Omar l'a tuée

Vérité et manipulations d'opinions. Enfin une information contradictoire sur l'affaire Omar Raddad.
«En 1894 on condamnait un jeune officier parce qu’il avait le seul tort d'être juif ; en 1994 on condamnait un jeune jardinier qui avait lâchement tué une femme âgée sans défense. En 1906 Alfred DREYFUS fut réhabilité alors que Omar RADDAD est un condamné définitif. Un était innocent, l'autre est coupable ». - Georges Cenci

Aller au contenu | Aller au menu | Aller à la recherche

Quels sont les éléments qui permettent de situer le lieu de l'agression ? Pourquoi Mme Marchal se trouvait-elle dans le sous-sol de sa résidence ?

5874 lectures

Je rappelle que la victime a été retrouvée morte, barricadée dans le sous-sol de sa résidence dont la seule porte d'accès était fermée à clé de l'extérieur.

Il est tout à fait logique de se demander les raisons pour lesquelles Mme Marchal, un dimanche et en sortie de bain, alors qu'elle était invitée à un déjeuner d'anniversaire se trouvait en ce lieu. Qu’était-elle venue y faire ? A-t-elle été agressée dans cette partie de l'habitation ou ailleurs ?
Nous avons examiné les trois hypothèses possibles : l’agression à l’intérieur de l’habitation ; dans la cour et enfin dans la cave. Les trois cas de figure étant possibles.
Après réflexion et confrontation des éléments objectifs du dossier, nous écartions l’agression à l’intérieur de l’habitation et celle dans la cour.

Pour plusieurs raisons évidentes et logiques. En effet, l’absence de désordre, de trace ou d’un quelconque indice à l’intérieur de l’habitation ne permettait de supposer la présence d'un agresseur. Si celui-ci avait surpris Ghislaine Marchal dans son habitation, il n’avait aucun intérêt à en sortir avec elle. Pourquoi aurait-il pris le risque, majeur pour lui, d’être vu ou entendu par un voisin ou un éventuel passant occasionnel lors de la traversée de la cour ? N'aurait-il pas eu aussi à considérer le risque que sa victime ne réagisse en raison de sa forte personnalité.
Un autre élément nous a paru important pour écarter ces deux hypothèses. En effet, nous avons retrouvé dans le sous-sol les chaussures à talons compensés que Ghislaine Marchal utilisait à l’extérieur ce qui prouvait qu’elle les avait volontairement enfilées pour sortir. Ses chaussons d'intérieur que nous avons saisis étaient eux près de son lit.
Le dernier élément est lié à la fermeture de la porte de la cave et paraît fondamental pour écarter ces hypothèses. Il était en effet nécessaire pour la victime ou l’agresseur de prendre la clef de la cave. Encore fallait-il savoir que la porte était toujours verrouillée et connaître l’emplacement de la clé.
L'illogisme de ces deux cas de figure nous faisait privilégier l’agression directe dans le sous-sol.

Se posait alors la question de savoir ce que Mme Marchal était venue faire ce dimanche vers midi, dans le sous-sol de sa propriété ! A nouveau, nous considérions trois hypothèses : celles de la cave à vins ; de la chaufferie et du système de régulation d’eau de la piscine.
Tenant compte des révélations de l'enquête, nous excluions la visite de la cave à vins. Mme Marchal n’avait pas pour habitude, lorsqu’elle acceptait une invitation, d’offrir une bouteille de vin. Il n’était donc pas dans ses intentions de se rendre chez les Koster avec une bonne bouteille. Par contre nous retrouvions, emballé dans un paquet cadeau, un ouvre-lettre à pile, acheté le 19 juin et vraisemblablement destiné à Monsieur Koster. Si Mme Marchal s'était rendue dans le sous-sol pour prendre une bouteille de vin, nous aurions retrouvé la clef qui permettait d'ouvrir la porte donnant accès à la cave à vin. Nous n'avons pas retrouvé de clé que ce soit dans une des poches de son peignoir, sur le sol ou sur la serrure de la porte ; qui était verrouillée.
En ce qui concerne la chaudière, bien qu’il lui arrivait de descendre au sous-sol pour la régler, cette possibilité était écartée car la société d'entretien était intervenue le 2 avril 1991 et un de ses employés constatait le 3 juillet son bon fonctionnement. L’artisan chargé de son entretien, considérait que la chaudière fonctionnait très bien et n’avait pas de panne particulière, même ponctuelle.
phorto 18Restait l’hypothèse la plus évidente: l’intervention sur le circulateur d’eau de la piscine. L’enquête établissait en effet que Ghislaine Marchal procédait régulièrement à certains réglages et entretien courants. Son amie, Erica Serin, venant de lui confirmer au téléphone qu’elle acceptait son invitation pour le lendemain, n'était-il pas logique que Mme Marchal réactive l’aspirateur automatique ou complète les produits d’entretien !
C'est cette hypothèse qui s'est imposée.

Georges Cenci

Administrateur : Georges Cenci

Restez au courant de l'actualité et abonnez-vous au Flux RSS de cette catégorie

Guy Guy ·  03 février 2013, 13:47

Bonjour,
Juste une précision sur un détail :
Nous savons que lorsque madame Marchal envoyait quelqu'un dans la cave ( afin d'y ranger quelque chose, ou pour remplir la cuve de fioul ou entretenir la chaufferie ) elle s'assurait systématiquement, une fois la tâche effectuée, de la fermeture de la porte à clef et récupérait immédiatement cette dernière.
Elle y tenait beaucoup. Sa femme de ménage a précisé qu'elle le demandait à chaque fois.
Selon moi, quand elle s'est rendue dans la cave ce 23 juin 1991, elle s'est saisie d'une clef se trouvant à son domicile, elle l'a prise dans le tiroir haut de son secrétaire mais plus vraisemblablement dans son entrée, accrochée derrière la porte.
Selon le déroulement du crime que vous avancez, si Omar Raddad a refermé la porte de la cave avec la clef se trouvant dans le local à bois, accrochée sous le taille-haie, qu'est devenue celle utilisée par sa patronne. L'avez-vous retrouvée dans l'uns des poches du peignoir ou quelque part dans la cave ?
Je ne sais pas si cette question a déja été soulevée, je n'ai pas lu tous les commentaires. Merci.

Georges Cenci Georges Cenci ·  06 février 2013, 10:55

@Guy : Excellente question dont je n'ai pas souvenir qu'elle a été soulevée.
Aucune clé n'a été trouvée tant dans le sous-sol que dans une poche du peignoir de Mme Marchal. Il est alors légitime de se poser la question de savoir quelle clé a été utilisée par celle-ci.

Les gendarmes, lorsqu'ils sont à la recherche d'une clé pour pouvoir pénétrer dans le sous-sol, trouvent, dans une ancienne boîte à cigares déposée dans le tiroir haut du meuble secrétaire de la chambre de la victime, plusieurs clefs dont une portant l'étiquette « chaufferie ». C'est cette clé que le gendarme Liedtke utilisera pour ouvrir la porte.
Plus tard, dans la continuité des actes, une clé sera retrouvée, suspendue à un clou, sous un taille-haie, dans le local en bois situé en haut de la volée de marches de l'escalier desservant le sous-sol.
Un de mes collaborateurs a inventorié les clefs de la résidence. Son activité, résumée dans mon rapport de synthèse, n’apportera aucun éclairage nouveau, si ce n'est qu'aucune serrure n’était pourvue du même nombre de clefs ; de deux à cinq.
Pour ce qui concerne celles du sous-sol, trois ont été recensées : deux se trouvaient dans la boîte à cigares, une, suspendue à un clou dans le local à bois.

Les témoignages recueillis lors de l'enquête sur ce point de détail font état de ce que les artisans de divers corps de métier qui viennent ponctuellement travailler à La Chamade et qui, pour les besoins de leur art, doivent descendre au sous-sol, demandent systématiquement la clef à Mme Marchal, puis la restituent après intervention.
Ils déclarent que cette porte était toujours verrouillée ; que Mme Marchal ne leur avait jamais spécifié qu'une clé était à leur disposition dans le local à bois.
Liliane Receveau, la femme de service et Christian Veilleux, le fils de la victime, l'ignoraient également.
Seul Omar Raddad le déclare au juge d'instruction le 25 juin 1992 (cf. pièce D26, page 6).
Certaines dépositions font état d'une clé suspendue dans le hall d'entrée ou dans la cuisine ; hypothèse la plus probable, d'autres laissent supposer que la clé découverte dans le local à bois n'est pas à son emplacement habituel.
Deux personnes déclarent qu'une clé se trouvait toujours sur la porte du sous-sol : Liliane Receveau lors d'une de ses auditions (pièce 1541/20) déclare qu'il s'agissait d'une des clés retrouvée dans la boîte à cigares (scellé n° 3). Cependant, il est impossible que cette clé ait pu séjourner, vu son état (absence d'oxydation), à l'extérieur ; et Omar Raddad qui ne précise pas ses caractéristiques.

Est-il possible de tirer une conclusion pertinente sur cette question ? Par la logique oui !
Vous émettez deux hypothèses : Mme Marchal a-t-elle pris une clé se trouvant dans la boîte à cigares ? Ou derrière la porte d'entrée de l'habitation ?
Au vu des éléments de l'enquête, il est possible de développer plusieurs hypothèses.

Quelques détails sont probants : la clé retrouvée dans le local à bois est celle qui était, vu son état (patinée et sale), la plus utilisée ; ce n'était pas le cas des deux autres. Première conclusion : les clés contenues dans la boîte à cigares étaient rarement utilisées.
Si Mme Marchal a pris une des deux clés déposées dans la boîte à cigares, le meurtrier l'aura remise en place lorsqu'il s'est emparé de l'argent contenu dans le sac à main de la victime ; sac qui se trouvait sur l'abattant de ce même meuble secrétaire ;
Si Mme Marchal a utilisé la clé se trouvant suspendue dans le hall d'entrée ou dans la cuisine, le meurtrier l'aura « mise au clou » sous le taille-haie dans le local à bois après son forfait ;
S'il existait une quatrième clé, le meurtrier aura eu tout loisir de la faire disparaître.
Cela fait beaucoup de « si » !
Cela fait beaucoup d'hypothèses, elles sont toutes plausibles. Mais, la logique du dossier incline à penser que, ce jour-là, Mme Marchal n'a pas utilisé une des deux clés de la boîte à cigares. Pourquoi ? Si tel avait été le cas, elle n'aurait pas rangé cette boîte où nous l'avons trouvée mais elle l'aurait laissée sur l'abattant du meuble secrétaire en attendant d'y remettre la clé.
Elle a vraisemblablement utilisé la clé qu'elle avait disponible, à portée de main, soit dans la cuisine, soit dans l'entrée. Cette thèse tend à renforcer les auditions de plusieurs témoins qui s'accordent à dire que Mme Marchal leur remettait systématiquement une clé pour pouvoir intervenir dans la sous-sol. Si ces mêmes personnes lui rapportaient la clé cela signifie que celle-ci avait sa place soit dans le hall soit dans la cuisine.
C'est cette clé qui a été retrouvée dans le local à bois où le meurtrier l'a suspendue sous le taille-haie après son forfait.

Tous les éléments de recherches et constatations concernant ces clefs ont été exposés ou rappelés avec précision par le président qui les a soumis au débat oral et contradictoire de la cour d'assises.
Je n'ai pas souvenir que cela ait suscité des contestations ou réserves de la part des parties. Là n'était pas semble-t-il un élément de preuve déterminant.

Cordialement.

maryline maryline ·  02 mars 2013, 02:09

bonsoir

la porte du local à bois était-elle verrouillée à clef le jour de la découverte du corps? Omar Raddad possédait-il une clef qui pouvait verrouiller toutes ces serrures ? "portail d'entrée de la propriété, local à bois et cave". Dernière précision svp : où rangeait-il ses outils pour tailler les haies ou jardiner d'habitude? car Mme Receveau affirme qu'elle n'a jamais vu de cisaille ni de clef dans ce local a bois. Merci de toutes ces précisions.

Cordialement.

Georges Cenci Georges Cenci ·  02 mars 2013, 09:18

@maryline : Bonjour. La porte du local à bois n'était pas verrouillée. Dans le cadre de l'enquête administrative ouverte pour expliquer la disparition de Mme Marchal, les gendarmes constataient qu'une seule porte de la résidence était verrouillée : celle du sous-sol (parfois qualifié cave). Il me semble d'ailleurs sur une des photographies mises en ligne sur le blog, apercevoir une clé dans la serrure.
Raddad ne possédait que la clef lui permettant d'ouvrir le portillon de la propriété. Il rangeait ses outils dans le local à bois ; dont cette fameuse cisaille (page 125 de Omar l'a tuée) et autres outils et produits de traitement.
Cordialement.

Maryline Maryline ·  04 mars 2013, 15:26

Bonjour et merci pour votre réponse.. Je suis d'accord avec vous concernant l'arme du crime. C'est logique car la clef du sous sol a été retrouvée derrière cette cisaille!!donc l'assassin l'a forcément eue entre les mains ce jour la... il a penetré dans le local a bois, que viendrait t'il y faire si la cisaille n'était pas l'arme? Il a reverouillé le portail en partant, ce qui prouve que le meurtrier avait la clef du portail sur lui, mis la clef sous la cisaille, laissé en evidence les armes ayant servi à tuer, pas lavé ses vetements... Je trouve que Mr Raddad a laissé trop de preuves menant à lui, cela justifie que son acte n'était en effet pas prémédité... J'ai entendu dire qu'il existe un produit permettant de retrouver des traces de sang qui ont étés éfacées.. Avez vous fait ces tests sur la cisaille?

Salutations.

GOUVY Claude GOUVY Claude ·  06 mars 2013, 11:46

@Georges Cenci :
Bonjour Monsieur Cenci.
Votre correspondant "Guy" et vous même n'envisagez pas du tout le fait que le meurtrier (Omar Raddad, jusqu'à nouvel ordre) ait lui-même ouvert la porte de la cave avec la clef se trouvant dans la réserve à bois. Je m'en étonne, car est-il impossible de supposer qu'il, Madame Marchal ayant pour habitude de se lever en fin de matinée, ait habituellement utilisé, pour ne pas la déranger quand il commençait tôt le matin, un double en sa possession ou la clef se trouvant dans la réserve?
Bien que ce ne soit pas très scientifique, j'ai l'intuition que ce n'est pas Madame Marchal qui s'est rendue la première dans cette cave, mais que le meurtrier l'a précédée pour une raison ou l'autre. Emprunt de matériel etc... (voir déclaration de Mme Receveau et réaction courroucée de Mme Marchal concernant ces emprunts de matériels).

Bonne journée.

Claude G.

Georges Cenci Georges Cenci ·  22 mars 2013, 18:04

@Maryline : Bonjour.
Il convient avant-tout de se méfier de ces auteurs, dans quelque discipline qui soit, qui prétendent rapporter le déroulement d'une enquête, qu'ils n'ont pas vécue et se permettent cependant de donner leur point de vue qui parfois manque de pertinence.
Ce que vous avez lu de cet auteur n'est pas le compte-rendu de l'enquête sur le meurtre de Ghislaine Marchal car cette personne est tout à fait étrangère au dossier.
Je vous conseille pour asseoir votre exposé oral de vous reporter aux rapports des experts que vous trouverez en ligne sur le site : http://omarlatuee.free.fr.
L'auteur de l'article a été prolixe ; je lui avais fait remarquer par message qu'il interprétait à sa façon beaucoup de détails et que, parfois, il se fourvoyait. Logique puisqu'il faisait parfois référence à des articles de presse, au livre du criminel et de l'opportuniste Vergés qui sont des écrits partisans, perclus de contre-vérités et de mensonges.
Il écrivait que : « Quatre jours après la découverte du corps une autopsie est pratiquée par les docteurs Page, Macario et Ménard. Deux points cruciaux de l’autopsie seront critiqués : l’absence de relevé décadactylaire et la datation de la mort. » Il précisait cependant que le relevé décadactylaire était joint à la procédure ; ce qui est exact. Les empreintes digitales sont systématiquement relevées (lorsque cela est possible) sur un cadavre avant de pratiquer l'autopsie.
Quant à la datation de la mort, elle tenait compte de l'examen de levée de corps, de l'autopsie, d'autres rapports expertaux et des données de l'enquête. Et le croisement de ces conclusions démontrait avec précision la datation de la mort. C'est la faute de frappe de la dactylo des médecins sur le quantième du mois (24 au lieu du 23) qui avait fait polémique.
Par contre, je ne vois pas le lien de causalité entre le relevé décadactylaire et l'autopsie pratiquée ! Je ne vois pas non plus pourquoi l'enquête aurait été « freinée » !
Je vous confirme que nous n'avons pas eu à exploiter le relevé décadactylaire, et que l'enquête et l'information judiciaire n'ont pas eu à pâtir de l'erreur de dactylographie.
Très cordialement.

Georges Cenci Georges Cenci ·  22 mars 2013, 18:07

@GOUVY Claude : Raddad a terminé son travail vers midi au mas St-Barthélémy chez Mme Pascal. De ce fait, le raisonnement que vous formulez ne tient pas. D'autant plus qu'il convient de tenir compte de l'emploi du temps de Mme Marchal dans la matinée (voir les communications téléphoniques et les horaires – dernier appel à 11 heures 50). C'est à la suite de cette communication qu'elle se rend dans la cave pour actionner le système de régulation de la piscine. Raddad est arrivé peu après, il est entré dans la cave car il a constaté que la porte était ouverte et que le sous-sol était éclairé.
Raddad n'avait pas à descendre au sous-sol lorsqu'il venait travailler ; les outils et autres produits se trouvaient dans ce que l'on appelle le local à bois dont la clé était sur la serrure. D'autre part, il convient de tenir compte que les artisans qui devaient se rendre au sous-sol demandaient systématiquement la clé à Mme Marchal et la restituait à l'issue de leur prestation.
La clé que nous avons retrouvée suspendue sous la cisaille était celle la plus utilisée – pour ne pas dire la seule – car sale et patinée alors que deux autres clés, non oxydées et en excellent état, se trouvaient dans la boîte à cigares déposée dans le tiroir haut du meuble secrétaire.
D'autre part en supposant qu'une clé était suspendue en permanence dans le local à bois, que serait venu faire Raddad dans le sous-sol ? Pour y prendre quoi ? La chaudière, le système de régulation de la piscine, la cuve à mazout !
Très cordialement.

MP MP ·  20 juillet 2019, 17:21

Bonjour,

Comme souvent, malheureusement, vous pêchez dans vos raisonnements par excès d'esprit démonstratif. Cet excès peut parfois ouvrir la porte à des contestations, pourtant évitables en restant dans le cadre des éléments incontestables.

En réponse au message laissé M. GOUVY Claude, vous indiquez que :

1°"D'autant plus qu'il convient de tenir compte de l'emploi du temps de Mme Marchal dans la matinée (voir les communications téléphoniques et les horaires – dernier appel à 11 heures 50). C'est à la suite de cette communication qu'elle se rend dans la cave pour actionner le système de régulation de la piscine. "

Ne vous déplaise, "à la suite" ne signifie pas, et n'a jamais signifié, "dans l'instant".

Par conséquent, rien dans la chronologie des appels passés ou reçus par Mme. Marchal n'interdit la possibilité que son meurtrier se soit trouvé, dans la mesure où il disposait d'une clef lui permettant d'y accéder, dans le sous-sol avant que Mme. Marchal ne s'y rende elle-même pour y procéder à des réglages sur le système d'entretien de la piscine (hypothèse).

Tout au plus peut on affirmer que dans la mesure où, fort logiquement, Mme. Marchal, veillait à conserver la disposition de la clef permettant d'accéder au sous-sol, il est peu probable (mais pas impossible) qu'elle en ait laissé un exemplaire de façon permanente à la disposition de son jardinier.

2° "D'autre part en supposant qu'une clé était suspendue en permanence dans le local à bois, que serait venu faire Raddad dans le sous-sol ? Pour y prendre quoi ? La chaudière, le système de régulation de la piscine, la cuve à mazout "

Inversons le raisonnement pour en tester la validité :

Si rien d'intéressant, au sens délictueux de ce mot, ne se trouve dans ce sous-sol, pourquoi Mme. Marchal en conserve le moyen d'y accéder (la clef) sous bonne garde en son domicile ?

Que trouve t-on, dans ce sous-sol, en dehors de la chaudière, du système d'entretien et d'épuration de la piscine, de la cuve à mazout et de quelques gravats et autres déchets de chantier ?

Et bien, l'on y trouve une cave à vins !
Cave à vins dont on peut supposer, eu égard aux moyens financiers de feu M. Marchal, qu'elle n'est pas seulement remplie de vins grossiers et autres aimables piquettes.

En spécialiste, vous connaissez naturellement le rôle que tient le vol de bonnes bouteilles dans la "délinquance ancillaire" ?

Le vin, quand il s'agit de grands crus, est une espèce facile à revendre (sans parler de sa consommation !) et d'un rapport particulièrement intéressant pour celui qu'il l'a obtenu gratuitement par le biais d'un vol.

C'est d'ailleurs la raison pour laquelle Mme. Marchal, maîtresse-femme et maîtresse de maison accomplie, élevée dans un milieu où les caves et les vins de qualité font partie de l'environnement quotidien, savait devoir garder soigneusement fermé à clef un local dont aucun autre élément ne méritait par ailleurs une surveillance aussi étroite, comme vous le relevez non sans ironie.

3° De même, mes origines sociales me font dire qu'il est peu probable que le "local du jardinier", c'est à dire le local à bois, ai été laissé "ouvert à tous les vents".
Car si le vol de vins est une occurence courante, le vol d'outillage, ou de produits d'entretien et d'amendements, ne l'est pas moins.

Votre enquête a t-elle, à ce niveau, pu déterminer qui disposait de la clef du local à bois, et quelle était la gestion par Mme. Marchal ?

Cordialement,

MP

Georges CENCI Georges CENCI ·  25 juillet 2019, 11:33

@MP :
Quant au lieu de l'agression : Que voulez-vous que Raddad aille faire dans le sous-sol ne sachant pas si la victime allait s'y rendre ? Voler des bouteilles de vin ? Je trouve votre raisonnement limite tenant compte des raisons pour lesquelles Raddad s'est rendu à La Chamade ce jour-là. Révisez la question.
J'ai déjà répondu à votre conclusion.
Bien à vous.

Ajouter un commentaire Fil des commentaires de ce billet

no attachment



À Voir Également

GM.jpg

Qu'en est-il de cette fameuse piste de l'Ordre du Temple Solaire ?

Il faut remonter dans le temps et se plonger dans le réquisitoire de l'avocat général devant la Cour de révision des condamnations pénales qui évoquait brièvement quelques péripéties dont la Commission de révision avait fait litière, notamment la piste suisse que les détectives d'opérette avaient lancée avec la complicité d'une certaine presse mercantile.

Lire la suite

meuble_secretaire.jpg

Qu'en est-il des armes du crime avancées par le détective Moreau ?

Vous qui avez suivi l'actualité effrénée de la presse déroulant le tapis rouge aux avocats de la Défense et aux détectives qu'ils stipendiaient, vous avez effectivement constaté pléthore d'armes du crime. Nous en venons peut-être à bout avec celles présentées par Moreau. Ne pouvant assumer la paternité de l'arme proposée par Naranjo, il fallait bien qu'il en trouvât au moins une ! Cela ne posait aucun problème à notre « criminaliste » ; mais la baudruche se dégonflait aussi vite.

Lire la suite