Omar l'a tuée

Vérité et manipulations d'opinions. Enfin une information contradictoire sur l'affaire Omar Raddad.
«En 1894 on condamnait un jeune officier parce qu’il avait le seul tort d'être juif ; en 1994 on condamnait un jeune jardinier qui avait lâchement tué une femme âgée sans défense. En 1906 Alfred DREYFUS fut réhabilité alors que Omar RADDAD est un condamné définitif. Un était innocent, l'autre est coupable ». - Georges Cenci

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Chapitre VIII, extrait n°29

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La demande en révision

(...suite)
Les pièces versées par Me Vergès dans sa demande en révision me font penser aux élucubrations, décrétées vérité, propagées dans l’émission diffusée sur Canal + « Le procès K - Omar Raddad ». Elles n’ont pas plus de valeur que les auditions recueillies par le brillant détective. Le parallèle est d’ailleurs saisissant.

Ce film-propagande, extraordinaire de contrevérités est en quelque sorte un réquisitoire contre le fonctionnement de la justice, un "one man show" télévisuel qui ne peut abuser que les naïfs.

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L’argumentation présentée n’est en réalité qu’un "remake" des moyens versés par la défense dans sa demande en révision. Ce film a cependant une qualité, il est remarquablement monté. Comme tous les films de propagande !
Roger-Marc Moreau, le citoyen aspirant-magistrat, côtoie l’académicien Jean-Marie Rouart, grand bâtisseur d’innocence, les plaideurs-monologueurs Mes Baudoux et Girard, les deux avocats évincés par Me Vergès, tiennent toujours le même raisonnement. L’incontournable Christian Vellard fanfaronne comme à la barre de la cour d’assises et dispute la vedette à Gilbert Foucher que Me Vergès ne soupçonne plus du meurtre de Mme Marchal.
Des témoins tiennent des raisonnements contraires à ceux qu’ils ont développés dans la procédure pénale et à la barre de la cour d’assises, n’est-ce pas Mme Muller ? Il n’est pas convenable de : " Trouver curieux que Mme Biliotti avait des pertes de mémoire" et de dénaturer ainsi les propos d’une personne décédée. Dans le chapitre de l’amnésie collective, ce témoin, qui ne tarit pas d’éloges sur le jardinier, a oublié ses déclarations, enregistrées par mes gendarmes et murmurées du bout des lèvres à la barre de la cour d’assises où elle admettait avoir licencié Omar Raddad vers le mois de septembre 1990 car il ne lui donnait plus satisfaction.

(...)

Une originalité enfin ! Dans le but de faire admettre que l’enquête était orientée dès le départ, on vous parle d’un message demandant l’arrestation du fugitif, Omar Raddad. C’est méconnaître les principes qui régissent les diffusions en matière de recherches judiciaires. Pour permettre son interpellation par les militaires de la brigade de recherches de Toulon, j’avais établi une demande d’inscription d’Omar Raddad au fichier des personnes recherchées : non pas en qualité d’auteur en fuite mais comme témoin important. D’ailleurs, l’adjudant André Daziano qui a procédé à l’interpellation le notait ainsi dans son procès-verbal :

"Cette personne est recherchée comme témoin important dans l’enquête de crime flagrant diligentée par la brigade de recherches de Cannes pour homicide volontaire de Mme Marchal..."

Cette pièce est annexée à la procédure initiale. Ce n’est pas un faux.
Enfin, Raddad se prend tellement au jeu qu’il en perd même son français, ne s’exprimant que dans sa langue maternelle.
En visionnant ce documentaire, j’ai songé aux magistrats de la commission de révision et aux questions qu’ils devaient se poser et notamment celle-ci : n’en font-ils pas un peu
trop !

(à suivre...)

© Editions l’Harmattan

Georges Cenci

Administrateur : Georges Cenci

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