Omar l'a tuée

Vérité et manipulations d'opinions. Enfin une information contradictoire sur l'affaire Omar Raddad.

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Les armes du crime. On a parlé d'un bout de bois, de couteaux, d'une dague. Qu'en est-il exactement ?

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Avant d'aborder cette question d'importance il convient d'observer en détails la nature des blessures supportées par le corps de la victime et les effets de l'agression sur l'environnement où elle s'est produite.

Les blessures - conséquence de coups à la tête et de coups transfixiants sur le corps dont une éventration avec éviscération et double égorgement - étaient détaillées par les trois experts légistes désignés par la juge d’instruction. Leur monographie nous permettait de déterminer la nature des armes utilisées : un objet contondant et un objet tranchant ; le chevron et une arme blanche.

Les constatations sur la scène de crime par mes techniciens en investigation criminelle démontraient qu'il n'y n'avait eu aucune projection importante de sang si ce n’était quelques gouttes, au bas du mur de la chaufferie, à hauteur du bridge (cf. plan du sous-sol).
Il se confirmait que, malgré la multitude des coups, les blessures n’avaient pas provoqué de jaillissement de sang ; ce que confirmaient les experts lors du procès devant la Cour d'assises en définissant qu'il y avait eu extériorisation des blessures mais non projection ou jaillissement de sang.

N'est-il pas communément admis que les blessures à la tête saignent abondamment mais ne jaillissent pas !

photo 36Il convient de tenir compte que, lors du double égorgement, les artères n’avaient pas été sectionnées ; les saignements à l’arme blanche avaient été absorbés par le peignoir. Les constatations sur ce vêtement démontraient qu’il était imbibé de sang et mettaient aussi en évidence que les coups, pour la plupart, avaient perforé le vêtement avant d’atteindre le corps.
Le chevron n’a pas été contesté. Les blessures à la tête de Ghislaine Marchal étaient suffisamment significatives et en corrélation avec les traces d’impacts laissées sur le bois.
Quant à l'arme blanche elle a fait débat. Le docteur Page décrivait une lame effilée longue de 15 à 20 centimètres et large de 2 centimètres au maximum. Les recherches entreprises aux cours des investigations ne permettaient pas de découvrir une arme répondant aux caractéristiques énoncées par le médecin expert.

Je n'ai jamais été en accord avec la description de l'arme donnée par le docteur Page.
Pour moi, elle ne correspondait pas à la nature des blessures constatées. Je m'en étais ouvert dans mon rapport de synthèse en écrivant que :

« Pour les enquêteurs, la description de l’arme telle qu’elle a été donnée par les légistes ne semble pas correspondre aux blessures de Ghislaine Marchal et aux constatations sur le peignoir. En effet, certains éléments peuvent conforter cette idée : l’arme décrite par les experts est peu courante ; les déchirures du peignoir dont quatre sont supérieures à deux centimètres (2,2 cm à 2,5 cm) ; les physionomies des plaies nous font supposer une lame épaisse ; le double égorgement sans section des vaisseaux ne conforte pas la thèse d’une lame effilée ; la grande majorité des plaies, peu profondes, peut s’expliquer par le fait que la lame a été freinée par le tissu du peignoir ; les ouvertures de quatre centimètres ne sont pas retrouvées sur le vêtement et l’on peut déduire que pour ces coups, le peignoir n’a pas été traversé. »

S’il me fallait retenir encore aujourd'hui une de ces notions pour prouver que l’arme décrite n’était pas une lame effilée, je retiendrais le double égorgement qui est à lui seul significatif pour écarter ce jugement.
J’avais bien examiné les plaies à la gorge, tant sur photographies que lors de l’autopsie. Ce n’est pas une lame effilée de chaque côté qui a pu provoquer cette blessure dont les lèvres n’étaient pas nettes. Il est incontestable qu’une telle lame aurait sectionné les artères, veines et trachée de la victime. Une lame effilée, lors de l’éventration au niveau de la fosse iliaque droite, aurait perforé les anses intestinales. Il n’en a pas été ainsi.

Tous les éléments que j'ai avancés ne plaidaient pas en faveur de cette description, qui me semblait hâtive, du docteur Page.
J'ai toujours soutenu l'hypothèse du taille-haie (ou cisaille). Il est certain qu’aujourd’hui je ne suis pas le seul à le penser. Ceux qui admettent ce raisonnement se sont rendu compte, après avoir pris soin de les mesurer, que ces lames avaient pu provoquer les plaies transfixiantes aux lobes du foie. Étude qui n’avait pas été réalisée par les légistes, cela n’entrant pas dans le cadre de leur mission.

Pourquoi ai-je soutenu cette hypothèse ? Je cite mon rapport :

« La découverte insolite de la clef de la cave dans le local à bois et la position du portillon permettent d’avancer l’hypothèse que l’arme blanche peut être le taille-haie suspendu sur la clef, dans ce local. Cet outil comporte deux lames symétriques, en acier, de 21cm de long et 3,4 cm dans sa partie la plus large. Les lames sont effilées sur un côté et épaisses de cinq millimètres. Elles sont acérées et coupantes. La longueur hors tout de l’outil est de 51 cm. Une telle arme peut-elle provoquer les plaies transfixiantes au foie ?

cisaille.jpg

En tenant compte de ses caractéristiques et de l’ouverture des plaies, l’on détermine que la lame peut pénétrer profondément dans le corps. Les coups donnés avec une telle arme sont nécessairement ascendants tels que les médecins légistes les ont constatés. Le maniement maladroit de cette arme, longue et assez lourde, et le handicap d’Omar Raddad expliquent la multitude et la dissémination des coups portés. D’autre part, les conclusions de l’expertise du laboratoire Serma sur le taille-haie n’excluent pas formellement qu’il ne s’agisse pas de sang humain. »

Cette analyse est plausible si l’on veut bien se donner la peine de la confronter avec les éléments objectifs du dossier et notamment prendre en considération les mesures très précises des lames qui attestent, en fonction de la nature et de la largeur des plaies et des déchirures du peignoir, que chacune de ses extrémités pouvait atteindre les lobes du foie.

Si vous avez suivi les pérégrinations des deux pseudo détectives engagés par la défense de Omar Raddad vous avez dû lire que chacun avait trouvé « son » arme du crime. Les élucubrations de ces deux farfelus, très médiatiquement corrects mais aux indélicates méthodes feront l'objet d'autres textes à venir.

Georges Cenci

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lanamer lanamer ·  29 novembre 2012, 18:18

Bonsoir,
Je reviens vers vous au sujet de l'arme du crime. Vous êtes convaincu qu'il s'agit d'un taille-haie, or il m'avait semblé entendre l'un des experts parler à la télévison d'une arme tranchante sur les deux côtés. De plus on ne peut ouvrir totalement un taille-haie ce qui rend sa manipulation malaisée. Ce qui m'interpelle également c'est qu'en l'espèce vous reconnaissez ne pas être en accord avec les conclusions du docteur Page, étant aujourd'ui encore convaincu que ce dernier a fait une erreur d'appréciation. En revanche pour ce qui concerne la datation de la mort, vous ne doutez pas un seul instant . Pour ce qui concerne l'arme : il se trompe. Sur la date, il revient sur ses premières conclusions en avançant une faute de frappe. Cela n'est pas très rassurant d'être autopsié par quelqu'un d'aussi imprécis, avouez-le!. Autre question : il a été fait mention de la disparition d'un coupe-papier au domicile de Mme Marchal. Etait-ce de l'intox et si oui qu'est-ce qui vous permet de l'affirmer? Et enfin, l'ex majordome de Mme Marchal précise n'avoir jamais été entendu des services de Police affirmant pourtant avoir recueilli des craintes de la part de son ex employeur. Qu'en est-il réellement? Puis-je avoir accès à son témoignage s'il a été receuilli? Si cela n'a pas été le cas, pourquoi ne pas l'avoir entendu alors que ses propos auraient mérités attention en pareil cas? Merci à vous.

Georges Cenci Georges Cenci ·  30 novembre 2012, 07:26

@lanamer : Bonjour ;
J'ai réuni vos cinq commentaires pour une réponse unique et brève car j'ai déjà répondu en long en large et en travers à ce type de commentaires. Je vous remercie de bien vouloir vous y reporter ainsi qu'aux diverses expertises qui sont en ligne sur ce site. Je vais regrouper, dans les semaines à venir à la rubrique « Questions/Réponses » l'ensemble des sujets les plus souvent soulevés qui répondra, je l'espère et pour l'essentiel, à vos interrogations. 

Vos interventions dénotent une méconnaissance totale du dossier. Normal dites-vous puisque vous n'y étiez pas ! La seule solution serait effectivement d'acheter mon ouvrage qui résume l'ensemble de la procédure. Vous seriez ainsi affranchi ; comme si vous aviez été sur les lieux ! Mais vous allez penser que je suis mercantile.

Pourquoi ai-je écrit ce livre ? Pourquoi ce site d'information ? : lisez mon avant-propos après la préface du président de la Cour d'assises, Monsieur Armand Djian, et vous comprendrez ! Beaucoup de personnes y voient un hommage rendu à la victime. Vous, vous y voyez une justification de mes actes. Moi, à la fois un hommage rendu au courage de cette femme et à la nécessité de révéler ce qu'est réellement cette affaire.

Un ami très cher avec lequel j'évoquais certains commentaires me disait avoir constaté chez quelques intervenants non pas le souci de se renseigner, mais la volonté évidente de dénigrer et de provoquer. Il observait que j'opposais à tout cela un flegme et une imperturbable courtoisie.      

Cordialement

lanamer lanamer ·  30 novembre 2012, 10:21

@Georges Cenci : Soyez assuré, Monsieur Censi, qu'il n'y a chez moi aucune volonté de dénigrement ou provocation et si vous me connaissiez, vous ne pourriez en douter. Quant à votre flegme et votre imperturbable courtoisie, je constate juste à travers les réponses aux commentaires n'allant pas dans votre sens un agacement rentré et surtout, surtout...un égo surdimensionné. J'eusse préféré avoir avec vous un autre discours. A part votre livre, SEULE référence, je crois avoir à peu près tout lu sur l'affaire Raddad, à charge et à décharge. Aujourd'hui encore, je ne peux me prononcer ni dans un sens ni dans l'autre et j'étais heureuse de découvrir votre blog, pensant naïvement que vous accepteriez la contradiction qui pourrait m'aider à me forger une opinion en toute objectivité.Vous pensez rendre hommage à la victime à travers votre livre. Je crois que le seul hommage que l'on puisse rendre à cette femme ainsi martyrisée est de lever tout doute concernant sa fin tragique.Vous pensez en toute bonne foi, j'en suis sûre, l'avoir fait mais vous avez tort d'être convaincu d'avoir répondu de façon précise aux interrogations de bon nombre de personnes. Vous n'avez rien oublié, rien laissé de côté, RIEN! Sir Robert Peel disait que "l'opinion publique est un composé de folies, de sagesse, de sentiments faux et de sentiments justes, d'obstination et de paragraphes dans les journaux". Certes, mais j'ajouterais simplement que la magnanimité consiste à rendre justice et à ne pas demander justice car la justice est parfois la forme endimanchée de la vengeance. Voilà pourquoi, Monsieur, il faut se méfier des certitudes qui proviennent parfois d'une vision tronquée car pour croire avec certitude, il faut commencer par douter. Bien cordialement et sans provocation aucune.

Georges Cenci Georges Cenci ·  01 décembre 2012, 09:17

@lanamer : Croyez, Madame, qu'il n'y a chez moi, aucune recherche d'approbation ni admiration de mes lecteurs. Si vous me connaissiez vous n'en douteriez pas.
Il est bien évident que lorsque je lis des articles où les billevesées se mêlent aux incohérences, où les convictions ne sont rien d'autre que des sentiments, où les propos sont dénués de toute cohérence, où l'insulte sert d'exutoire, il m'arrive de répondre assez sèchement à mes interlocuteurs. J'ai d'ailleurs mis en ligne, le 23 août dernier, une mise au point que vous trouverez sur http://omarlatuee.free.fr/index.php... et dont je vous conseille la lecture. Vous comprendrez que je puisse parfois me défaire d'un certain flegme.
Le seul hommage à rendre à cette dame est de lever le doute sur sa fin tragique dites-vous. Mais, Madame, la Justice a levé depuis belle lurette tout doute sur la fin tragique de Mme Marchal si j'en crois les arrêts de la Cour d'assises, de la Cour de cassation, de la Cour de révision des condamnations pénales et de la Cour Européenne des Droits de l'Homme. Peut-être s'agissait-il là de magistrats à l'égo surdimensionné ! Comme le mien ! Peut-être ces juges-là s'étaient forgé, comme moi, des certitudes en s'appuyant non sur des sentiments, des fadaises relatées dans les médias, des ragots du café du commerce recueillis par des commissionnaires dont la qualité première n'est pas la rectitude mais sur des pièces écrites du dossier.
Je vous lirais bien volontiers après que vous eussiez pris connaissance de ce dossier ou de sa synthèse dans « Omar l'a tuée – Vérité et manipulations d'opinions ». Vous devez bien trouver cet ouvrage dans une bibliothèque.
Avec mes hommages respectueux.

Bruno Bruno ·  18 novembre 2016, 10:29

Le cou :
Présence d'une plaie horizontale antérieure en V dont l'ouverture se situe à gauche et dont les branches mesurent 11cm pour la partie supérieure et 12cm pour la partie inférieure ;
Les gros vaisseaux (artères et veines) ne sont pas sectionnés ni la trachée;
La partie droite de la plaie est plus profonde que la gauche.

Il est toujours, difficile de se représenter "de visu" des blessures faite par arme blanche, sur un rapport d'autopsie .Mr Cenci, pouvez-vous, par un croquis, le plus fidèle, au rapport d'autopsie, représenté  les deux égorgements en "V" au niveau du coup.

Georges Cenci Georges Cenci ·  18 novembre 2016, 11:43

@Bruno :
Je vous ai tracé rapidement un petit croquis de cette blessure au cou. j'espère qu'elle vous sera utile. C'est ici : http://omarlatuee.free.fr/public/20...

Bruno Bruno ·  21 novembre 2016, 10:49

Tout est une question de réflexion, et de constatation. Oui, le croquis et fort utile Mr Cenci. Les plaies, sur la victime, relevaient au cours de l'autopsie portent les stigmates compatibles avec le taille-haie retrouvé dans le local à bois, qui servait aussi, d'entrepôt de rengement des outils de travail d'omar raddad .La plaie significative, et celle en "V" (l'égorgement); les deux lames fermées d'un taille-haie ne forment "rien", a contrario, les deux lames ouvertes d'un taille -haie forment incontestablement la lettre V.

En me basent du principe  du pincement,  ce qui a pour effet  d'avoir entre les deux doigts  une certaine épaisseur  de chair,  j'ai procédé de la même  manière  avec le taille-haie sur un autre support, à chaque fois les traces, laisse  une marque en forme de V.Étant droitier, j'ai constaté que la marque la plus prononcée, ou plus net, ce situé à gauche sa se comprend facilement .En ce qui concerne les autres plaies, je ne crois pas qu'ils y ont un grand mystère, certaines on éteint faite (2 cm) avec une seule l'âme,  taille-haie ouvert, et d'autres, (4 cm) taille-haie fermer, pour ne pas voir, sur le peignoir les déchirures de 4 cm, c'est qu'il était certainement ouvert.

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