Omar l'a tuée

Vérité et manipulations d'opinions. Enfin une information contradictoire sur l'affaire Omar Raddad.
«En 1894 on condamnait un jeune officier parce qu’il avait le seul tort d'être juif ; en 1994 on condamnait un jeune jardinier qui avait lâchement tué une femme âgée sans défense. En 1906 Alfred DREYFUS fut réhabilité alors que Omar RADDAD est un condamné définitif. Un était innocent, l'autre est coupable ». - Georges Cenci

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Chapitre X, extrait n°31

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La décision de la cour de révision

Qui n’a pas toujours en mémoire la dramatique affaire Villemin qui, elle aussi, a défrayé la chronique ! Un des avocats de ce dossier a publié dans un de ses livres des réflexions qui pourraient tout aussi bien s’appliquer à l’affaire du meurtre de Ghislaine Marchal.

Il écrivait :

"Cette explosion médiatique consacra le triomphe de l’exhibitionnisme, du toupet, de l’irresponsabilité et la défaite de la mesure. La justice-spectacle et le nouveau mensonge battaient l’estrade pour séduire un public médusé et une presse trop heureuse de remplir ses colonnes d’un interminable et tragique roman-feuilleton qui faisait vendre... Les témoins eux-mêmes sont victimes de son emprise. La justice médiatisée les conditionne, les façonne par ses messages. N’est plus vrai ce que l’on a vécu, mais ce qu’on a lu, ce qu’on a vu... J’en ai fait l’expérience dans l’affaire Villemin où des hommes et des femmes s’épanchent dans les journaux avant d’être entendus par le magistrat. L’interrogatoire devient alors un épiphénomène et seules comptent les confidences reçues par le journaliste..."

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Dans l’affaire du meurtre de Ghislaine Marchal, savamment et démesurément surmédiatisée, conformément aux vœux et à la stratégie d’avocats, journalistes, comités de soutien, représentants autoproclamés de l’intelligentsia et même président ou délégué d’un syndicat de magistrats, je ne peux m’empêcher de faire référence à la mise en garde exprimée par Henri Angevin, conseiller à la Cour de cassation, auteur du formulaire de la cour d’assises, et connu de tous les praticiens. Commentant la loi du 23 juin 1989 ayant réformé la révision des condamnations pénales, Henri Angevin écrivait :

"L’incontestable générosité des sentiments qui l’ont inspirée et le louable souci de "transparence" qu’elle révèle ne doivent pas dissimuler les dangers potentiels que recèle la réforme des condamnations pénales opérées par cette loi. La tentation sera forte, en effet, pour tout condamné décidé envers et contre tout à protester de son innocence - c’est souvent le cas de malfaiteurs les plus chevronnés - d’user de la révision comme d’un troisième degré de juridiction, renouvelable à loisir, en sorte qu’une condamnation pénale ne serait jamais définitive. Il importera d’éviter une banalisation du recours en révision qui aurait comme conséquence d’affaiblir la répression et d’être un facteur d’insécurité juridique. C’est à la commission instituée par l’article 623 du Code de procédure pénale, véritable cheville ouvrière de la réforme, qu’il incombera au premier chef de veiller à ce qu’il n’en soit pas ainsi. Sa tâche sera lourde et délicate, exposée qu’elle sera aux sollicitations et aux pressions d’une opinion publique prompte à s’émouvoir, à l’appel de comités de soutien et de campagnes de presse, écrite, parlée ou en images, d’erreurs judiciaires plus souvent supposées que réelles".

(à suivre...)

© Editions l’Harmattan

Georges Cenci

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