Omar l'a tuée

Vérité et manipulations d'opinions. Enfin une information contradictoire sur l'affaire Omar Raddad.
«En 1894 on condamnait un jeune officier parce qu’il avait le seul tort d'être juif ; en 1994 on condamnait un jeune jardinier qui avait lâchement tué une femme âgée sans défense. En 1906 Alfred DREYFUS fut réhabilité alors que Omar RADDAD est un condamné définitif. Un était innocent, l'autre est coupable ». - Georges Cenci

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La désinformation

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Il est des affaires judiciaires qui ne meurent jamais, résistant au temps. Plus les années passent, plus les enquêtes parallèles et la désinformation les enrichissent de fantasmes et de contrevérités anarchiques et souvent commerciales. Elles s’opacifient d’autant plus que la passion et l’intérêt l’emportent sur la raison.

Les articles succèdent aux articles, les livres aux livres, les comités de soutien aux comités de soutien. Chacun fait étalage de sa vérité qu’il n’a pas - ou qu’il n’a pu ou voulu - rechercher dans le dossier criminel et se répand, imaginatif et convaincu dans des démonstrations qui ne résistent guère à l’examen des faits.

Une information, une fois lancée, est reprise par l’ensemble des médias, en boucle, sans que soit vérifiée son authenticité. La justice est mise à mal, les enquêteurs vilipendés, tous coupables à leurs yeux de l’erreur judiciaire dont ils sont les seuls à ne pas être persuadés. Et la grande majorité des citoyens, crédule et manipulée, fait confiance aux hommes qui maîtrisent l’information et se détournent de ceux qui ont la noble mission de rechercher la vérité et de rendre justice.

Les abus journalistiques, la télé-réalité, les scoops qui produisent de l’Audimat et font vendre du papier, prennent le pas sur le communiqué, la mise au point, l’arrêt ou le jugement qui rétablit les faits, démontre la manipulation, écarte les intrigues.

Le mot qui fait peur est ainsi lâché à l’opinion publique, si prompte à s’émouvoir : l’erreur judiciaire - bien plus rare cependant que l’on peut l’imaginer - marque alors les esprits, s’insinue dans notre mémoire, nous fait douter de la décision de justice.

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Les passionnés, romanciers opportunistes, donneurs de leçon de tout poils, malveillants de tout acabits, terroristes intellectuels de l’intelligentsia ne font que recomposer l’histoire d’un crime. Chacun a sa théorie, ré-écrit l’histoire pour nous convaincre de l’innocence du condamné. Mais, d’aucuns ont eu accès au dossier ou l’interprètent. À leur façon, selon leur norme, leur éducation, leur courant de pensée, leur sensibilité ou pire encore leur intérêt. Ainsi, sont livrées à l’opinion publique, hypothèses douteuses, élucubrations en tout genre, critiques peu amènes envers la justice au mépris de l’autorité de la chose jugée.

Que penser des avocats médiatiques, spécialistes des plateaux de télévision et des salles de pas perdus qui se font remarquer habituellement après les arrêts et jugements de condamnation de nos cours et tribunaux ? Des porteurs de micros et caméras, leurs courtisans, propagateurs d’informations qu’ils ne prennent pas toujours la peine de vérifier et qui se battent rarement la coulpe lorsque les faits leur donnent tort !

Il en est ainsi de l'affaire Raddad qui en est l'actuelle illustration mais souvenons-nous des affaires Dominici, Ranucci, Weber, Villemin, Seznec et tant d’autres où l’opinion a été sollicitée et carrément manipulée par des campagnes, bien orchestrées, tendant à la révision du procès ou par des films qui ré-écrivent l’histoire pour nous convaincre de leur innocence au mépris de l’autorité de la chose jugée... des décennies de mystères ! Ou d’intrigues ?

Georges Cenci

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