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