Omar l'a tuée

Vérité et manipulations d'opinions. Enfin une information contradictoire sur l'affaire Omar Raddad.

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Procès-Verbal de Transport sur les lieux

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Voici le procès-verbal de transport sur les lieux du 18 février 1992.

(Cliquez sur les images pour les agrandir et ouvrir un diaporama. Vous pouvez également télécharger ce document en HD en annexe de ce billet)

 

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Georges Cenci

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Fabien Fabien ·  10 avril 2014, 23:36

Bonjour

L'expérience du blocage de cette porte a-t-elle été tentée par des ingénieurs ou des scientifiques ou uniquement par les avocats dans les conditions du présent rapport ?

Il me semble que le blocage de la porte est un des points déterminant prouvant la culpabilité de M Raddad. Il est donc important d'avoir tout fait pour démontrer l'impossibilité de la chose ce qui permettrait de clore tout débat.
D'autre part, pourquoi un meurtrier aurait procéder sans préméditation (car avec des éléments trouvés sur place) a un système aussi complexe et ingénieux plutôt que de se sauver vite fait bien fait ?
De plus pourquoi incriminé M. Raddad qui aurait pu avoir un alibi ? L'hypothèse de la machination signifierait que nous avons à faire à un meurtrier renseigné (sur la présence de Raddad ce jour là dans le secteur ce qui reste possible), suffisamment calme et ingénieux pour inventer les mots sur le mur, le blocage par l'extérieure et enfin très chanceux pour l'absence d'alibi de Raddad. Tout cela fait beaucoup et me convainc bien plus de la cilpabilité que les expertises contredites sur l'écriture, l'autopsie, la poussière sur le pantalon de Raddad, le mobile du crime, l'arme du crime, bref que les éléments de l'enquête.

D'avance merci pour votre reponse

Georges Cenci Georges Cenci ·  12 avril 2014, 08:37

@Fabien : Re bonjour Fabien.
Étrange question ! Pourquoi voudriez-vous que des ingénieurs ou des scientifiques interviennent pour nous délivrer leur avis sur le système de blocage de la porte ?
Les avocats de Raddad, lors du transport de justice du 18 février 1992, ont voulu démontrer, dans l'intérêt de leur client, qu'il était possible de mettre en place de l'extérieur, l'ingénieux système de blocage. Leurs vaines tentatives ont été réalisées devant M. Farret, procureur de la République, les gendarmes, Me Leclerc représentant la partie civile et le juge d'instruction, M. Renard, qui a établi un rapport ; que vous n'avez certainement pas dû lire, qui enlève toute ambiguïté sur la question : c'est la seule personne qui se trouvait à l'intérieur du sous-sol qui a pu mettre en place un tel dispositif, en l'espèce la victime Ghislaine Marchal.
C'est un professionnel du Droit qui l'a écrit et sa démonstration n'a jamais été démentie et a été avalisée par toutes les hautes instances de la justice.
Je vous renvoie à la lecture de ce rapport et à une rubrique que vous devez maintenant parcourir ; Questions/Réponses, à la sous-rubrique « les deux premiers avocats de Raddad ont avancé la thèse de la mise en scène. Était-elle possible ? » ; ici : http://omarlatuee.free.fr/index.php... et « Qu'en est-il exactement du système de blocage de la porte du sous-sol ? » ; ici :http://omarlatuee.free.fr/index.php... et la rubrique « Quelques pièces du dossier » où vous lirez en intégralité l'inattaquable rapport du juge d'instruction.
Ce détail de la fermeture de la porte du sous-sol est un élément très important en effet mais il n'est pas le seul. Vous lirez quels autres éléments à charge sont, d'après moi, très importants à la sous-rubriques « Quels sont, selon vous, les éléments à charge ? » ; ici : http://omarlatuee.free.fr/index.php...
Quant à votre interrogation sur, je vous cite : « Pourquoi un meurtrier aurait procédé sans préméditation a un système aussi complexe et ingénieux plutôt que de se sauver vite fait bien fait ? » Vous avez entièrement raison. Pourquoi perdre du temps alors qu'on vient d'agresser mortellement une personne, à mettre en place un système qui ne pouvait être qu'aléatoire alors que la fermeture à clef de la porte du sous-sol était très largement suffisant !
En ce qui concerne votre deuxième observation : « De plus pourquoi incriminer M. Raddad qui aurait pu avoir un alibi ? L'hypothèse de la machination signifierait que nous avons à faire à un meurtrier renseigné sur la présence de Raddad ce jour-là dans le secteur, ce qui reste possible. suffisamment calme et ingénieux pour inventer les mots sur le mur, le blocage par l'extérieur et enfin très chanceux pour l'absence d'alibi de Raddad » Il est un point essentiel que vous ne connaissez peut-être pas : A l'exception de Mme Pascal, personne ne savait que Raddad travaillait ce dimanche. Il en avait informé son employeuse, la veille seulement.
Je l'évoque à la sous-rubrique « Quels sont, selon vous, les éléments à charge ? »
J'espère avoir répondu à votre attente.
Cordiales salutations.

Fabien Fabien ·  12 avril 2014, 23:25

Monsieur,

Merci beaucoup pour l'ensemble de vos réponses.
J'ai bien commencé la lecture de votre livre qui apporte de nombreuses précisions et me semblent effectivement édifiant sur la culpabilité de M. Raddad.

Concernant ma question que vous trouvez étrange, je la trouve au contraire logique. Je m'explique.
Je pense que l'on est d'accord pour considérer que si Mme Marchal est l'auteur des lettres de sang c'est que nécessairement M. Raddad est coupable.
A partir de là, il y a, me semble-t-il, trois preuves essentielles par ordre d'importance :
1) l'étude de comparaison d'écriture (au passage que pensez-vous des expertises postérieures au procès ?)
2) le système de blocage de la porte. Puisque si il est scientifiquement impossible de procéder à ce système en sortant c'est que Mme Marchal est nécessairement l'auteur de cette phrase. A partir de là il me semblait donc que cela relevait de l'enquête que de faire analyser scientifiquement ce système pour prouver qu'il ne pouvait être possible de le faire en sortant. Je ne pense pas que les avocats de la défense, qui plus est dans un contexte particulier de reconstitution, soient les plus qualifiés pour cela.
3) les éléments précis et détaillés que vous apportez sur la scène de crime (le cheminement de Mme Marchal)

C'est donc pour cette raison que je vous posais cette question puisque, s'il avait été prouvé scientifiquement, à dires d'experts, que la mise en place en sortant était impossible, il aurait été prouvé du même coup l'auteur des lettres de sang et donc la culpabilité de M Raddad.

D'avance merci

Georges Cenci Georges Cenci ·  14 avril 2014, 15:12

@Fabien : Bonjour
Vos interventions sont frappées du sceau du bon sens.
Les trois éléments que vous énoncez sont effectivement déterminants : les messages ante mortem d'accusation sont bien de la seule main de Ghislaine Marchal ; le système de blocage de la porte métallique du sous-sol a bien été mis en place par cette même personne ; son cheminement dans le sous-sol est significatif pour étayer les deux autres.
Vous aurez constaté que les avocats de la défense s'étaient répandus, dans la presse bien pensante, avec des thèses aussi farfelues qu'ineptes qui n'ont pas résisté bien longtemps à l'analyse notamment celle où le meurtrier, voulant faire accuser Raddad, aurait pris la main inerte de Ghislaine Marchal pour écrire la phrase désormais célèbre puis, tel un encrier que l'on porte, commis la même démarche sur la porte de la chaufferie.
Une autre absurdité a consisté, pour un des fameux graphologues commis par Vergés, à affirmer que le premier message a été écrit par le supposé meurtrier, qui n'est pas Raddad bien évidemment, sur la porte de la chaufferie, puis s'est inspiré de l'écriture pour écrire le second. Cet argument est spécieux car le premier était illisible et, de la porte de la cave à vin où était déposé « Omar m'a tuer » on ne pouvait voir la porte de la chaufferie.
Une autre thèse soutenue voulait que les lettres étaient bien de la main de Mme Marchal mais écrits sous la torture.
Vergés a même estimé que les messages n'étaient pas accusateurs ! Sans commentaire.
Les couleuvres étaient tellement indigestes et grosses à avaler que certains avocats qui voulaient (publicité oblige) entrer dans le dossier, se sont retirés sur la pointe des pieds.

Les expertises décidées par la commission de révision. Une précision qui a son importance. Les deux premiers experts en écriture, contrairement à tous ceux qui ont « travaillé » sur des photocopies de photocopies, se sont rendus sur la scène de crime avant de rendre leur rapport.
M. Gilles Giessner et Mme Florence Buisson-Debar se sont clairement prononcés sur l'auteur des lettres (cf. expertise et contre-expertises ) http://omarlatuee.free.fr/index.php... et http://omarlatuee.free.fr/index.php... et (cf. complément d'expertise sur la lucidité de la victime) (http://omarlatuee.free.fr/index.php...)
Bien avant que la commission de révision ne décide une nouvelle expertise – elle sera la quatrième ; c'est idéal pour ne plus rien y comprendre ! – je m'étais exprimé sur cette cette surprenante énième expertise : lire les pages 348 et suivantes de « Omar l'a tuée » ; les observations de l'avocat général, Laurent Davenas, et l'arrêt de rejet de la Cour de révision des condamnations pénales (voir à la rubrique « Principales décisions de justice ».

Quant au système de blocage de la porte : Il était de l'intérêt des avocats, dans la défense de leur client, de tenter à tout prix de faire accroire qu'il était possible de mettre en place, de l'extérieur, le système de blocage que nous avions découvert.
Vous avez dû lire le procès-verbal établi par le juge d'instruction qui est d'une clarté remarquable, faisant ressortir les traces de ripage ou de frottement déposées sur le tuyau, sa flexion, sa torsion, les marques laissées sur le chevron, les positionnements etc.
Si je ne m'abuse, vous êtes ingénieur de recherches spécialisé en mathématiques, physique, chimie et technologie industrielle. Si tel est le cas, je comprends votre question mais pensez-vous que vous auriez pu écrire autrement les constatations du juge d'instruction ?
Un détail, les avocats de la défense n'ont pas déposé une demande d'acte complémentaire. Vous me direz ils ont préféré plaider devant micros et caméras !
Je ne sais pas si j'ai répondu correctement à vos questions. N'hésitez pas à revenir vers moi au cas où vous auriez besoin d'informations complémentaires.
Très cordialement

mess mess ·  08 octobre 2014, 00:56

Bonjour Mr CENCI,

si le motif du meurtre etait l'argent , a t-on lors de la perquisition du domicile d'Omar Raddad trouvé de fortes sommes d'argent en espèces qui auraient pu le confondre ?
En effet, son interpellation intervenant peu de temps après le meurtre, il n'aurait pas eu le temps de depenser cet argent.
Merci pour votre reponse

Georges Cenci Georges Cenci ·  10 octobre 2014, 06:18

@mess : Mess bonsoir.
Omar Raddad n'est pas venu ce jour-là à La Chamade pour tuer Mme Marchal. Il était tout simplement aux abois car le vice du jeu lui faisait dépenser ses salaires et il ne parvenait plus à payer ses loyers. Il avait trouvé chez Mmes Pascal et Marchal un moyen pour assouvir sa passion des « bandits manchots » : les demandes d'avance sur salaires. C'est donc pour demander une nouvelle avance qu'il s'est présenté chez Mme Marchal. Vous connaissez la suite sinon vous reportez à la lecture des informations sur ce site.
Le lendemain du meurtre, Raddad s'est rendu à Toulon rejoindre sa femme qui se trouvait chez sa mère. Lorsque, après l'avoir interpellé nous avons effectué la perquisition à son domicile nous n'avons pas trouvé d'argent. Comme il est un homme rusé il a prétendu à son épouse qu'il avait perdu de l'argent dans le train. D'ailleurs je vous renvoie à mon ouvrage (pages 119 et 120) où j'avais écrit ce qui suit :

« Raddad a la passion du jeu. Il joue plus que ne lui permettent ses appointements. Il dissimule sa folie du jeu aux gendarmes et aux magistrats. Nous y sommes habitués. C’est à nous de rechercher et apporter la preuve. Mais il le cache aussi à sa femme, mettant la situation financière du ménage en difficulté.
Il est au centre d’un cercle vicieux qui va le pousser au crime. Qui ose dire que Raddad n’était qu’un joueur occasionnel ? Qui ose dire que Raddad ne fréquentait pas les prostituées ? Tout est acté dans le dossier. Est-ce suffisant pour prouver le mobile du meurtre ? Oui, car tout est cohérent. Notre enquête et l’information judiciaire le démontrent d’une façon éclatante. Les faits sont têtus, incontestables.
''Cet argent volé à Ghislaine Marchal le dimanche 23 juin, de quelle façon Raddad l’a-t-il utilisé ?
L’enquête n’a pu le démontrer. Mais je dois admettre que Raddad est un homme qui n’a pas de chance. Il perd au jeu, et il perd dans le train le peu qui lui reste, le lundi 24 juin lorsqu’il se rend à Toulon. Ce n’est pas lui qui le dit, c’est Latifa :''
- « Oui, en arrivant Omar m’a dit qu’il avait perdu de l’argent dans le train. Je crois qu’il m’a parlé de la somme de 800 F. »
Souvenez-vous, comment va-t-il annoncer à son épouse qu’il n’a pu payer les loyers et qu’il n’a pas d’argent ? Pratique le vol dans le train ! Mais ce n’est là que supposition de gendarme. Tout cela est bien différent des arguments étalés dans la presse n’est-ce pas ? Mais, je ne peux rappeler autrement la recherche de la vérité judiciaire. »

Quoiqu'il en soit et dans l'hypothèse où nous aurions trouvé de l'argent ; fallait-il encore le relier à celui dérobé à Mme Marchal. Raddad était un gros joueur de machines à sous et il pouvait très bien justifier que ces billets provenaient de ses gains au Casino. Je vous conseille de lire mon ouvrage qui synthétise cette affaire. Il est en lecture libre sur ce site. Profitez-en !
Cordialement

dimitri dimitri ·  10 octobre 2014, 14:42

Bonjour,

Donc ce jour...Monsieur Raddad travail en matinée chez Madame Pascal résident à 800 mètres de chez Madame Marchal.
Omar va juste parcourir 800 mètres avec son vélo moteur (personne ne la vu) s'arrêter devant le domaine (personne ne la vu) ouvrir le portail fermé sans doute à clès...cacher son vélomoteur...rentrer dans la villa (personne ne la vu) la, il y a un doute, a-t-il commencé à frapper Madame Marchal chez elle??? (personne n'entend rien) ou la t'il attiré dans la cave (personne ne voit rien et surtout Madame Marchal est toujours en peignoir) Il repart en refermant la porte et bien entendu même si il ne travail pas dans le domaine ce jour la il la clés de la cave...vous avez dit vous même Omar Raddad n'est pas venu ce jour-là à La Chamade pour tuer Mme Marchal mais pense à prendre la clés avec lui...

Felipe Felipe ·  16 octobre 2016, 11:40

@dimitri : Sauf erreur de ma part, Mme Marchal se trouvait dans la cave lorsqu'il l'a trouvée, elle devait donc être ouverte et la victime avait les clés avec elle. Par ailleurs, le fait qu'il ait parcouru 800m sans être vu ne me paraît pas si incroyable ?!

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