Omar l'a tuée

Vérité et manipulations d'opinions. Enfin une information contradictoire sur l'affaire Omar Raddad.

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Que fait Ghislaine Marchal après le départ de son agresseur ?

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[Nouvelle rubrique. Introduction à découvrir ICI.]

Ghislaine Marchal est enfermée à double tour, seule dans le noir, mortellement blessée. Le sang qui s’écoule de ses plaies imbibe le peignoir ; ses cheveux, son visage s’en imprègnent. Son agonie va durer de 15 à 30 minutes.

Est-ce l’esprit de conservation qui l’anime ou sa volonté que ce crime ne reste pas impuni ? Elle sait qu’elle n’a aucune échappatoire, qu’elle ne peut donner l’alerte, prévenir les secours, son fils, un voisin, une amie. Elle n’a pas pris son boîtier alarme. Elle entend l’unique porte se refermer, la clé l’emprisonner dans sa cellule mortuaire. Pense-t-elle survivre ? Sans doute. Il est indéniable que Ghislaine Marchal ne se résigne pas. Elle a une forte personnalité, du caractère. Elle décide de se barricader et de dénoncer son agresseur en le désignant. Il faut, pour avoir cette détermination, cette volonté, ce courage, de la lucidité et la maîtrise de tous ses sens.

Elle ne fera pas n’importe quoi. Elle réagit de manière méthodique et lucide. Ne pouvant, dans l’obscurité, exécuter ce qu’elle a décidé, elle rétablit le courant en actionnant l’interrupteur du couloir. Car Omar Raddad, pour retarder la découverte du corps de la suppliciée, a pris la précaution, lors de son départ, de plonger le sous-sol dans l’obscurité.

Ghislaine Marchal ne prend pas la peine d’essayer d’ouvrir la porte. Inutile, elle sait qu’elle est enfermée à double tour. Pour preuve, aucune trace de liquide organique n’a été relevée sur le panneau intérieur de la porte et sur la poignée de la serrure ; démonstration évidente qu’elle est restée consciente.
Déterminée, elle a besoin de lumière pour dénoncer son meurtrier. Mais comment faire ! Elle décide d’écrire son nom, avec son sang, sur la porte de la cave à vins.
Encore lucide, elle n’écrira pas n’importe où. Comment le pourrait-elle sur le sol rugueux et poussiéreux, et sur les murs de parpaings ? Elle utilisera cette porte qui est un support lisse, propre, clair, bien éclairé et dont le fond contrastera avec son écriture sanglante. Elle recueillera dans les blessures de sa tête, avec ses doigts, le sang avec lequel elle laissera son message.

Comme le déterminent les constatations et les deux experts en écriture, elle s’agenouille, son buste est droit. Ses ressources mentales et physiques subsistent encore. Elle ne prend appui ni sur la porte ni sur le mur, car aucune trace de sang n’a été observée.

Une après l’autre, elle dépose ses lettres de sang, d’une écriture ferme, décidée, résolue. OMAR M’A TUER. Son message achevé, elle se relâche et sa tête s’appuie contre la porte. La trace de sang visible sous les lettres démontre que l’empreinte laissée par les cheveux, de haut en bas, est suivie immédiatement de celle imprimée par le mouvement de la tête de droite à gauche. Elle a encore la force de se relever, sans prendre appui que ce soit sur le sol, le mur ou la porte.
A-t-elle encore espoir ? Elle a perdu beaucoup de son sang, notamment devant cette porte alors qu’elle dénonçait son meurtrier. Il s’en écoulera encore jusqu'à ce que la mort fasse son œuvre.

Craignait-elle le retour de son agresseur ? Probablement. Quoiqu’il en soit, elle décide de se barricader pour l’empêcher éventuellement de revenir l’achever s’il percevait un signe de vie. Ghislaine Marchal va utiliser trois objets ; un chevron, un lit pliant et un tuyau métallique. Nous la suivons objectivement aux traces de sang sur le sol lorsqu'elle est à la recherche de ces objets.
Le chevron. Omar Raddad l’a ramassé dans le dépôt de matériaux puis abandonné devant la chaufferie. Son aspect atteste formellement qu’il n’a jamais séjourné à l’extérieur et l’enquête démontre que c’est un maçon ayant participé à la construction de l’habitation qui l’a laissé dans le dépôt.
Le lit pliant. D’après les témoignages, il était entreposé, à gauche, dans le couloir. C’est Liliane Receveau, la femme de service, qui l’avait déposé à cet endroit. Ce lit, d’un poids de 12 kg, Ghislaine Marchal l’a tiré, sur ses roulettes, jusqu'à la porte, pour parachever son système de fermeture ; mais il n’aura qu'un rôle négligeable.
Le tuyau métallique, comme les autres objets utilisés, est ensanglanté. Une de ses extrémités est légèrement coudée sur 15 cm. Cette partie présente une trace de ripage et, à l’opposé, une trace de frottement métallique en spirale. Comme pour le chevron, son aspect démontre qu’il n’a pas séjourné à l’extérieur. Il est exclu que Ghislaine Marchal l’ai pris dans le dépôt de matériaux, car l’absence de sang sur l’interrupteur principal démontre qu’elle ne l’a pas actionné pour se rendre dans cette partie obscure de la pièce. Cet objet, elle le trouve sans doute à proximité du lit.

Nous déterminerons le rôle important du tuyau métallique et du chevron dans le système de blocage de la porte. Le 18 février 1992, au cours d’un transport de justice, le juge Jean-Paul Renard démontrera que le système de fermeture mis en place par Ghislaine Marchal n’était pas réalisable par un tiers voulant faire croire à une mise en scène.
Quelle que soit sa démarche intellectuelle, elle utilise ces trois objets pour se barricader. Elle réalise un système très efficace en glissant le tube métallique sous la porte, en butée du dormant, et le place en appui sur le chevron. Elle tire ensuite le lit vers le couloir, et le couche devant la porte d’entrée. Ce faisant, elle macule de sang, le mur, les objets qu’elle touche et le sol, particulièrement imbibé.
Elle fournit des efforts qui l’affaiblissent. Elle a dénoncé son meurtrier, elle s’est barricadée mais elle décide de confirmer son message ensanglanté et accusateur.

Ghislaine-marchal.pngQuelle volonté, quelles ressources morale et physique, quel courage. Comment cette femme âgée, qui doit se douter à ce moment-là qu’elle va mourir, a-t-elle encore assez de lucidité et de détermination pour aller, une nouvelle fois, laisser l’empreinte de sa dernière volonté ? Imaginez-vous, enfermé dans le noir, la gorge béante, éventré, lardé d’une multitude de coups d’arme blanche. Qu'auriez-vous fait ? Qu'aurais-je fait ?

Ghislaine Marchal agit. N’est-ce pas encore la marque de sa lucidité et de son entière conscience ? Ne voulant donner aucun indice de sa survie à Omar Raddad au cas où il reviendrait, elle éteint l’interrupteur du couloir ; que nous avons retrouvé taché de sang. Elle se retrouve dans le noir ; la seule clarté est fournie par un rai de lumière qui filtre autour de la porte. Nous la suivons à la trace dans le sous-sol. Point de supputation, nul fantasme, aucune description romanesque, mais des traces objectives si l’on veut bien se donner la peine d’examiner les dizaines de clichés contenus dans les albums qui ont été réalisés par le gendarme Vessiot.

Ghislaine Marchal agit. Elle parvient péniblement à s’orienter dans cette lugubre obscurité. Tous les objets qu’elle touche sont maculés de son sang ; un carton, un rouleau de laine de verre, des palettes de bois, un sachet en plastique. La localisation des taches de sang et ses blessures attestent sans controverse possible qu’elle se traîne sur le sol et cherche à se situer dans l’espace. Deux traces de mains au sol sont l’ultime appui qui lui permet de se relever. L’absence de sang entre les deux empreintes sanglantes et la porte de la chaufferie est révélatrice que cette courte distance, elle la parcourt debout. C’est ainsi qu’elle parvient devant l’entrée de la chaufferie, comme le démontre la hauteur des traces de sang relevées de chaque côté de cette issue et sur la porte.

Imaginez-vous, enfermé dans le noir, égorgé, éventré, lardé de multiples coups d’arme blanche. Qu’auriez-vous fait ? Qu’aurais-je fait ?

Ghislaine Marchal agit encore. Elle est très affaiblie cependant. Vous doutez de sa clairvoyance ? Oui ? Pourquoi alors choisit-elle à nouveau un support clair, lisse et suffisamment large pour écrire une deuxième fois le nom de son meurtrier ?
Mais elle est trop faible pour écrire son ultime message debout. Elle trouve une position allongée avec l’aide de la barre anti-panique. C’est dans cette position qu’elle écrit OMAR M’A T. Les lettres n’ont plus cette netteté de trait, elle n’a pas le temps de terminer son mot. Le corps orienté vers la chaufferie, elle rampe dans cette petite pièce. Elle tâtonne la paroi ignifugée que sa tête heurte à deux reprises. Les traces de sang, au sol, attestent de ce parcours. Une dernière fois, son corps pivote. Ses derniers mouvements sont de recul et de droite à gauche si l’on en juge les positions du peignoir et de sa ceinture, et que confirment les traces de sang visibles sur son côté droit. Ses mains sont jointes au-dessus de sa tête.

Le crime ne restera pas impuni.
C’est ce qu’elle a voulu jusqu'à l’ultime limite de ses forces.

Georges Cenci

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DavidD DavidD ·  09 décembre 2012, 20:15

Donc, si on fait abstraction de détails d'interprétation, il y a deux idées essentielles à dégager qui peuvent corriger l'impression d'anomalie du drame. 1) Le meurtrier ne s'est pas assuré du décès de sa victime, pour l'une ou l'autre raison, ou les deux : émotivité avec manque de lucidité lors d'un acte non prémédité et victime enfermée le temps qu'il vole l'argent. La deuxième raison n'est pas à exclure, si madame Marchal a éteint à nouveau la lumière. Et effectivement, si elle l'a éteint, le meurtrier avait éteint. Sinon, la mise en scène n'a pas de sens, à moins que la lumière éteinte ne soit qu'un geste incohérent et qu'il ne soit pas revenu de toute façon. 2) On ne supposera pas un recoupement : elle se barricade, puis elle accuse le coupable à deux endroits différents. Mais elle reporte une première transcription à la lumière, se barricade et reporte la seconde transcription dans le noir en fin de parcours, ce qui cadre parfaitement avec les traces, d'autant que lors d'une mise en scène il aurait été plutôt naturel de répandre du sang, surtout si le corps (sinon la victime vivante) a été manipulé péniblement pour écrire sur un mur.

DavidD DavidD ·  11 décembre 2012, 06:42

C'est une histoire incroyablement horrible. Les médias ont trompé le public, moi y compris, d'autant que j'avais très peu suivi l'histoire et que j'étais dépendant en fait d'opinion des journaux télévisés d'époque et de reportages orientés. Récemment, je me suis intéressé à nouveau à cette affaire par curiosité et en profitant de la richesse actuelle du net.
En 20 ans, la défense n'a jamais proposé un modèle pour montrer que le criminel ait été à même de barricader l'intérieur de l'extérieur et elle n'a jamais proposé un modèle pour expliquer une imitation par le criminel de l'écriture de la victime : le E avec son arrondi vers le bas, le R, le O tel qu'il commence et finit, etc. sont nettement typés et écrits avec assurance sans être des décalques de lettres reprises telles quelles ailleurs, les lettres sont géantes et écrites avec le sang, l'assurance de l'écriture n'est pas celle de quelqu'un sous la torture. En graphologie, on ne me l'a fait pas, c'est bien l'écriture de Ghislaine Marchal.
A fortiori après 20 ans, les modèles de la mise en scène sont condamnés à une éprouvante ingéniosité et cette ingéniosité supposerait par moments un raisonnement manquant de naturel.
Non seulement, l'agression et l'agonie de cette femme furent horribles. Mais, si la Justice n'a pas manqué le coupable, il a été gracié, il fait l'objet d'un film, est plaint, voire applaudi et félicité par Ardisson quand il sort grand seigneur: "je ne veux pas désigner de coupable, je ne veux pas faire à quelqu'un d'autre ce qui m'est arrivé". La pudeur veut qu'on n'applaudisse pas, même si on veut ne pas le croire coupable.
Le dossier est cependant accablant et il faut le connaître avant d'influencer le grand public, ou quand on a une opinion qu'on peut exprimer avec plus d'effet que les autres.
Au sommet de l'horreur, il y a ceci. Cette femme, abandonnée pour morte ou à son sort rapide, s'est relevée. Elle ne s'est pas barricadée, pour reporter ensuite deux inscriptions, je pense qu'il est plus naturel d'envisager qu'elle a d'abord écrit avec son sang "Omar m'a tuer" dans une écriture volontaire. Puis elle a songé à se barricader, dans l'espoir minime de se préserver elle, mais je suppose dans la volonté aussi de préserver l'écriture de sang.
Dans le noir, elle a achevé son agonie, essayant d'écrire une deuxième fois sa phrase de dénonciation. Cette phrase est devenue le spectacle de fait divers. Sans cette phrase, le coupable serait tombé moins vite, mais il n'aurait pas eu la presse pour le relever. Il est aujourd'hui applaudi suite à cette inscription d'une volonté punitive agonisante, mais forte, de sa victime.
C'est horrible quand on y songe.
En plus, Omar a très souvent un rictus devant les caméras. Il fait de greands signes de salutation et il déclare comme mensonge le fait qu'on lui reproche la fréquentation des prostituées, mais les journalistes ne rappellent pas volontiers que c'est lui-même qui a avancé cela lors de sa première déposition. C'est vraiment d'un très haut niveau de violence morale.

Sam Sam ·  03 avril 2013, 19:44

@DavidD : Pourquoi Mme Marshal ne termine pas sa seconde inscription si elle a déja la force de ramper et d'entrer dans la chaufferie ??

L'ufologue déjanté L'ufologue déjanté ·  05 avril 2013, 08:53

@Sam : Croyez-vous que Madame Ghislaine Marchal ait eu la force nécessaire pour choisir l'heure de son passage à trépas après le calvaire déjà enduré ?

jmvmax jmvmax ·  09 avril 2013, 17:52

Les photos de la scene de crime ont-elles été analysées par un expert en morphoanalyse des traces de sang pour eclaircir le déroulement des faits ?

Georges Cenci Georges Cenci ·  12 avril 2013, 09:04

Tout d'abord bonjour Jmvmax.
Les photos de la scène de crime ont été analysées par les enquêteurs, les magistrats, les experts en écritures, les médecins légistes, les experts en biologie moléculaire.
Je pense qu'avec les éléments de l'enquête nous avions tout un panel de personnes suffisamment compétentes pour apprécier le déroulement des faits tel que nous l'avons démontré.
Le juge d'instruction n'a pas dû estimer pertinent de commettre un expert en morphoanalyse pour analyser des photographies alors que les enquêteurs étaient sur place pour apprécier à leurs justes valeurs toutes traces et indices de la scène de crime.
Je vous prie de croire à mes sentiments les plus cordiaux.

rico rico ·  03 août 2013, 16:05

On oublie de préciser que les gendarmes ont effacé empreintes, traces et autres qui auraient pu définitivement condamner definitivement Raddad. Leur manque de professionalisme ajouté au véreux juge d'instruction Renard, me font penser que vous pouvez écrire tout ce que vous voulez, mais le doute subsistera, et ça ce n'est pas l'oeuvre de Raddad

Georges Cenci Georges Cenci ·  04 août 2013, 20:53

@rico : Si je comprends bien votre argumentaire nous avons, entre autre, effacé les empreintes et traces.
Vous avez raison j'ai fait ce passionnant métier d'officier de police judiciaire pour détruire ou pour donner l'ordre de faire disparaître les traces et indices de toutes les scènes de crime que j'ai connues au cours de ma longue carrière. Que voulez-vous, je ressentais une pulsion à chaque fois que je me trouvais en présence d'un cadavre : il fallait effacer les traces et indices. C'était devenu compulsionnel !

Je m'aperçois que ma réponse est aussi loufoque que votre commentaire. Merci de bien vouloir me pardonner.
Par contre je ne comprends pas très bien votre, je cite : « définitivement condamner définitivement Raddad ». Peut-être vouliez-vous écrire définitivement innocenter Raddad ? C'est plus logique non !
Je me moque éperdument et mes gendarmes également de ce que vous pensez de notre travail. Vous n’êtes certainement pas le mieux placé pour l'apprécier.
Par contre je trouve regrettable que vous vous exprimiez ainsi sur un homme que vous ne connaissez pas, je veux parler du juge Renard ; un des meilleurs juges d'instruction avec lequel j'ai travaillé. Je doute que vous lui arriviez à hauteur des chevilles !
Vous qui jugez les autres sans les connaître, vous devez être un homme parfait. Une petite remarque cependant : veillez à vous relire avant de transmettre un texte. Je n'ai pas saisi le sens de la terminaison de votre dernière phrase.
Salutations.

Eric Truffin Eric Truffin ·  10 août 2013, 04:24

@Georges Cenci :
Ce n'est pas moi qui ai radié le juge Renard, mais ses pairs pour faux et usage de faux dans une sombre affaire d'élection . Je me trompe ?
Donc que vous le vénériez ne fait que conforter ma thèse.
Sachez pour finir, que j'ai beaucoup de respect pour les gendarmes, mais pas ceux de votre trempe, qui font honte à cette honorable profession .
Allez donc pêcher la truite au lieu de vous évertuer plus de vingt ans après les faits à nous faire avaler vos balivernes.
Si Raddad était coupable, vue la sauvagerie du crime, on aurait eu des preuves formels, et ça, grâce à votre sens inné de l'enquête, vous n'en avez jamais eu Monsieur. C'est pourquoi il a été condamné sur fond de convictions intimes, et non sur des éléments concrets.
J'espère en conclusion que c'est votre seul fait d'arme Monsieur, parce qu'à votre place, je ne pourrais pas me regarder en face.
Bien à vous

Georges Cenci Georges Cenci ·  10 août 2013, 22:09

@Eric Truffin : Bonjour.
Je pense que vous faites erreur en ce qui concerne la radiation du magistrat que vous citez. Vous reportez à l'article le concernant http://omarlatuee.free.fr/index.php...
Mais si celui-ci a effectivement été radié ̶ pour autre cause ̶ ce n'est pas lui qui a jugé et condamné le sieur Raddad à 18 ans de réclusion criminelle pour le meurtre de Ghislaine Marchal.
Vous savez ou ne savez pas qu'un magistrat qui a instruit un dossier ne peut participer au jugement de la personne qu'il a mise en examen. Vous ignorez vraisemblablement aussi que le dossier Raddad a été instruit par trois juges d'instruction.
Le sieur Raddad a été jugé par une Cour d'assises composée d'un président, de deux magistrats assesseurs et d'un jury composé de citoyens désignés par le sort. Ce sont ces personnes qui ont, en leur âme et conscience et selon leur intime conviction, condamné Raddad pour meurtre.
Et j'ai l'intime conviction qu'ils ne se sont pas trompé !
Vous avez raison, les gendarmes sont des militaires dans leur très grande majorité respectables et respectueux des autres. Il n'y en a qu'un qui a fait honte à la profession : c'est moi. Que voulez-vous, personne n'est parfait !
Je n'ai pas à justifier de mes états de service. Vous allez penser que je suis prétentieux mais je ne les échangerais certainement pas contre les vôtres. Je pourrais vous en délivrer une synthèse mais vous vous sentiriez tout petit, petit...
Bon vent Monsieur Eric Truffin pardon Rico.

Fabien Fabien ·  14 mai 2014, 12:33

Bonjour Monsieur

Cet article me semble très précis et cohérent et agrémenté d'explications.
Une remarque et une question toutefois.
Il me semble plus vraisemblable qu'elle s'est barricadée pour éviter que le meurtrier ne puisse effacer les lettres de sang que pour se préserver elle qui se savait certainement condamnée (elle a d'ailleurs écrit m'a tuer).
Je n'arrive pas à comprendre à la lecture de l'article et des rapports d'expertise qu'elle était sa position précise lors qu'elle a écrit sur la porte de la chaudière ? La porte de la chaudière était elle ouverte et "bloquée" ?

D'avance merci pour vos réponses.

Fabien

Georges Cenci Georges Cenci ·  16 mai 2014, 09:53

@Fabien : Bonjour.
Pourquoi Ghislaine Marchal a-t-elle mis en place le système de blocage de la porte du sous-sol ? Probablement l'instinct de survie bien qu'elle devait se douter qu'elle ne survivrait pas.
En tout cas c'était pour empêcher Raddad de revenir dans le sous-sol s'il avait perçu un quelconque indice l'avertissant que sa victime survivait à ses coups.
De là à penser que c'était pour éviter qu'il n'efface les messages accusateurs ! Fallait-il qu'il sache que sa victime l'avait dénoncé ainsi. Mais pourquoi pas !

En ce qui concerne la porte de la chaufferie, elle était ouverte et bloquée par un morceau de bois. C'était là sa position habituelle. Je vous renvoie à la page 42 de Omar l'a tuée (décidément vous me posez souvent des questions auxquelles je réponds dans mon ouvrage)

Quant à la position de Ghislaine Marchal lorsqu'elle dépose son deuxième message accusateur, beaucoup se sont exprimés là dessus souvent en écrivant n'importe quoi ; y compris certains experts qui voyaient la victime allongée sur le côté droit.
Comment, dans l'état de faiblesse physiologique où elle se trouvait ; elle ne devait survivre que quelques minutes, peut-on écrire, étant droitier, allongé sur le côté droit ?
C'est complètement farfelu et cela démontre qu'il faut souvent être circonspect à la lecture des rapports expertaux !
En réalité, Ghislaine Marchal était allongée sur le flan gauche, se soulevant sur son coude gauche pour pouvoir déposer ses lettres.
Comme je l'écris à la page 78 de mon ouvrage : « Mais elle est trop faible pour écrire son ultime message debout. Elle trouve une position allongée avec l’aide de la barre anti-panique. C’est dans cette position qu’elle écrit OMAR M’A T. Les lettres n’ont plus cette netteté de trait, elle n’a pas le temps de terminer son mot. Le corps orienté vers la chaufferie, elle rampe dans cette petite pièce. Elle tâtonne la paroi ignifugée que sa tête heurte à deux reprises. Les traces de sang, au sol, attestent de ce parcours... »
Voir également la page 80 ibid : « ... La mention OMAR M’A T a ensuite été tracée alors que le scripteur était allongé, se soulevant sur le coude gauche et traçant des lettres avec la main droite... »
Lire aussi la page 364 et peut-être d'autres ibid.
Je pense que c'est suffisamment clair pour démontrer la posture de Mme Marchal.
Cordialement

Fabien Fabien ·  16 mai 2014, 22:54

Bonsoir

Merci pour votre réponse.
C'est justement la différence entre vos propos et d'autres propos comme les rapports expertaux qui m'interrogeait. Cette position me semble en tout cas plus naturelle.
Le fait que cette porte soit bloquée n'est pas neutre car cela permet d'écrire sans tenir la porte de l'autre main.

Merci et à bientôt

dimitri dimitri ·  10 octobre 2014, 15:09

Ghislaine Marchal ne prend pas la peine d’essayer d’ouvrir la porte. Inutile, elle sait qu’elle est enfermée à double tour. Pour preuve, aucune trace de liquide organique n’a été relevée sur le panneau intérieur de la porte et sur la poignée de la serrure ; démonstration évidente qu’elle est restée consciente.

...ou qu'elle est déjà morte...quand on voit les photos, Madame Marchal bras tendu vers l'avant...elle pourrait avoir été trainé.
Son sang se trouve sur le sol, ses vétements et sur les portes bien sur...Pourquoi le meurtrier voudrait il faire croire qu'elle a essayé d'ouvrir la porte...
Si Madame Marchal avait été vivante par dépit, instinct, survie aurait tout fait pour s'enfuir et ne pas rester dans cette cave sombre et terrorisante...d'ailleur qui dit qu'elle a entendu son agresseur fermer la porte...

Rover Rover ·  23 novembre 2014, 02:35

Tout à fait d'accord avec Dimitri il me paraît invraissemblable que Madame Marchal "restée consciente" comme vous dites ait pu songer à se barricader sans même vérifier d'abord que la porte soit bien fermée à clef et ce pour tenter de s'enfuir ..

Georges Cenci Georges Cenci ·  24 novembre 2014, 08:14

@Rover : puisqu'elle était restée consciente elle a donc entendu le bruit de la clé que son meurtrier manœuvrait en sortant du sous-sol. Vous avez mon ouvrage en lecture libre sur ce site. Prenez le temps de le lire ; je réponds d'ailleurs à votre question, et reportez-vous à la rubrique Questions/Réponses "Que fait Ghislaine Marchal après le départ de son agresseur" ici : http://omarlatuee.free.fr/index.php...
D'autre part vous lirez sur ce site les rapports d’expertises qui évoquent la lucidité de la victime (Si vous les aviez consultés vous n'auriez pas posé cette question)

Jeff Jeff ·  08 novembre 2015, 20:48

Bonjour monsieur Cenci,
un fait m'intrigue dans cette affaire : comment les enquêteurs ont-ils expliqué les multiples blessures de madame Marchal ?

En effet, madame Marchal a été blessée à de nombreux endroits et a agonisé de 15 à 30 minutes après le départ de son agresseur. Étant donné ces blessures multiples dont aucune n'a été immédiatement fatale, deux scenarios paraissent envisageables : ou bien madame Marchal s'est violemment battue avec son agresseur, qui a eu énormément de difficultés à prendre le dessus sur elle, ou bien madame Marchal a été sciemment torturée par son agresseur.

Dans le premier cas, son meurtrier devait forcément porter les traces de cette lutte : il a peut-être été griffé, mordu, frappé, etc. Il a peut être saigné ou devait surement porter sur lui le sang de madame Marchal.

Dans le second cas, pour quelles raisons aurait-on torturé cette dame ? Cachait-elle de l'argent dans son coffre ou ailleurs ? L'agresseur le pensait-il ? Est-il possible que quelque chose (dont personne n'avait connaissance) ait été volé ?

Georges Cenci Georges Cenci ·  09 novembre 2015, 11:09

@Jeff : Bonjour

J'ai décrit ces blessures, en long, en large et en travers (voir mon ouvrage OMAR L'A TUEE – Vérité et manipulations d'opinions ; notamment en lecture libre sur ce site : http://omarlatuee.free.fr/index.php...) et vous reporter aux diverses expertises qui se prononcent sur leurs aspects.

Vous voyez deux scenarii possibles pouvant expliquer les blessures de Mme Marchal : celles résultant d'une agression et celles provoquées par la torture.
Je rappelle que la victime était une femme âgée de 65 ans et que son meurtrier était dans la force de l'âge, âgé de 29 ans.
Voyez-vous, je ne pense pas que Mme Marchal ait pu se défendre dans le sens où il aurait pu y avoir lutte. Non, elle n'a fait que se protéger des coups. Tout d'abord des coups de chevron que Raddad lui a assénés avec violence sur le crâne et qu'elle a tenté de s'en protéger en joignant ses mains sur sa tête (cf. les blessures aux mains et les photographies).
Mme Marchal n'avait aucun moyen de protection et n'a pas pu parer les coups d'arme blanche. Dans ce sous-sol tragique il y a eu l'agression du meurtrier et seulement des gestes de protection de la victime.
J'explique l'absence de sang sur les vêtements de Raddad dans le rapport de synthèse que j'ai remis à la justice et que j'ai repris dans mon ouvrage ( "Les experts ont-ils pu déceler des traces de sang" : http://omarlatuee.free.fr/index.php... ). Merci de vous y reporter.
Je précise que l'expertise de ces vêtements avait révélé des traces rougeâtres et ou brunâtres notamment sur le blouson où 10ng d'ADN n'avaient pu être codifiés. Vous reporter à mes deux derniers billets à ce sujet (c'est ici : http://omarlatuee.free.fr/index.php... et ici : http://omarlatuee.free.fr/index.php...)
Quant au scenario de la torture il est aussi loufoque que farfelu. Comme son concepteur : Vergés et ses parvenus féaux. L'aspect des blessures n'est pas celui provoqué par la torture.
Il n'y avait aucun argent caché ; le seul était contenu dans le sac à main de Mme Marchal et il a été dérobé par Omar Raddad. L'enquête a prouvé que rien d'autre n'avait été dérobé.
J'espère avoir répondu à votre question.

lola lola ·  09 novembre 2015, 11:27

Bonjour,

Pour moi je n'ai aucun doute sur la culpabilité de Omar Raddad, vu les preuves accablantes du dossier.
Ce que je ne comprends pas par par contre, c'est l'attitude de Omar à l'heure actuelle, il est dans le déni
total, pourquoi continuer ce combat perdu d'avance pour lui. Que cherche t'il?

cmasfr cmasfr ·  09 novembre 2015, 14:32

bonjour monsieur Censi ,malgré votre démonstration omar Raddad est innocent .Ce n'est pas une conviction, mais une certitude absolue.J'ai étudié le dossier pendant plus de 20 ans et d'une façon totalement objective Omar Raddad ne peut etre l'assassin.Avec les nouveaux éléments récents la vérité va enfin etre dévoilée.

Georges Cenci Georges Cenci ·  10 novembre 2015, 05:19

@lola : Bonjour.
Omar Raddad a toujours été dans le déni malgré les charges, très lourdes, qui l'accablent. ADN ou non !
Il faut dire qu'il est devenu très rapidement un bon produit marketing pour les avocats qui ont plus ou moins bien ; plutôt mal d'ailleurs, assuré sa défense. Mais, s'ils ont été médiocres pendant le déroulement de la procédure et durant les procès devant la cour d'assises et la cour de révision des condamnations pénales ils ont été brillants pour plaider la cause dans les salles des pas perdus et les médias.
Mais ils lui ont tellement bourré le crâne en lui laissant croire qu'il allait être innocenté qu'il a fini par admettre dans son subconscient qu'il était innocent.
Car Raddad a une personnalité complexe : Sa prétendue innocence est l'illustration d'un parfait cynisme encouragé à l'extrême par une déplorable évolution des mœurs socio-médiatiques. J'ai écrit par ailleurs qu'il est avéré que Raddad est un meurtrier rusé, cynique, hypocrite, simulant et dissimulant ses sentiments, cherchant essentiellement à donner de sa personne morale et plus particulièrement de ses tendances et de ses sentiments, de ses opinions et de ses croyances une conception erronée, en faussant la valeur des faits, le mensonge au service de l'hypocrisie ; menteur, il trompe autrui sur les faits. Il est insincère, c'est donc un imposteur..
Et puis, derrière cette comédie il y a tout un système qui l'encourage dans cette démarche et très certainement du fric ! Beaucoup de fric !
Les avocats d'une manière générale n'ont pas vocation à s'engager dans une telle procédure sans contrepartie pécuniaire. Et cela dure depuis bientôt 25 ans. Comme le filon est commercialement bon, l'affaire continue et continuera encore longtemps !

Nous avions, à l'époque, placé des écoutes téléphoniques et je peux vous dire que ça bataillait ferme avec le consulat du Maroc pour que les honoraires soient payés !

Bien à Vous

Georges Cenci Georges Cenci ·  10 novembre 2015, 08:38

@cmasfr : Chère Danielle
Je n'en doute pas un instant mais qu'avez-vous donc lu du dossier pour être objective et ainsi convaincue de l'innocence de Raddad ?
Soyez donc convaincue et restez-y !
Bonne journée.

Jeff Jeff ·  10 novembre 2015, 16:13

Bonjour monsieur Cenci et merci pour votre réponse.

Je ne suis pas convaincu de la culpabilité d'Omar Raddad (ni de son innocence d'ailleurs) mais je trouve votre démarche d'information et de transparence extrêmement utile et courageuse.

Pour rebondir sur votre réponse à Lola, il est évident que Jacques Vergès s'est servi d'Omar Raddad comme d'un outil de promotion. Pour lui, la condamnation de son client était le meilleur scénario (bien plus bénéfique pour lui qu'un acquittement). Cette condamnation lui a permis de se poser cyniquement en défenseur de la veuve et de l'orphelin et de s'assurer 10 années de publicité gratuite avec un livre, des passages à la TV, la une des journaux, etc.
D'ailleurs, Omar Raddad semble lui-aussi jouir (psychologiquement et peut-être financièrement (?)) de cette situation et ne souhaite clairement pas retourner à l'anonymat.

Bien à vous,

lola lola ·  10 novembre 2015, 17:57

Bonjour,

Merci à vous pour toutes ces précisions, cette affaire m'a passionné dès le départ et continu encore.
J'ai lu beaucoup d'ouvrages , celui de Monsieur Rouart qui ne m'a guère convaincue, et celui de Guy Hugnet, cela n'a fait que renforcer ma conviction de la culpabilité du jardinier. Je n'ai pas lu votre livre hélas.
Il est sur que c'est un menteur pathologique, et un manipulateur.
Par contre je me suis toujours demandé, ou la scène de violence a commencé?
On sait que Madame Marshall a passé un dernier coup de fil à 11h50, elle devait ensuite aller se préparer pour rejoindre son amie.
On l'a retrouvé nue sous son peignoir dans la chaufferie, que s'est t'il passé? Pourquoi était elle dans la chaufferie, je me suis toujours demandé si elle n'était pas sous la douche quand Omar est venu,
elle aurait enfilé un peignoir pour ouvrir, y a t'il eu altercation déjà sur le pas de la porte, se serait elle enfuie jusqu'à la chaufferie ?
C'est un déroulement que je ne comprends pas bien.
Cordialement

Georges Cenci Georges Cenci ·  11 novembre 2015, 10:52

@lola : Bonjour
Je vous engage à lire mon ouvrage ; il est toujours en vente chez mon éditeur et vous avez la possibilité de l'acheter via des sites comme Amazon, la Fnac etc.
Vous l'avez également en lecture libre sur mon site bien que ce ne soit pas l'idéal car rien n'égale la version « papier».
J'ai expliqué dans cet ouvrage comment les faits se sont produits. Vous me pardonnerez de ne pas noircir du papier alors qu'il vous suffira, pour le comprendre, de vous reporter à ce lien : http://omarlatuee.free.fr/index.php... .
Vous me permettrez de vous conseiller de consulter la rubrique Questions/Réponses (ici : http://omarlatuee.free.fr/index.php...) qui me semble indispensable pour bien comprendre cette affaire.
Très cordialement.

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