Omar l'a tuée

Vérité et manipulations d'opinions. Enfin une information contradictoire sur l'affaire Omar Raddad.

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Chapitre VI, extrait n°24

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Le procès

Vendredi 28 janvier 1994
Après une suspension de séance, je suis appelé à témoigner.

Après la rituelle présentation, j’expose à la cour, pendant deux heures, les actes d’enquête que j’ai dirigés, mais aussi les investigations qui ont été faites avant que je ne sois saisi, dans le cadre de la recherche de Mme Marchal. Pendant mon exposé, souvent dérangeant pour la défense, j’entendais très distinctement les protestations des avocats de celle-ci qui s’efforçaient ainsi de me déstabiliser. Ils n’y sont pas parvenus. Par contre, je remarquais que la cour et les jurés étaient très attentifs à mon exposé qui n’était autre, mais sous la forme orale, que mon rapport de synthèse.
A la suite de mon témoignage, le président Djian me pose une question sur le procès-verbal aux fins d’inhumer que j’avais établi après la nécropsie. Je réponds :

"Suivant les directives de Mme Arfinengo, j’ai établi un procès-verbal aux fins d’inhumer et à l’issue de l’autopsie, je l’ai remis à l’officier de l’état-civil de la mairie de Mougins. Comme le Code civil le prévoit. D’autre part, la juge d’instruction après l’autopsie qui a été pratiquée par un collège de trois experts ne s’est pas opposée à ce que le corps soit remis à la famille. Les trois médecins légistes ont tenu compte de leurs constatations médicales pour fixer la datation de la mort au dimanche 23 juin 1991. Ce sont eux-mêmes qui m’ont dicté ce jour. Cette pièce, je l’ai actée dans la procédure. Je l’ai établie bien avant le rapport dans lequel la secrétaire médicale a fait une faute matérielle".

Le président rappelle ensuite le travail d’enquête que nous avions réalisé notamment la préservation des lieux, les minutages, les distances entre les habitations. Je réponds ensuite aux questions de l’avocat général sur les investigations en Suisse concernant M. Théry, les détails de l’audition de la prostituée, les documents saisis et la faute d’orthographe. La partie civile poursuit avec le récit de la mort de la victime tel que je l’ai décrit à la barre et déclare que mon exposé était étayé par les constatations matérielles et non par de la subjectivité. Me Leclerc, à la question qu’il me pose, voudrait que je revienne sur la thèse du taille-haie, les experts n’étant pas d’accord avec cette version. Je maintiens la thèse selon laquelle le taille-haie peut être l’arme du crime.
La défense, par la voix de Me Vergès, déclare avoir entendu en fait un réquisitoire (ce terme sera repris dans certains journaux), que pour moi l’écriture était celle de Mme Marchal, que je savais que c’était Mme Marchal qui avait écrit, que je connaissais l’heure du crime. L’avocat proclame que l’enquête a été orientée, que les gendarmes ont négligé les autres pistes, que j’avais détruit une pellicule photographique avec l’accord du juge d’instruction et que des photographies, sans doute intéressantes, ont été détruites, que le procès-verbal de destruction était incomplet, que le coupable était indiqué dès le départ de l’enquête et me pose la question de savoir si j’avais déjà procédé de même dans des précédentes enquêtes. Je vais, m’adressant au président, répondre à la question de la défense sur les photographies.

(...)

Enfin, que penser d’une défense, en l’occurrence celle conduite par Me Vergès, qui à l’audience, à bout d’argument, soupçonne Gilbert Foucher, qui pourtant a pris fait et cause pour Raddad, du meurtre de Ghislaine Marchal. Cela dépasse l’entendement, mais alors pourquoi ne pas l’avoir fait citer à comparaître devant la cour d’assises ? L’avocat a-t-il craint le ridicule d’une comparaison entre son accusation et la valeur probante des vérifications sur le passeport de Gilbert Fourcher ?
Voilà en quelques mots les artifices et les subtilités soulevés dans le prétoire par celui qui n’a cessé de critiquer et de tourner en ridicule les gendarmes et le juge d’instruction. La destruction des photographies, les investigations sur Michel Théry et l’accusation contre Gilbert Foucher préoccupent l’avocat. Singulière prestation qui ne pouvait conforter la crédibilité de sa thèse. Je m’attendais à autre chose d’un avocat de cette renommée. Des vétilles, il n’avait que cela à opposer à notre enquête. La défense n’avait aucun argument sérieux et crédible pour contredire les conclusions de l’information judiciaire.
Pour avoir lu dans la presse un article lamentable - un de plus - sur la crémation du corps de Ghislaine Marchal, je m’attendais à une question ayant trait aux suites de l’autopsie. Rien. Désespérément rien. Il aurait pourtant été intéressant que la cour et les jurés, qui ont pu lire dans les médias que la famille avait rapidement fait incinérer le corps de la défunte, aient une explication. Pour ceux qui s’interrogent toujours sur ce détail polémique, je peux apporter cette précision.

(à suivre...)

© Editions l’Harmattan

Georges Cenci

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