Omar l'a tuée

Vérité et manipulations d'opinions. Enfin une information contradictoire sur l'affaire Omar Raddad.

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Quel est, selon vous, le scénario de l'agression ?

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[Nouvelle rubrique. Introduction à découvrir ICI.]

Comme je l’exposais au magistrat instructeur dans mon rapport de synthèse, nous avons reconstitué le scénario de l’agression en tenant compte des éléments objectifs du dossier mais aussi de quelques éléments subjectifs.

Omar Raddad est venu ce dimanche 23 juin 1991 à La Chamade, peu après midi, pour demander à son employeuse une nouvelle avance sur salaire. Il n’avait certainement pas l’intention de la tuer. Omar Raddad n’est pas un tueur, je reste persuadé qu’il n’était même pas un délinquant occasionnel. Il est devenu un meurtrier car il était prisonnier de son vice, le jeu.

Omar Raddad quitte le mas St-Barthélémy propriété de Mme Pascal où il travaillait ce dimanche matin, sur un cyclomoteur qui est son seul moyen de locomotion. Il monte le chemin St-Barthélémy puis emprunte l’impasse du même nom qui conduit à La Chamade. Il a les clefs du portail, qu’il ouvre. Le court chemin qui mène à la résidence est à forte déclivité. Il coupe le moteur de son engin, et le gare sur le parking en son lieu habituel, en haut de l’escalier qui dessert le sous-sol. Il remarque que la porte d’entrée de la cave est ouverte et que le plafonnier est éclairé. Il sait que sa patronne vit seule et suppose qu’elle doit se trouver dans la cave. Il descend les marches qui le conduisent au sous-sol. Très rapidement, il la voit affairée dans le fond de la pièce au système de régulation d’eau de la piscine. Il se dirige vers elle. Ghislaine Marchal est certainement fort surprise de cette visite, qu’elle n’attend pas. Elle refuse de céder à la requête, attendu qu’elle avait convenu avec Francine Pascal qu’il ne fallait plus avancer, dans son intérêt, de l’argent à Omar, dont les demandes étaient de plus en plus fréquentes et pressantes. Elle a dû être catégorique, car le 14 juin elle avait avancé de l’argent à son jardinier qui avait bien entamé son mois de juillet.

Ghislaine Marchal n’a pas dû apprécier cette démarche jugée incongrue. D’autre part, elle n’avait pas fini de s'apprêter pour se rendre chez les Koster. Son refus est sans appel et sa décision énergique et brutale. Omar Raddad insiste. Il lui faut absolument de l’argent car il n’a pas payé ses loyers. Comment va-t-il l’expliquer à Latifa, son épouse ? Il est acculé par cet état de nécessité. Il persiste, ce qui doit provoquer une réaction verbale violente de sa patronne, qui le chasse. C’est vraisemblablement à ce moment-là que Omar Raddad décide de la supprimer ; pour lui permettre le vol de l’argent qu’il sait trouver dans le sac à main. Il n’a qu’une autre alternative, s’excuser et quitter la propriété. Il en a encore la possibilité, mais le besoin d’argent est trop fort.

plan_sous_sol.jpgOmar Raddad recule et s’éloigne. Au lieu de quitter le sous-sol, il se dirige sur sa gauche, vers le vide sanitaire, et disparaît de la vue de Ghislaine Marchal qui, naturellement intriguée, se porte dans sa direction et se retrouve, au détour de la chaufferie, face à celui qui avait décidé de devenir son meurtrier. Il agite un chevron qu’il vient de ramasser dans le dépôt de déchets de matériaux. Il lui assène un premier coup qui provoque la chute de son bridge. Quatre autres coups violents suivent. Ses mains sont bien un rempart fragile pour protéger sa tête contre une telle furie meurtrière. Cependant, ces coups ne sont pas suffisants pour tuer. Omar Raddad doit aller jusqu’au bout. Il ne peut pas se permettre de la laisser vivante. Il doit l’achever pour empêcher la dénonciation. Il ne porte pas de couteau, mais sait où trouver une arme de substitution : un taille-haie, suspendu habituellement dans le local à bois. Cet instrument, j’ai l’intime conviction que Omar Raddad l’a utilisé comme arme pour parachever son meurtre et commettre le vol par la même occasion. Je ne suis pas le seul à le penser.
Les 15 coups d’arme blanche, disséminés sur tout le corps, quand le meurtrier les a-t-il portés ? Avant ou après le vol des numéraires qui se trouvaient dans le sac à main. Il n’y a que lui qui puisse le dire. Il ne le dira jamais. Aucun élément objectif du dossier ne permet en effet d’étayer une hypothèse. De plus, les expertises médico-légales n’apportent aucun élément de réponse à la chronologie des coups.

Omar Raddad fait cependant une erreur qui lui sera fatale. Il ne s’assure pas de la mort de Ghislaine Marchal. Il abandonne le sous-sol et verrouille la porte de la cave à clef. Il la suspend ainsi que le taille-haie à leur emplacement habituel. Il quitte La Chamade avec l’argent pris dans le sac à main. Personne ne le remarque, personne ne l’entend.

Toutefois, cette agression avait eu un témoin obligé... la victime ! Qui, avant de mourir, a eu le courage d'inscrire son ultime témoignage sur les deux portes intérieures du sous-sol.

Georges Cenci

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Jean Marie Jean Marie ·  19 mai 2015, 15:36

Bonjour,
Je reviens vers vous et sur votre site que je dévore sans cesse. J'avais écrit quelques réflexions sur votre ouvrage il y a quelques années et dans lesquelles je vous confiais que ce dernier était magnifique. (Vous devriez recevoir d'ici peu votre ouvrage afin d'y déposer votre dédicace). J'interviens sur ce fil de discussion et vous propose après lecture du scénario possible de l'agression que vous suggérez, un complément sorti de mon imagination, à cette agression... juste après les premiers coups de chevron reçus par la victime. Je mettrais tout cela avec des points d'interrogation, afin d'avoir votre sentiment sur cette hypothèse.

Donc, madame Marchal reçoit les coups de chevron.
"Elle tombe inconsciente au sol, pendant ce temps, Omar se précipite dans le petit local en haut des escaliers, pour prendre les cisailles, cela doit prendre 1 ou 2 minutes, il redescend dans le local pour "achever" Madame Marchal.
Pendant ce temps, (je mets des précautions d'écriture sur tout ce qui suit). Madame Marchal s'est donc relevée, ou bien, à t'elle marché un peu vers la sortie pour le fuir, pendant la brève absence de Omar ?

D'après vous, savez-vous, ou faites vous des hypothèses sur l'endroit exact dans le local, où sont portés les coups de cisaille, une fois les coups de chevron donnés ?
La victime a t'elle pu ramper, se mettre debout, changer d'endroit dans le local entre le départ de Omar pour aller chercher les cisailles et son retour ? (Je parle sous votre autorité, les coups de cisaille ont été donnés alors que la victime était debout.)

Qu'en pensez-vous ?
Bien à vous Cher Monsieur CencI.
Jean Marie.

Georges Cenci Georges Cenci ·  20 mai 2015, 15:20

@ Jean-Marie

Bonjour

Le scenario de l'agression tel que je l'ai relaté dans mon rapport de synthèse remis au juge d’instruction puis que j'ai repris dans mon ouvrage, tient compte des éléments objectifs et de quelques éléments subjectifs. Avant tout, j'ai tenu compte de la configuration des lieux, des taches de sang et, pour répondre à votre question de la position du bridge de la victime.
Les coups de chevron ont provoqué le chute du bridge. Cette première agression a eu lieu à proximité de la porte de la chaufferie (voir croquis de l'état des lieux). Vous avez lu que les coups étaient d'une extrême violence mais insuffisants pour provoquer la mort.
Bien évidement, nous nous sommes posé la question de savoir quand les coups d'arme blanche ont été portés. Comme je l'ai précisé à la rubrique Questions/Réponses : « Quel est selon vous le scenario de l'agression ? » : « Les 15 coups d’arme blanche, disséminés sur tout le corps, quand le meurtrier les a-t-il portés ? Avant ou après le vol des numéraires qui se trouvaient dans le sac à main. Il n’y a que lui qui puisse le dire. Il ne le dira jamais. Aucun élément objectif du dossier ne permet en effet d’étayer une hypothèse. De plus, les expertises médico-légales n’apportent aucun élément de réponse à la chronologie des coups. »
Si je me rapporte à l’expertise médico-légale, Mme Marchal lorsqu'elle a reçu les coups d'arme blanche était soit debout, à genou ou couchée. la victime étant soit statique soit en mouvement (rapport d'expertise du 2 novembre 1991). Les trajets des coups étaient légèrement ascendants (rapport d'expertise du 21 juillet 1991).
Difficile alors de privilégier une hypothèse par rapport à une autre.
1ère hypothèse : Raddad s'aperçoit que les coups de chevron ne sont pas venus à bout de sa malheureuse victime, il se précipice vers la sortie, monte les marches de l'escalier et, dans le local à bois, saisit le taille-haie. Il redescend précipitamment pour agresser Mme Marchal avec cet outil dont j'ai démontré qu'il s'agissait très vraisemblablement de la deuxième arme du crime. Dans cette hypothèse, Mme Marchal s'était levée et elle a pu ainsi et autant que faire se peut éviter que les lames ne l'atteignent plus profondément.

2ème hypothèse : Les violents coups de chevron n'ont pas été suffisants pour tuer. Dans cette hypothèse, la victime gît sur le sol, Raddad pense l'avoir tuée. Il se rend dans la chambre de la victime où il sait trouver de l'argent et, c'est en revenant vers le local où il a garé son cyclomoteur qu'il aperçoit sa victime, debout. Il s'empare alors du taille-haie, descend les marches pour aller parachever son meurtre.

3ème hypothèse : Raddad frappe sa victime avec le chevron, la laisse pour morte, éteint le sous-sol, ferme la porte à clé, s'empare de l'argent puis, revenant prendre son cyclomoteur perçoit du bruit provenant du sous-sol. Il se doute que les coups de chevron n'ont pas été suffisants, s'empare du taille-haie et agresse Mme Marchal.

Quelle que soit l'hypothèse, Raddad aura fait une erreur qui lui sera fatale : il ne se sera pas assuré de la mort de sa victime qui sera le seul témoin de son meurtre puisqu'elle le désignera et de quelle façon avant de mourir.

Les coups de taille-haie ont été portés alors que Mme Marchal se trouvait à proximité de la porte de la chaufferie ; là où elle a reçu les coups de chevron. Vu la gravité des blessures crâniennes, Mme Marchal devait être dans un état de semi-inconscience sans perte de connaissance (expertise sur la lucidité de la victime). Elle a donc pu se lever après avoir reçu les coups de chevron. Vu la relative superficialité des blessures à l'arme blanche, je privilégierais les coups de taille-haie alors qu'elle était debout et la première hypothèse exposée supra. Si Mme Marchal avait reçu les coups alors qu'elle était couchée, Raddad n'aurait eu aucune peine à enfoncer les lames profondément dans le corps et un ou deux coups auraient suffi ; ce qui n'a pas été le cas.

Je reste à votre disposition. Dès réception de votre ouvrage, je ne manquerai pas de vous le retourner avec une dédicace.

Très cordialement
Georges CENCI

Jean Marie Jean Marie ·  22 mai 2015, 14:57

Bonjour,
Merci encore de vos lignes que je viens de lire...
Pour vous faire sourire, si vous souriez encore à l'argument que je vais vous écrire, j'ai lu sur un forum parlant de cette affaire, les mots suivants avec encore une autre possibilité pour prouver l'innocence de Omar Raddad :

En quelques points cela donne :

"Omar lui même n'a pas tué Mme Marchal, mais il a envoyé deux hommes de mains à la villa. . Et puis: pourquoi demander sans cesse l'avis des experts graphologues et pas celui du fils de la victime , qui lui, est le mieux placé pour reconnaître l'écriture de sa mère

C'est une hypothèse qui n'a pas été prise en considération. Il est évident que ce n'est pas Omar lui-même qui a tué Mme Marchal, il n'a pas le profil d'un tueur . Mais il a sûrement parlé à qq'un de la fortune de Mme Marchal et de son travail à la villa. Il a dû en parler à qq'un qui, comme lui, avait des dettes..."

Voyez, il ne manque plus que "E.T." débarque de sa planète pour confirmer être ces "hommes de mains" à deux doigts pour étayer les propos.

Je me suis permis de répondre à cette personne en lui disant de prendre connaissance de votre livre, où il aura toutes les réponses aux interrogations farfelues qu'il se pose.

Bien à vous, Monsieur Cenci.

Jean Marie.

PS : Vous devriez recevoir d'ici peu le livre.

Georges Cenci Georges Cenci ·  23 mai 2015, 15:51

@ Jean-Marie

Je vais vous faire une confidence, mais je vous demande le secret le plus absolu : en fait c'est Raddad lui-même qui m'a payé avec mon ami Patrice Gervais pour aller faire la sale besogne à sa place. Rions de bon cœur Jean-Marie.
Laissons les écervelés décérébrés à leur inculture !
Très cordialement
Georges Cenci

Jean Marie Jean Marie ·  04 juin 2015, 08:51

Bonjour,

Votre livre dédicacé est donc bien arrivé à destination, je tenais à vous en informer ici.

Mille mercis encore de vos petits mots.

S'il vous arrivait d'être présent lors d'une manifestation dans le cadre de vos activités, ou pour la participation à tel ou tel événement entrant dans vos fonctions, n'hésitez pas à m'en faire part, à nous en faire part, ce serait avec un immense plaisir que de vous serrer la main et échanger avec vous quelques mots.

Au plaisir.
Vous souhaitant de belles journées à vous et aux personnes que vous aimez.

Sincèrement vôtre.
Jean-Marie.

jongo jongo ·  30 mars 2016, 16:00

Bonjour,

Je suis en cours de me procurer votre ouvrage. J'avais 1 dizaine d'années quand l'affaire a éclater. Elle me passionne depuis le début et j'ai regardé énormément de documentaires, vidéos et sites web sur le sujet. L'impression que l'affaire a été bâclée pour les uns et celle qu'elle ne représente qu'un outil médiatique pour les autres font que je ne sais pas si Omar Raddad est coupable ou innocent. N'étant pas dans le milieu, je ne peux statuer.

Mais, je suis quelqu'un de pragmatique et je suis persuadé qu'une dame de 65 ans éventrée, égorgée, le crâne ouvert, sévèrement amochée n'a pas pu imaginer et mettre en place une barricade. Je dirais même qu'elle n'a pas pu se relever.

En partant de ce principe, il n'y a qu'un seul scénario possible pour moi si Omar Raddad est coupable, et il s'est fait en 2 temps.

Il finit son travail et passe voir Mme Marchal pour lui demander une avance sur salaire. Elle refuse, peut être de façon verbalement violente puisqu'elle est surprise de le voir en bas. Çà l'énerve, recule et empoigne le chevron pour la frapper à 4 reprises. La première sans se protéger avec ses mains et en perd son bridge puis sa montre. Elle tombe, peut être consciente, peut-être même qu'elle a dit le mot "Police". Il s'en va et remonte après avoir fermée la cave à clé. Comme si il s'assurait qu'elle ne sorte pas le temps de trouver une solution.

Il va dans la maison. Il voit les 5000 Fr et les prend. Il voit le coupe papier et le prend aussi. Et réfléchit 5 minutes. C'est le temps que Mme Marchal prend pour se barricader comme elle peut en y déposant le lit pliant devant et le système avec le chevron et le tube métallique (peut être qu'elle connaissait cette combine)

Il redescend, elle l'entend et essaie d'ouvrir la porte, mais il a du mal.
Se sachant perdue, Mme Marchal écrit la première inscription, peut-être même avant de tenter de se barricader.

Il parvient à rentrer et le tube métallique est toujours sous la porte. Il la poignarde tout de suite à l'entrée (expliquant pourquoi il n'a pas vu l'inscription à gauche), éteint la lumière et la laisse pour morte. Il ferme la porte qui a du mal à se refermer mais y arrive finalement, optimisant sans le vouloir le système de barricade qui a finalement mieux fonctionner pour les gendarmes.
Il remonte, laisse finalement la porte ouverte et pose la clé à un endroit qu'il connait bien : derrière les cisailles.

Mme Marchal n'est pas morte et se traine jusqu'à la chaufferie pour écrire une 2ème fois l'inscription sur un support blanc. Peut être même qu'elle a ajusté son système de verrouillage juste devant elle. Elle a du essayer de fermer la porte de la chaufferie mais en vain.

Voilà,
Je trouve même que la position finale de Mme Marchal est étrange. On a l'impression qu'elle nous oriente vers quelque chose (la porte avec la dernière inscription ?).

Cordialement,

Georges Cenci Georges Cenci ·  01 avril 2016, 07:38

@jongo : Bonsoir. Lisez mon ouvrage et l'abondante documentation à votre disposition sur ce site ; notamment la rubrique « Questions/Réponses » avant d'élaborer des scenarii fantaisistes.
Très cordialement.

jongo jongo ·  01 avril 2016, 23:12

Bonsoir,

Je vais lire votre ouvrage. Cela me permettra d'arrêter de faire marcher mon imagination inutilement.
J'ai trop regardé Columbo.
Comme tout le monde je vous ferai un retour.

Très cordialement,

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